Quand la vie est trop courte pour râler ou s'acheter des fleurs demain, j'invite le lecteur à s'émerveiller des petites choses. Dans les sillons creusés par l'inattendu ou le hasard, je sème les graines d'un regard humain, parfois mordant, et compose régulièrement un bouquet de rencontres ou d'échanges piquants, insolites, simples.

jeudi

J'imagine un café sur les hauteurs de la ville


Voilà belle lurette que je n'ai posé aucune pensée, aucune histoire ou rencontre sur ce blog. Chercher les raisons de la sécheresse de mon inspiration n'est pas follement utile. Je préfère soigner le mal par une petite improvisation. Écrire ce billet sans autre but que d'écrire et mettre à jour cet espace. Donner des nouvelles à la faveur d'une journée chômée. Faire ce que je sais faire : produire un billet foutraque où je sème à la volée des bouts d'idées, de réflexions, d'émotions. 

Donner à imaginer la volupté du parfum du mimosa en fleur qui m'a enveloppé alors que je portais mon vélo à bout de bras sur la traverse des Amoureux. Cette ruelle que j'empruntais hier sans savoir qu'elle n'était faite que de marches empilées à perte de vue. M'enquérir d'un palier où poser ma monture  pour photographier un citronnier sur les hauteurs de la ville. Caresser le romarin, rue des Tartares. Explorer des morceaux inconnus d'une cité immense. Plus attiré par les beaux quartiers que les arrondissements laissés à la décrépitude, je songe aux quelques 105km2 de superficie de Paris que j'ai parcourus en long en large et en travers, barbe au vent et regard perdu dans la grisaille. Je songe au tiers, au moins, des 240km2 de Marseille où je ne mettrai jamais les pieds, je suis réaliste. Je choisis de porter mon humeur vagabonde sur les hauteurs plutôt cossues où essaiment les bâtisses de guingois, des orangers lourds de fruits au fond du jardin, à une encablure de la route de la Corniche longeant la mer. 

Je me suis assis sur un coin d'escalier, j'ai bu le soleil d'une après-midi de février, j'ai photographié mentalement la maman qui tente en vain d'empêcher sa petite fille de sauter à pieds joints, j'ai dessiné l'idée d'un café sur cette table en fer bleu où personne ne contemple l'immensité de la ville côté sud. 

Au diable l'oisiveté, temporairement, car je reprends demain le chemin du travail. Oui, il faut bien payer les croquettes de la chienne, le loyer de ses maîtres et la connexion qui m'a permis aujourd'hui de vous souhaiter une belle journée. 


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Des photos de l'escapade ▶ ici ou en meilleure définition et détaillées ▶ 

13 commentaires:

  1. Ben il est très bien ce billet.
    C’est juste la petite dose de légereté qui fait du bien en ce moment.
    Merci ☺️

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    1. La légèreté est aussi essentielle que les bugnes (ou merveilles), les crêpes ou les beignets en hiver 😊

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  2. Merci pour ce rayon de soleil dans la grisaille parisienne Bises

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    1. Je partage volontiers le soleil avec mes amis parisiens 😎 Bisous 😘

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  3. Zenitude et positive attitude, tout ce dont j’avais besoin!
    (C’est très inspirant si tu vois ce que je veux dire 😉)

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  4. Te lire est toujours un tel plaisir ! Merci Laurent . Amitiés bretonnes. Sophie (des Grigris)

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  5. J'ai Lu avec beaucoup d'intérêt. Et beaucoup de plaisir. C'est beau c'est léger et en même temps... Tout plein d'émotions tout en délicatesse. On imagine bien tout ce qui est écrit. C'est poétique. Et moi... Ça me plaît... Beaucoup

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    1. Merciiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii. Vos compliments me touchent ! Faites un petit tour sur l'onglet "Une nonnette au miel des petites choses", j'y ai compilé mes "meilleurs" morceaux. Douce lecture à vous.

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  6. Comment va Monsieur Fraises? Il ne twitte plus depuis longtemps et semble délaisser son beau blog, sinon pour répondre aux commentaires avec sa gentillesse coutumière. Que se passe-t-il?
    Cordialement.

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    1. Hello Pippo, bah si si, je blogue, moins certes, mais ce billet et puis celui publié avec quelques graffs, c'est pas le Pérou mais c'est déjà ça, comme le chante Alain Souchon. Sur Twitter, je suis moins bavard mais je veille 😉 bon dimanche !

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