Le blog d’un animal mâle qui aime : Paris, le bruit des haricots verts que l’on équeute, le Petit Robert, ouvrir une vieille armoire, French & Saunders, le champagne, ses cravates Burberry reprisées, le premier café de la journée, Les Nuls l'Emission, courir dans la neige comme un gamin, les raccourcis clavier, la compagnie des livres, Ella Fitzgerald, son araignée au plafond, l'étreinte d'un homme, l’autodérision, Wall-e, lézarder au soleil, les poncifs :)

dimanche

Jonathan, Sébastien, Frederic, Fernando et un bout d'Afrique du Sud dans mes pensées


Au large de Gansbaai, en Afrique du Sud, mai 2009

En ce dimanche oisif, je contemple l’araignée qui a tissé sa toile entre une tige de marguerite et les feuilles de fraisier à la fenêtre de mon appartement parisien. Une plongée dans mes pensées erratiques, grises et lumineuses à la fois. Sur la route cabossée qu’a empruntée ma vie. Qui sans ces bosses n’aurait pas le goût épicé d’une existence douloureusement excitante. Palpitante. 

Souvent je songe à ce voyage intérieur qu’a été ma disparition. Furtive mais réelle. Ces jobs que j’enchaîne comme pour ne m’attacher à aucun. Ce clavier que je fuis pour ne pas écrire ce que j’ai à cœur d’écrire. Le jeans que je porte, un cadeau que m’a fait Jonathan au bout du monde. A Gansbaai, petite ville portuaire d’Afrique du Sud. Où personne ne me savait. Où j’ai logé, couché au creux de l’épaule de cet homme qui ne connaissait rien de ma vie, et m’a aidé, aimé un temps, à sa façon. Ce bout du monde où j’ai croisé la route de ce Français, Sébastien, qui ne parlait pas un mot d’anglais et que j’ai invité à notre table. Sébastien à qui j’ai présenté la meilleure amie de Jonathan. Ils ont vécu une amourette. J’ai joué Cupidon et le traducteur. Sébastien que je ne connaissais pas et qui m’a vu pleurer comme un enfant. Il m’a emmené voir les requins au large. C’était magnifique. Unique. 

Au Cap, le plus beau garçon de la soirée, Fernando m'a étreint comme jamais je n'avais été étreint. 

A Port-Nolloth, petite ville portuaire à la frontière de la Namibie, où, au terme d'une douzaine d'heures d'un voyage, conduit par un autre inconnu, Frederic. Il m'a accueilli dans la plus belle chambre de son hôtel. Vue sur l’océan, sur les carcasses de bateaux qui avaient échoué la veille, brisés par la tempête qui avait secoué la région. J’étais entre deux moments de ma vie. En rupture puis en construction pour une nouvelle page à écrire. Revenir en France, plus tard. Retrouver ceux qui m’étaient chers. Mon rêve que je croyais encore chimère, me réinstaller à Paris. Offrir le logis aux belles âmes qui m’ont choyé lors de mon voyage en Afrique du Sud. Lorsqu’elles poseraient leurs sacs à Paris, ville que ces hommes et ces femmes que j’ai rencontrés là-bas n’avaient jamais vue et rêvaient de voir. Là-bas, mais en moi, j’ai appris à demander de l’aide, éprouver de la gratitude pour les êtres.

12 commentaires:

  1. J'aime beaucoup ce billet car en filigrane il dit bien que l'on est de tout ce que nous avons vécu et que nous vivrons encore. J'ai en horreur l'expression "refais ta vie"! Non on la continue et si on les regarde bien en face les mauvais moments (j'en ai eu et ai toujours cherché ma part de responsabilité; mais sans culpabiliser pour autant) et les bons moments (même ceux qu'on a raté par bêtise, timidité,distraction ou...); tous ces moments t'enrichissent durablement et te permettent d'avancer.
    Voilà tout ce que j'ai lu ce matin entre tes lignes...
    Peut-être auront nous l'occasion de nous rencontrer un jour en compagnie de Chouyo?

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    1. C'est drôle comment ce que j'écris est ressenti. Différemment par chacun. En tout cas, tu as compris un bon peu du sous-texte, etc. Déjà ça de gagné. Et ça de moins à expliquer :p
      Au plaisir de te rencontrer. Avec ou sans Chouyo.

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  2. Et me taperas tu sur les doigts pour que je prenne le temps de me relire: "auronS nous"...J'espère qu'il n'y en a pas d'autres!

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  3. Très beau billet! Cela donne envie d'en savoir un peu plus sur ces rencontres de voyage. Ça fait rêver et ça fait chaud au coeur! Merci.

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    1. Merci. Si je parviens à raconter cette histoire, oui. Sur ces rencontres aussi improbables qu'inespérées.

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  4. On compte sur toi pour écrire et concrétiser ton projet... Bises

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    1. Merci Marie. Je compte sur moi surtout. Que sera sera ! Bizitou.

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  5. Ayé, il naous la fait nostalj et ou bilan ! Bizoux mon lolo ! ^^

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    1. Point de nostalgie chez moi. Pas mon truc. Plutôt un besoin de s'épancher (le blog sert aussi à ça), de raconter. Bisoux itou.

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  6. Et pourquoi vouloir disparaître ?

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    1. C'est une longue histoire. C'est plus fort que soi. On ne le souhaite pas. ça m'est tombé dessus. il me restait ensuite à le vivre, le digérer, à penser, préparer la suite.

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  7. ce qui est genial c est de disparaitre pour réapparaitre ailleurs..y en a qui font ca en claquant des doigts, d autres en remuant le nez..

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