Le blog d’un animal mâle qui aime : Paris, le bruit des haricots verts que l’on équeute, le Petit Robert, ouvrir une vieille armoire, French & Saunders, le champagne, ses cravates Burberry reprisées, le premier café de la journée, Les Nuls l'Emission, courir dans la neige comme un gamin, les raccourcis clavier, la compagnie des livres, Ella Fitzgerald, son araignée au plafond, l'étreinte d'un homme, l’autodérision, Wall-e, lézarder au soleil, les poncifs :)

mardi

Ma tendresse




Le lecteur fidèle sait que je n'aime pas Nowel. Pour mille raisons. Je vous épargne la liste des raisons, qu'elles soient objectives ou capillotractées. Frénésie de consommation, achats aussi bêtes qu'obligatoires. Bref. C'est la première année depuis bien bien longtemps que je le fête en famille et je ne vais jouer ni les trouble-fêtes ni les rabat-joie. Mes trois chipies de nièces trépignent à l'idée de trouver ce que le Père Noël a laissé au pied du sapin. Je les ai par ailleurs mises au travail. Elles fabriquent en ce moment mes cartes de vœux sous le regard attendri de leur mère, ma sœur. Je couperai sauvagement dans leurs dessins pour illustrer mes cartes.

Si je décide de vous le souhaiter joyeux ce Nowel, c'est aussi parce que je choisis de transmettre un message simple. Mièvre, diront certains. M'en contrefiche. M'en bats l'œil avec une patte arrière d'axolotl femelle. Dites à vos proches [début de parenthèse] (j'entends ceux que vous aimez, pas vos collègues, pas votre patron, pas votre fromagère (à moins qu'elle n'ambitionne de devenir votre future épouse jusqu'à ce que la mort vous sépare bla bla bli bla bla blou), [fin de parenthèse, accrochez la relative "qu'ils soient" au début de la phrase qui s'est égarée entre deux verres de Sancerre] qu'ils soient parents ou amis que vous les aimez. C'est le plus beau cadeau que vous puissiez leur faire. Pardonnez cet accès de sentimentalisme. Ce blog est un espace personnel, quasiment un journal intime (offert aux anonymes, aux amis, aussi) qu'il faut aussi lire entre les lignes. Il ôte aujourd'hui ses piquants ironiques, sarcastiques, parfois méchants.

La tendresse qu'arbore en titre ce blog est loin d'être une posture. C'est un état d'esprit, une quête, un chemin personnel. Une couleur que je veux donner à ma vie. Venons-en au fait. Je n'ai jamais douté de l'amour que me portaient mes parents, ma famille. Ils en ont apporté une preuve aussi bouleversante qu'irréfutable en 2009 lorsque je les ai abandonnés puis retrouvés. Ils ont recueilli sans jugement, sans ressentiment, l'oiseau tombé du nid et lui ont donné l'énergie de repartir, l'envie de vivre. Pleinement. Amoureusement.

Sois heureux un instant, cet instant c'est ta vie, écrivait le poète Omar Khayyam.

Pas aisé à mettre en pratique, je vous l'accorde. Mais ça vaut le coup d'y réfléchir. Aujourd'hui, alors que je pestais contre le patron lunatique, le client irascible, le con de voisin, etc. je consulte mes mails et manque fondre en sanglots à la lecture des mots envoyés par mon père et ma mère. Il m'écrivent leur tendresse à mon égard. Une tendresse jamais dite, jamais écrite. Ou qu'il m'a semblé ne pas entendre, ne pas lire, quand j'étais enfant, adolescent puis jeune adulte. Bien sûr les actes comptent plus que les mots. Mais si j'accorde tant de valeur aux mots, c'est qu'ils ont un sens [lapalissade], qu'ils précèdent l'acte ou le succèdent. Dire c'est aussi agir.

La pudeur ou l'orgueil m'ont souvent aveuglé. Exprimer ses sentiments, ça n'est pas seulement geindre ou râler, c'est aussi dire la tendresse que l'on a pour l'ami, le parent. C'est bête comme chou, oui. Mais c'est essentiel.

Je vous souhaite de passer de tendres fêtes de fin d'année.

 


16 commentaires:

  1. Tiens, preum's pour une fois^^
    Ta tendresse, bordel, elle reste mâtinée d'ironie, même quand tu t'en défends.
    Ce qui la rend précieuse.

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  2. Oui c'est important pour eux, mais encore bien plus pour soi.

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  3. Parfois, les parents ont du mal à exprimer leurs sentiments en direct (ce qui est mon cas), alors le fait de les écrire peut-être une solution car sinon, jamais on ne pourra les faire savoir !

    Et quand tu es : enfant, ado, jeune adulte, même si on te les exprime, souvent tu ne comprendras pas pourquoi on te dit ça et c'est plus tard que tu prendras conscience de la valeur des mots...

    JOYEUX NOËL mon Lolo Adoré

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  4. C'est cette tendresse pas mièvre et piquée d'humour que l'on aime chez toi. ;-)

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  5. J'ai été précédée pour dire que ta tendresse est tout sauf mièvre, et rare donc absolument précieuse.
    Plein de choses tendres pour toi ♥

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  6. <3 j'aime ce billet <3 merci pour ce moment émouvant...

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  7. Oh c'est vraiment émouvant ton article.. Je te souhaite de bonnes fêtes de fin d'année. Et puis je peux bien te le dire, puisque tu m'incites à le faire : je t'aime tout plein ! ^_^

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  8. Tu as réussi à sacrément m'émouvoir mais je suis dans la pénombre c'est discret... J'aime tes mots, c'est un beau chemin que tu as/vas parcourir aussi mièvre soit-il pour certains, pas pour moi c'est sûr... Bonnes fêtes en famille !

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  9. passe de bonnes fêtes avec ta famille cher Lolo, profites bien de tes parents...dis leur que tu les aiment, après, plus tard, c'est trop tard
    on te fait pleins de très gros bisous

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  11. Tous zé toutes : J'suis là mais j'suis pas là. Merci pour vos affectueuses pensées, vos tweets ou vos mails quand vous m'avez fait savoir votre émotion, votre tendresse via d'autres canaux. Vous savez, quand j'écris que j'ai pour but de donner cette couleur tendre à ma vie et à mon entourage, à ce blog, je crois ne pas être loin de ma "vérité". La preuve, ce matin, une rencontre très touchante avec des clients de l'hôtel où je bosse. Une discussion étonnamment riche, profonde. Le regard bienveillant, le coeur accroché à son sourire, Irène me remerciait pour l'énergie positive que, selon elle, je dégageais. Alors, le jour où je vire aigre ou cynique, faites-moi signe, urgemment. Bon... bref... bisous bisous. Joyeuses fêtes, Hanouka toussa toussa. A l'an prochain.

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  12. Quelle est belle cette tendresse et très touchante...c'est un beau cadeau de Noël

    Joyeux Noël

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  13. J'ai déjà dit à mes collègues féminines que toutes les femmes n'étaient pas obligées d'enfanter !....Alors dire à ma famille que nowell m'enquiquine...

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  14. oh que j'aime lire ce post Laurent ... même toujours en retard...

    et la tendresse Bordel
    les paroles s'envolent , les écrits restent, alors garde les précieusement ces mots écrits par ceux qui te chérissent ...

    peut-être arriveras tu à comprendre que sur mes blogs, ce qui m'anime le plus depuis toujours, c'est ... la tendresse, les sentiments, dire à ceux qu'on aime qu'on les aime...
    chaque fin d'année, je me demande si je vais finir la suivante à cause de ma santé ...
    chaque fin d'année , comme à Nowel :-))) depuis que j'ai fait "ma famille" je sais qu e peu importe, je les aime et ils m'aiment ...
    garde ce bel état d'esprit qui te sied à ravir

    je t'envoie des bisous plein de TENDRESSE Laurent
    que je me souviens de cette année 2009 ou je t'ai suivi au bout du monde !!!

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  15. Oui la tendresse, bien sûr! La tendresse en conscience surtout! Bises

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