Le blog d’un animal mâle qui aime : Paris, le bruit des haricots verts que l’on équeute, le Petit Robert, ouvrir une vieille armoire, French & Saunders, le champagne, ses cravates Burberry reprisées, le premier café de la journée, Les Nuls l'Emission, courir dans la neige comme un gamin, les raccourcis clavier, la compagnie des livres, Ella Fitzgerald, son araignée au plafond, l'étreinte d'un homme, l’autodérision, Wall-e, lézarder au soleil, les poncifs :)

vendredi

Le plus beau garçon de la soirée


[rediffusion*]

  

Habiter une guest house réserve aussi de belles surprises.
Alors que je rentrais l’autre soir, il y avait une sorte de fête dehors près de la piscine. Je n’avais envie de voir personne. Je n’avais envie de rien en fait. J’ignore pourquoi j’ai été dire bonjour. On m’a accueilli avec un verre de vin. On buvait à l’anniversaire d’un client. Le plus beau garçon de la soirée. Fernando, alias Fer, célébrait son 40ème anniversaire. Il ne parlait pas un mot d’anglais. Aussi j’ai invoqué les restes d’espagnol qu’avait conservé mon cerveau. Avec l’aide de son ami, Hache, qui assurait la traduction, je lui raconte un bout de mon histoire. Et soudain, Fer me dit « prends-moi dans tes bras ». D’abord j’hésite puis j’approche mon visage de son épaule, maladroitement. « Mieux que ça ! » dit-il. Tout le monde avait les yeux braqués sur nous. Quand l’étreinte fut faite, les invités peinaient à dissimuler leurs regards envieux. J’ai déclaré : « il a voulu que je le prenne dans mes bras, et alors ? »
Mais ça n’était pas une étreinte comme les autres. C’était la plus chaleureuse étreinte que j’aie eue depuis une éternité.
Une étreinte apaisante.

Plus tard dans la nuit, alors que Fer, Hache et moi nous nous amusions dans une boîte de nuit, j’ai dit à Fer : « dame un beso ». Ca n’est pas un baiser qu’il m’a accordé mais une dizaine, une centaine. Et son sourire pour bâtir des châteaux en Espagne.

*billet initialement publié le 17 juin 2009

13 commentaires:

  1. C'est important de garder des rêves en Espagne ;)

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  2. Barbara disait qu'on se réchauffe à un sourire, c'est bien vrai ;))

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  3. L'important est que tu ne construises pas de châteaux en Espagne (et oui, il fallait bien la faire celle-là)

    Lena, ex-diplomée de l'école du rire

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  4. Une vraie auberge espagnole cette guest house (bon je sors...)

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  5. Qui sait, c'est peut-être par manque d'étreintes chaleureuses qu'on s'en va, qu'on prend la fuite, qu'on se barre. Ca ne devrait pas exister, un tel manque, je trouve.

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  6. s'il n'y avait plus de manque, y aurait il encore du désir ?

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  7. Ah le sang chaud des espagnols... Profite Laurent, profite.

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  8. C'est un beau roman, c'est une belle histoire... C'est ce qui me viens à l'esprit en lisant ces lignes...

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  9. Laurent( oups!) , on ne se connaît pas mais j' aime beaucoup votre sensibilité alors je vais me permettre un com un peu amical: la devise de tous devrait être " besa me mucho como si fuera la ultima vez" alors quand par chance c' est dit dans la langue maternelle, viva la vida!

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  10. C'est beau..
    Et aujourd'hui ? Tu l'habites ton château ou il s'est évanoui ?
    Juin 2009 c'est à la fois si près et si loin, c'est marrant moi aussi en juin de cette année-là, je construisais des châteaux en Espagne, voire même plus loin, trop loin sans doute !

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  11. Cela a fait palpiter mon cœur de midinette....


    Mais des châteaux en Espagne....

    Pfffff.

    J'en veux plus!


    Bon weekend Laurent!!!!!

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  12. pyrome : Essentiel ! | deef : Elle a dit et chanté tant de belles choses. | Lena26 : Je demande à le voir ce diplôme. | Julie : Peut-être mais pas seulement. | Anonyme : Je médite votre commentaire. | Eric : J’en profite encore en rééditant ce billet. | Lali : Merci de ta visite, Lali :) | orfeenix : Pour le oups, personne d’autre que toi et moi ne saura ;-) mais tu m’as tiré un franc sourire avec ton précédent commentaire, merci. | Wizzil : J’habite un autre château aujourd’hui. Trop loin n’est jamais trop loin. | le Journal de Chrys : Nous sommes donc 2 midinettes. Bon week-end à toi aussi.

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  13. Des fraises et de la tendresse c'est tout ce que j'aime. Et c'est bien ce que je ressens en lisant cette étreinte.

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