Le blog d’un animal mâle qui aime : Paris, le bruit des haricots verts que l’on équeute, le Petit Robert, ouvrir une vieille armoire, French & Saunders, le champagne, ses cravates Burberry reprisées, le premier café de la journée, Les Nuls l'Emission, courir dans la neige comme un gamin, les raccourcis clavier, la compagnie des livres, Ella Fitzgerald, son araignée au plafond, l'étreinte d'un homme, l’autodérision, Wall-e, lézarder au soleil, les poncifs :)

dimanche

Déménager une poule




(la poule déménagée)

Cette semaine, j'avais pour seule compagnie, les poules, deux coqs se coursant régulièrement, un lapin prénommé Papillon, et sept poussins mus par l'envie du grand large. Ne pas oublier de parler à Papillon (consigne de la petite cousine). Et de couvrir un bout de la cloche de grillage poussant de carré de pelouse en carré de pelouse. Couvrir parce qu'il aime avoir l'impression de se cacher. Ce soir, déménager une poule couvant sous un arbuste. Comme il a plu tout la nuit, la poule mouillée doit déménager. Je vais la déménager. Un abri où les autres poules couveuses n'ont pas élu domicile. A la tombée de la nuit, lui chiper 3/4 d'œufs, les transporter dans un panier, les poser au logis numéro 2. Le 1/4 restant aura trompé la vigilance de la poule. Deuxième navette pour les œufs restant et leur future maman. Entretemps, cet après-midi, inspecté le nid d'une camarade. Le bras picoré par la poule défendant ses poussins, j'ai vérifié qu'il n'y avait aucune victime du trop plein d'œufs. Une petite odeur nauséabonde doublée d'un bout de patte molle me signale qu'il y avait effectivement trop-plein. Un poussin que n'aura pas la buse survolant le pré voisin.

Et le lendemain, au pied de la poule (une troisième) que l'on croyait laisser couver pour rien. Depuis belle lurette. Je trouve un petit corps inanimé. Sorti de son œuf. Que la poule ne regarde même pas. Elle aurait beau supplier par la pensée son petit de rejoindre ses chaudes plumes, il ne bouge pas. Je prends le petit corps désarticulé. Ses yeux, son bec, sont clos. Je tente de lui biberonner quelques gouttes d'eau, il bouge. Imperceptiblement. Que faire ? Je ne suis pas vétérinaire, encore moins mère poule. Après ces quelques gouttes d'eau maladroites, je tente de remettre le poussin sous sa mère, priant pour qu'elle ne l'étouffe ni ne l'écrase. Elle m'empêche même de procéder à la réanimation. Je le glisse sous la poule, son minuscule corps fripé et quasiment sans vie émet un faible pioupiou. Je les laisse.

Pour revenir quelques heures plus tard. Je soulève la poule non sans me prendre de hargneux coups de bec. Le poussin est métamorphosé. Pimpant et piaffant du haut de ses huit centimètres.

Bookmark and Share

11 commentaires:

  1. Tu semble plus mère-poule que tu ne veux bien te l'avouer ;-)
    La maman et le bébé vont bien ?

    RépondreSupprimer
  2. c'est trop chou!!Chaque fois que j'ai déménagé une couveuse, elles n'ont plus voulu rester sur leurs oeufs!!

    RépondreSupprimer
  3. Nefertiti: Faut bien que je me sente utile, des fois. | Eric: Sûrement. Encore des poussins. Surveillance accrue. Eau indispensable. Renard, fouine, furet, buse, personae non gratae. | Cathy: Et tu n'as pas encore vu les coqs. | nigloo: On m'a toujours dit de ne jamais déménager une poule. Car elle abandonne le nid et les œufs. Là, elle pouvait difficilement prendre la poudre d'escampette car la porte était fermée. Une petite heure déboussolée sans doute, hors ses œufs, mais elle a fini par regagner le nid. C'était ça où se faire bouffer par le premier prédateur venu.

    RépondreSupprimer
  4. Je rentre d'un WE philosophique à Revel, et en reviens avec des œufs bios, neuf œufs !!!

    RépondreSupprimer
  5. Jeandelaxr : As-tu poussé la philosophie jusqu'à couver tes neuf œufs ?

    RépondreSupprimer
  6. À la coque le matin, cuits durs le soir en salade ! Miam !

    RépondreSupprimer
  7. Effectivement, une vraie mère-poule tu es, on sent le professionnel du service hôtelier 4 étoiles-luxe, portage de la nourriture jusqu'à la bouche compris — chapeau docteur Schweitzer^^

    RépondreSupprimer
  8. Ouais, c'est ça, et après quelques temps de tendre gavage... à la casserole !

    RépondreSupprimer
  9. deef : Viens donc donner un coup de main. Des heures sup' au jardin, ça te dit ? | See Mee : Ici, on ne gave pas nos poules ni nos poussins. Ils gambadent, ils se nourrissent à l'envi, de grain concassé, d'herbe, d'insectes et parfois de croquettes pour chat.

    RépondreSupprimer

Un commentaire, ce peut être un coucou, une amabilité, un point de vue divergent, un trait d'esprit, un signe de votre passage.

Pour celles et ceux qui n'osent pas (je ne mords pas) ou n'y parviennent pas, c'est tout simple :

1) Tapotez votre bonjour dans le formulaire de saisie ci-dessous
2) Sous Choisir une identité, cochez Nom/URL
3) Saisissez votre nom (ou pseudonyme ou si vous êtes timide le nom de votre cousine) après l'intitulé Nom
4) L'URL ne désigne pas l'Uto-Rhino-Laryngologie mais bien le lien d'un blog ou de n'importe quoi d'autre que vous jugerez bon d'accrocher à votre identité, la page Wikipedia de Sheila par exemple ; ou rien.
5) Cliquez sur Publier commentaire

Et le tour est joué. Elle est pas belle, la vie ?