Quand la vie est trop courte pour râler ou s'acheter des fleurs demain, j'invite le lecteur à s'émerveiller des petites choses. Dans les sillons creusés par l'inattendu ou le hasard, je sème les graines d'un regard humain, parfois mordant, et compose régulièrement un bouquet de rencontres ou d'échanges piquants, insolites, simples. (Blog garanti sans écriture inclusive)

vendredi

Journée offerte



Il y a des jours comme ça. Qui roulent. Qui commencent bien. Petit-déjeuner tout en tendresse chez un bel inconnu. Y a pas à dire, ça apaise ça donne de l'énergie, la banane quoi. Ou la patate.

Café. Jus de pomme. Jus de grenade pour les antioxydants. Massage pour les enzymes du bonheur. Il me raccompagne jusqu'au métro et m'embrasse dans le cou. Le baiser qui pique dans le cou, juste là, entre clavicule et deltoïde, pour le petit frisson électrique du matin. Que demande le peuple ? De la tendresse!

Métro. Boulot.

Pause déjeuner. Ma cantine. Le Pierrot à La Motte-Picquet Grenelle. Qu'il pleuve ou qu'il vente j'y suis toujours accueilli avec le sourire et force gentillesse. Produits frais. Plats faits maison. Après échange de poignées de mains avec employés et patrons, je m'installe sur la banquette et commande la blanquette. Je fais le vide. J'oublie les tracas du quotidien, la surcharge de travail et j'en passe des vertes et des pas très mûres.

Le serveur à la gueule d'ange me confie :
- Vous êtes un des clients que je vais regretter le plus. (Si je n'étais pas client, s'il n'était pas si beau, je me jetterais dans ses bras).
- Quoi ?! Vous partez ?!

Même absent j'observe ou contemple toujours d'un œil gourmand ce qu'il se passe autour de moi.

Le couple en face de moi paie l'addition et s'en va. Le monsieur tout en rondeur me désigne leur pichet de vin à moitié plein.

- Vous le voulez ? dit-il en lorgnant sur mon verre à moitié vide... d'eau.
- Oh... pourquoi pas...

Le client m'apporte son pichet.

- Ne croyez pas que je suis alcoolique mais une telle invitation ne se refuse pas.
- Oh je ne crois rien. Je suis marseillais, dit-il dans un rire.

Sur son énigmatique répartie et un sourire de sa dame, nous prenons congé. Je commande ma panna cotta à la fraise et songe à retourner au turbin. Puis. Surprise. En guise d'addition, un ticket à la gloire de Toto :

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3 commentaires:

  1. Conclusion : aimez la vie pour qu'elle vous aime en retour ;-)

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  2. Depuis des mois que je lis vos billets, courts ou longs, légers ou plus graves, j'ai fini par être persuadé que vous étiez ce que l'on nomme parfois une "belle personne".
    Ce qui vous est arrivé ce jour-là me fait penser que d'autres s'en étaient également aperçus.

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  3. J'ai presque vécue les scènes avec vous : Toutes du début à la fin.
    C'est bon ça !

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Et le tour est joué. Elle est pas belle, la vie ?