Quand la vie est trop courte pour râler ou s'acheter des fleurs demain, j'invite le lecteur à s'émerveiller des petites choses. Dans les sillons creusés par l'inattendu ou le hasard, je sème les graines d'un regard humain, parfois mordant, et compose régulièrement un bouquet de rencontres ou d'échanges piquants, insolites, simples.

mardi

Une fraise à Paris

La carte postale que je n'ai pas osé envoyer 😂
 

⚠️ Avertissement : ce billet contient une multitude de liens, autant de digressions que je soumets à votre sagacité.

La tête dans les nuages, tant littéralement que métaphoriquement, je me poste à un coin de rue pour photographier le chien assis sur une chaise cannée en terrasse du Maximilien, Paris 12e. Emmitouflé dans son pull en mohair, il darde sur moi son œil interrogateur tandis que je m'efforce d'échapper à la curiosité de sa maîtresse. Le toutou a bien failli illustrer ce billet de blog mais je lui ai préféré la fraise sur le Champ-de-Mars. Ah Paaaaaaris, comme dit mon mec avec la gouaille d'un Parigot des faubourgs, pour se moquer tendrement de mon addiction à cette ville.

Au Voltigeur, le poney n'a pas l'air de follement aimer les carottes.

N'en déplaise aux promoteurs (j'emploie le terme à dessein) du hashtag #saccageparis sur les réseaux, je n'ai pas vu la ville qu'ils fustigent. Tout n'est pas rose ni magique. Je vois la misère, l'incurie, la saleté, l'incivilité mais ni plus ni moins que dans n'importe quelle autre métropole. En un mot comme en mille, Paris provoque toujours chez moi le même émerveillement. Et beaucoup de choses ont changé, en bien ! Une nouvelle sortie de métro a jailli ici, une rue piétonnisée là, des enclos végétalisés, une Samaritaine à qui on a enfin rendu sa superbe, et j'en passe des gerbes d'orties qui ravissent la faune et le côté bucolique de votre serviteur et horripilent les pisse-vinaigres qui n'ont souvent (j'ai vérifié) qu'un os à ronger sur les réseaux.


Et au milieu coule un fleuve

Je n'ai hélas pas pu serrer dans mes bras toutes les personnes que je souhaitais enlacer. J'étais tiraillé entre l'envie de revoir amies, collègues, "potesses" et potes des réseaux, et le besoin d'explorer seul ma ville de cœur, d'assumer ma part d'ours mal embouché, d'ermite à Paris. L'amie Élodie avec un accent aigu sur la majuscule a bien compris la bête quand elle m'a proposé une fenêtre de rencontre entre 15h et 1h du matin, ce vendredi. Rep à ça Chronopost ! Dans le marathon Téléthon Gaming qu'elle "surveillait" comme l'huile sur le feu, elle n'avait qu'une pause clope à m'offrir et je l'ai volontiers saisie. Longue étreinte, joie de se retrouver, rires, chaleur humaine. À propos de clope, je souligne ici la gentillesse d'une Parisienne qui me demande si elle peut fumer sans me déranger. Avec le sourire. Et les notes au stabilo fluo rose que j'aperçois sur son agenda. Pfiou, j'envisage déjà la longueur de ce billet, comme un dimanche sans pain et je vous alerte. It's a never-ending story. Assis sur une chaise cannée rouge vif, je sirote le bonheur d'un moment au soleil, rue des Martyrs. Alors que je fourrage dans mes affaires en quête de sous pour payer mon café, je réalise que je n'ai pas de monnaie. Le serveur me désigne un distributeur en bas de la rue. Il me laisse partir avec armes et bagages, à la recherche d'espèces, sans exiger de moi en garantie un poumon ou un effet personnel moins essentiel. Il a confiance, le bougre. 

Vous me direz que je m'extasie d'un rien. Essayez, vous verrez le bien que cela procure. 

Au 27, Madame, le détail exquis est dans un coin de la salle, dans le creux de l'assiette, dans la douceur de l'accueil de ses hôtes.

— On m'a dit de vous accueillir avec une coupe de champagne, annonce avec un air de malice la dame du 27, Madame, où je déjeune avec mon amie clodoaldienne. Nous ne l'avons pas contredite, malheureux ! Des poireaux vinaigrette framboise, un dos de julienne beurre citron, une mousse au chocolat et une deuxième coupette plus tard, nous nous sommes pris dans les bras comme si mille ans nous avaient séparés. Ce n'est pas tant le temps que la distance qui fait obstacle. Je fais désormais mienne (et la comprends) la réplique de Galabru dans les Chtis : le noooooooorrrrrd. Paris, vue de Marseille, c'est un peu le Groenland. 

Ton sur ton.
 

Le monde est tout petit. Paris est tout petit. Mathieu, le patron de la boutique Dis bonjour à la dame, gentiment coupable d'un croquis sur fond jaune avec le chat de ma môman et de la petite Kimberley qui fait pipi comme un garçon, connaît Charles Nouveau l'humoriste que j'ai applaudi jeudi rue Volta. Lui et l'ami marseillais lui rendant visite n'ont pas vu le spectacle et je leur en parle. Assis au premier rang dans ce café-théâtre à Arts-et-Métiers, je ris derrière mon masque, j'applaudis l'artiste qui échange avec les deux enfants (de 11 et 13 ans) dans l'auditoire et dit aux parents : vous verrez, quand ils sortiront de la salle, ils n'auront plus le même âge. Avec des sujets comme la dépression, la mort, la petite mort, le suicide, sa "grand-mère la p*te", évoqués avec une drôlerie aussi piquante que jubilatoire, c'est évident. Charles Nouveau a un air de Blanche Gardin mais sans la robe bleu pétrole mais avec la barbe. 

Quelques rues plus haut. 

Mylène Farmer vue par Oja

À la recherche du collage Mylène Farmer de l'artiste Oja (j'ai photographié son Catherine Deneuve jeudi rue des Francs-Bourgeois, trônant fièrement à côté d'Ellen Ripley ou Maria du mythique Metropolis à Abbesses), mon oreille indiscrète intercepte la saillie d'un passant impudent : 

— Y a pas besoin d'avoir 300 000 euros pour avoir une maison. 

— Hmmm, marmonne sa compagne. 

Devant une palette surmontée d'un matelas lui-même surmonté d'une tente où loge la femme ou l'homme qui n'aura pas le loisir de balancer dans la tronche du cynique un des bibelots qui ornent son abri de fortune, les bras m'en tombent. 

Je préfère écouter mon voisin de tablée annoncer doctement à ses amis : j'ai arrêté de me ronger la peau des doigts. À la terrasse du Sancerre, je bois un verre de Chablis, je songe à mes jeunes années, si si, où je refaisais le monde, ici-même, avec mes camarades du Cours Périmony, il y a vingt ans, où je tirais le diable par la queue, vivant à la va-comme-je-te-pousse mon rêve de théâtre. 

Sur le trottoir d'en face, ça photographie la brasserie d'à côté, le Vrai Paris, qui n'a rien de vrai. Je lutte contre mon aversion pour la foule, criarde, oppressante ; je ferme les yeux sur les Monop', les boutiques franchisées, les agences immobilières tous les vingt mètres qui défigurent depuis belle lurette les Abbesses, la rue Lepic. Je ne jette ni le bébé avec l'eau du bain ni Paris avec les touristes qui la font vivre, je m'attendris plutôt sur la tablée d'Italiens qui célèbrent leur séjour à Paris autour d'une bouteille de Saint-Émilion alors qu'il n'est que 16 heures. 

Pas un passage à Paris sans une promenade à Montmartre, même nocturne.

Rue Tholozé, je franchis le seuil de ce cinéma art et essai, le Studio 28 qui s'enorgueillit de luminaires dessinés par Jean Cocteau, je me perds dans la contemplation du livre d'or confiés à l'inspiration en dents de scie de ses spectateurs. Derrière moi, une cabine photomaton Harcourt joue la nostalgie contre monnaie sonnante et trébuchante, une voix empresse la jeune femme assise sur son tabouret d'en finir avec son autoportrait : — Attention, il vous reste peu de temps. Si vous n'êtes pas satisfait, vous pouvez appuyer sur la touche... 

Déjà 17 000 pas au compteur de ma montre pour la seule journée de samedi. 

Pièce vue et chaudement recommandée !

Au théâtre Tristan-Bernard, la file s'allonge pour le spectacle de 21 heures. Les acteurs de 19 heures ont joué Adieu Monsieur Haffmann, la troublante et magnifique histoire écrite et mise en scène par Jean-Philippe Daguerre. Je n'ose pas les féliciter, j'ai participé aux applaudissements nourris, cela suffira. Campé sur le trottoir d'en face, j'admire ces animaux étranges qui ont réussi l'exploit de me transporter en 1942, d'oublier ma voisine jouant au Scrabble sur ton téléphone avant la représentation. Je reconnais Anne Plantey qui, avant que le rideau ne se referme, a lancé : "merci d'être là ! c'est important pour nous", j'aimerais lui dire que le théâtre est important pour moi et pour tant de gens. Les comédiens se dirigent vers la brasserie d'à côté, Anne ne les a pas rejoints, elle a enfourché son vélo, Salomé la salue d'un "au revoir poulette !" que je ne peux m'empêcher de garder au chaud pour conclure ce billet. 

Non sans vous laisser avec un petit bonus.Un détail de l'expo immersive (le mot est à la mode) à la Fondation Cartier pour l'Art contemporain. Puis une dernière anecdote.

Détail d'une des 29 immenses toiles de Damien Hirst exposées à la Fondation Cartier pour l'Art contemporain.

Lundi. Amélie P. me donne rendez-vous dans un restaurant libanais qu'elle connaît, fermé le lundi. Comme il en faut davantage pour nous décourager, et que Paris offre un choix pléthorique d'adresses, même un lundi, nous troquons le méditerranéen contre un asiatique rue Tiquetonne. Tandis que nous étudions le menu, je déroule une théorie qui s'avérera aussi saugrenue qu'incorrecte : le restaurateur proposant une cuisine pimentée s'adapte au client occidental moins enclin à bousculer ses papilles, il édulcore son menu. Le "très épicé" est épicé et le "moyennement" ne l'est que légèrement. Que nenni. J'aurais dû écouter le serveur quand il m'a alerté : "très pimenté", vous êtes sûr ?" Mouais. Toujours est-il qu'Amélie et moi avons continué de papoter avec l'étrange impression d'avoir des lèvres qui avaient doublé de volume. C'est parfait pour faire connaissance, ça crée des liens. 

 

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Vous êtes encore là ? Merci. J'ajoute aux liens disséminés plus haut celui du florilège de mes meilleurs billets, mes préférés, quoi ➡️ Une nonnette au miel des petites choses

Et le lien pour vos dons au ➡️ Téléthon 2021


samedi

Dis bonjour à Monsieur Fraises

J'adore ce portrait naïf qu'a fait de moi Mathieu, le patron de la boutique Dis bonjour à la dame, 4 rue Fléchier dans le 9e à Paris
 

Je pourrais vous raconter que j'ai une nouvelle voisine pas tranquille comme on dit ici. Pas tranquille et mal éduquée. Je ne me suis donc pas gêné un soir que je rentrais tard du boulot, un peu avant minuit, alors que ma moitié dormait comme un loir et qu'au-dessus elle manifestait ses cris d'extase, pour dévaler les neuf étages qui me séparent du plancher des vaches, appuyer une dizaine de fois sur l'interphone de ladite voisine — coïtus interruptus — et regagner mon maison-doux-maison, content de mon forfait. Tatie Danielle n'a qu'à bien se tenir. Euh. Moi qui voulais faire un billet sans paroles, c'est râpé. En fait, je voulais simplement publier ici le croquis du jeudi qu'a fait Dis bonjour à la dame avec le peu (😂) d'éléments dont il disposait pour dessiner votre serviteur. J'y reconnais ma barbe poivre et sel, ma cravate, le chat de ma môman, la petite Kimberley (qui fait pipi, ici, comme un garçon), mes mains à quatre doigts, et la fameuse fraise de ce blog. Fruit que je trempe parfois dans la sauce aigre douce de mes relations avec mes contemporains. Il avait aussi croqué Anne-Laure (en vedette américaine dans le billet Aubergine interdite) avec son lance-flammes anti-cons, un verre de chablis et le même sourire espiègle. Je conclus d'ailleurs avec la formule fétiche de la belle Rétaise : bon week-end, les grincheux !


Voyage, voyage

L'illustration est un peu tirée par les cheveux 😉
 

Petit bavardage sans conséquence avec notre caissière préférée, ex-DRH d'une grosse boîte qui l'a jetée comme une vieille chaussette. Elle a vite retrouvé du travail. Pas à la hauteur de ses compétences, certes. Mais à son âge, nous a-t-elle dit, elle n'était plus regardante. Il lui fallait travailler, et vite. Ce supermarché fait l'affaire. 

Ce matin. Ma moitié et moi-même disposons nos achats sur le tapis roulant. Elle ne nous a pas vus. Elle est ailleurs.

— Vous êtes dans les nuages ? 

Ça la fait rire. 

— Ah ouiiiiiii. J'étais loin, très très loin. 

Saisissant les blocs de mozzarella pour les scanner, elle dit :

— Hmmm. Avec une bonne salade de tomates.

— C'est pour les pizzas. Il fait les pizzas, dis-je en désignant mon mec qui range nos achats dans nos caddies de mamie. 

Devant son air admiratif, j'ajoute :

— Vous saviez qu'on peut faire soi-même sa mozza ? Ça ne coûte rien.

Elle écoute religieusement mon mec qui lui donne la recette.

— On n'a pas encore testé mais on vous dira.

— Oh oui !

(...)

Nous échangeons quelques mots puis, en guise d'au revoir, je lui lance :

— Bon courage, bons voyages !

 

 

Note à moi-même 😂 :

- Penser à lui demander son prénom

- Lui dire que j'ai consacré un billet à notre petit bavardage

---------- (1)

Tant que vous êtes là (vous êtes encore là ?) et si vous ne les avez pas déjà lus, voici six billets sur le sujet :

* La caissière qui toussait sur mes panais 🛒

* Fidélité à la carte 💳

* Aubergine interdite 🍆

* Le vieux monsieur au caddie customisé 👨‍🦳

* Mémoires d'un caissier 👋

* Amélia et ses dix bras ❤️(2)

(1) Je ne savais pas combien mettre de tirets, j'en ai mis 10, ça fait un compte rond. 

(2) Paru dans la presse (Ebdo)




 

jeudi

J'ai cueilli des fraises chez ma mère


La rencontre, côté pile
 
La rencontre, côté face

J'ai :

* Photographié des pantoufles au pays du chausson
* Savouré topinambours, pâtisson, magret de canard
* Accompagné ces merveilles toutes simples avec un côtes de Castillon
* Dormi comme un loir. Je devais être une marmotte (ou un loir ou une souche) dans une autre vie
* Cueilli une algue sur la plage aban-don-néeeeee
* L'ai posée sur mon crâne pour faire rire mon amie et les gens sur le chemin nous menant à la voiture
* Approché un pottok (prononcez potiok), entre âne et cheval, vivant en liberté dans l'arrière-pays basque, échangé avec lui, je lui ai parlé, il a henni, nous nous sommes compris, ou pas
* Arpenté les hauteurs de Zugarramurdi, le village des sorcières, contemplé le paysage vierge d'humains, sauvé ou cru sauver une brebis égarée sur un piton rocheux convoitée par deux ou trois vautours, ri des mêmes bêtises qui ne font rire que nous, parlé botanique même si nous n'y connaissions goutte, glissé dans la boue en prenant une vidéo d'un filet d'eau qui me berçait de son ploc-ploc
* Lu et beaucoup aimé Les Bracassées de Marie-Sabine Roger
* Dégringolé une dune, plage du Vivier, à Biscarosse-plage, un soir d'octobre, enveloppé du soleil couchant et de l'exquise gentillesse de mes amis
* Contemplé l'idée de vivre à Biarritz ou sur la côte, face à l'océan, sachant pertinemment que je n'aurai jamais les moyens
* Joué au Loto, au Scrabble, à la balle avec la chienne de ma soeur, activités respectivement idiote, intellectuelle ou joyeuse
* Chanté du Culture Club, du Alphaville et du Kim Wilde à tue-tête dans la voiture
* Acheté un pain au chocolat ET une chocolatine dans une boulangerie biarrote (lien)
* Regardé passer les gens pressés de se mettre à l'abri de l'averse, en terrasse du Bar du Marché à Biarritz
 
J'ai cueilli des fraises chez ma mère, des châtaignes en forêt, des noix en balade, une oronge et trois cèpes, des belles de jour pour fleurir la tombe de mon père.


samedi

Pain au chocolat ou chocolatine ?

- Bonjour, je voudrais un pain au chocolat.
- Chocolatine ou pain au chocolat ?
- Pain au chocolat.
- ...
- Je prends la photo pour narguer mes amis parisiens.

La vendeuse, complice, glousse et me souhaite une bonne journée. 

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Vous cherchez ce délicieux pain au chocolat, rdv au fournil du rocher, rue Victor Million, Biarritz.


vendredi

La tête ailleurs

 

Sur la route qui me conduit du boulot à mon domicile, j'observe, j'écris dans ma tête ces bribes de vie qui se dressent sur mon chemin. 

À deux pas de la clinique vétérinaire, dans un élan de tendresse, il se penche au-dessus du chien et l'embrasse comme du bon pain. 

Un car régional nous dépasse. Il affiche ZOU !

Des voitures ont marqué l'arrêt. Une dame grimpe précipitamment à bord du véhicule gênant qui re-démarre en trombe. Un sac à main blanc se jette à mes pieds et vomit son contenu. Craignant que les automobilistes derrière moi n'écrasent téléphone, papiers et petites sacoches, je fais signe aux gens de patienter encore, le temps que je rassemble les effets de la propriétaire du sac fugitif. Elle accourt, me remercie vite fait et trotte encore. Pressée.  

Même endroit, le lendemain. À croire que cette portion de chaussée déconcentre les passants qui s'y aventurent. Une dame traverse sans un regard vers le sens de la circulation. Je l'interpelle. Gentiment.

— Il faut regarder avant de traverser, madame.

— Oh pardon, j'avais la tête ailleurs, dit-elle, calmement.

— Si vous vous faites renverser par une voiture, ça, vous aurez la tête ailleurs.

Elle rit.

Planté sur le trottoir, les yeux sur le conteneur en l'air qu'il téléguide au-dessus du gros camion garé en double file, le monsieur qui collecte le verre à recycler a conquis l'attention du môme, au 6e étage en face, sur la pointe des pieds et les mains agrippées à la rambarde du balcon. Ce gamin songe peut-être aux machines à grappin* dans les fêtes foraines où l'on attrape jamais aucune peluche.

Un message de mon mec me tire de ma contemplation :

— Suis dans le tram. Un gars, la cinquantaine, assis en face de moi parle tout seul. Il s'adresse à la Reine des Neiges. "Il faut sauver le royaume. Brise tes chaînes. Laisse échapper ta colère." Il chante (faux) :

Libéré, délivré

C'est décidé, je m'en vais 

Me voilà 

Je suis là 

Libéré, délivré

Le froid est pour moi le prix de la liberté



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* Pourquoi vous perdez toujours aux machines à pinces ?

dimanche

L'important, c'est de bien s'entendre


Nous avons choisi d'être en avance pour éviter la cohue ou être empêchés de nous asseoir où bon nous semblait. 18h45 pour une séance à 19h15, nous étions larges. Devant l'entrée ou dans le hall, personne, en fait. Bon... Un coup de paume sur le poussoir du distributeur de gel hydroalcoolique à disposition, le masque ajusté, on présente nos passes sanitaires puis les places achetées sur l'application du cinéma. L'hôtesse nous scrute avec curiosité. J'en profite pour signaler les traces sur le grand écran ou le projecteur, on ne sait pas, que nous avions remarquées la veille pour Dune de Denis Villeneuve qui nous a laissés sur notre faim. Pas grand chose, des pattes de mouches, une broutille. Mais qui gâche un peu le plaisir d'un film visuellement aussi abouti. Ah ? Oui ? s'étonne l'hôtesse d'accueil (peut-être la gérante) qui semble prendre à cœur la question. Puis elle nous indique avec force gestes le chemin vers la salle 3. 

Personne pour la séance de 19h15 de l'Origine du monde de Laurent Lafite. L'embarras du choix des places. Mon mec comble la demi-heure d'attente en me questionnant sur le qui paie quoi qui gagne quoi avec un film qui fait chou blanc. J'ai une petite idée, j'évoque la complexité de la toile d'araignée sur laquelle est posée l'objet film, toute petite chose fragile dépendant de tant de facteurs. En fait, mon mec se demande surtout comment un film qui a eu droit à tant de promos se retrouve avec deux spectateurs le lendemain de sa sortie. 

Nous ne sommes finalement pas seuls car un couple prend place tout au bout du même rang. Un cinquième et dernier spectateur opte pour un fauteuil central. 

Viennent les pubs que je comble en papotant, forçant la voix à franchir la barrière du masque mais surtout à me rendre plus audible de mon mec. Comme j'augmente le volume de ma voix, je l'agace, je me justifie "sinon, tu ne m’entends pas", il rétorque "je ne suis pas sourd !", nous nous chamaillons. Ça nous occupe le temps des pubs.

Viennent ensuite les bandes annonces puis le générique. Le film commence par Cadeau, chanson de Marie Laforêt. En sous-titres, les paroles. 

Pour neuf mois de patience et douze heures de souffrance 

CADEAU 

Pour tant de nuits de veille, surveillant ton sommeil 

CADEAU

Puis on reconnaît les voix de Laurent Lafite et Karin Viard. Dialogues sur fond noir. Les personnages apparaissent. Encore des sous-titres, comme des sur-titres pour un opéra avant-garde en croate dans le texte. "Il se lève et joue un morceau de Gabriel Fauré au piano". Mais.... LE FILM EST EN AUDIODESCRIPTION. Tout est décrit. Pour les sourds et malentendants. Mon mec et moi chuchotons. On ne peut pas, on fait plus une fixette sur les sous-titres que sur l'action à l'écran. Je réalise ma méprise. J'ai réservé la séance en audiodescription. Et tout s'éclaire. Tout s'explique. Le peu de monde, l'air intrigué de l'hôtesse qui nous voyait lui parler normalement, qui articulait exagérément BON-NE SOIIIIIREEEUH, les gestes prévenants à l'entrée. Nous marmonnons dans nos barbes, peut-être un peu trop fort car le couple au bout du rang nous fait CHUUUUUUUUT. Ils nous entendent ?!

Nous quittons la salle en catimini. 

 

 

jeudi

Le pot à lait en fer-blanc

 
Je me promenais sur les blogs amis (non non, les blogs ne sont pas encore moribonds), chez Matoo puis chez Doréus, quand le récit de ce dernier, à propos de boissons gazeuses puis de bouteilles de lait livrées autrefois sur le pas de la porte a déclenché la boîte à souvenirs. 

Je me souviens du pot à lait en fer-blanc vide que je déposais à la ferme. Je traversais le vaste champ bordé de pommiers, aujourd'hui disparu, je tournais la grosse clé rouillée dans la serrure et poussais la porte de l'étable côté autorisé. J'échangeais le pot en fer-blanc vide contre un plein, perdu dans la contemplation des poussins dans la couveuse et du cul crotteux des vaches. J'échangeais quelques mots avec la bien nommée Madame Vacher. Le dimanche, je toquais à sa porte vitrée pour régler notre consommation de lait de la semaine. 

C'était au bord de la grande route que mes parents m'interdisaient de franchir, car très passante. Au-delà, une petite route, une pente raide, des peupliers longeant la Dordogne. Les orties qui me fouettaient les mollets. Et dans le fossé, l'herbe généreuse que je ramassais pour Kiki, mon cochon d'Inde.

À propos de patronymes opportuns* (ou pas), M. & Mme Vacher tenaient une ferme. J'avais une cliente, Mme Vilaine** pourtant ravissante, M. Fromage travaillant chez Danone. Et M. Labite.



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* Séverine, sur Twitter, m'apprend l'existence du mot aptonyme :

Un aptonyme (néologisme formé sur apte « approprié », et du suffixe -onyme « nom ») est un nom de famille ou un prénom possédant un sens lié à la personne qui le porte, le plus souvent en relation avec son métier ou ses occupations (Source : Wikipedia). Exemple d'aptonyme :  Jean-Louis Cheminée, volcanologue. Exemple de contraptonyme** : Véronique Sanson, chanteuse 🤣

Mise à jour : dans les commentaires, RenéPaulHenry signale qu'il s'agit en fait d'un pot en alu. Au temps pour moi. 

mardi

Coup de foudre à Marseille Saint-Charles

Dans le camion, un chapeau et tous les cartons de ma vie parisienne ❤

Écrire des petits bouts même pour ne rien dire, ça me connaît. Parler de choses essentielles, vraiment, je suis un peu, disons, empoté ou discret ou les deux. En publiant, par exemple, ce matin sur le petit oiseau bleu la photo ci-dessus avec un commentaire laconique : il y a 4 ans, je disais au revoir à la rue Daguerre et à Paris pour tracer ma route jusqu'à Marseille où m'attendait l'homme de ma vie. Sur Twitter, Hélène me demande le lien vers le billet racontant notre rencontre. Eh ben y a pas. Comme ma moitié est aussi discrète que je suis loquace, j'ai toujours réservé notre histoire pour le cercle restreint de mes amis. Allez, puisque vous êtes sympas et que le monde manque de mots doux et de belles histoires, je vous donne un air de Kylie Minogue, Love at first sight :

'cause baby when I heard you
For the first time
I knew we were meant to be as one

Parce que bébé, quand je t'ai entendu pour la première fois, j'ai su que nous étions une évidence (traduction au doigt mouillé). 

Enfin pas tout à fait. Il y a eu des likes sur le profil Instagram de l'un puis de l'autre, beaucoup beaucoup de likes. Il m'avait tapé dans l'œil. Nous avons échangé nos 06. Et parce que la vie est trop courte pour s'offrir des fleurs demain, nous avons voulu vérifier le plus tôt possible si l'alchimie qui opérait lorsque nous bavardions au téléphone était réelle. Si sa voix chaude sentait vraiment l'ailleurs dont je rêvais secrètement. 

C'était en 2015. 

Mais les comptes ne sont pas bons, Kévin, me direz-vous. 2015-2021 ça fait cinq doigts de la main gauche et le pouce de la main droite, pas les quatre ans que tu évoques ce matin sur Twitter. Minute, papillon. Les deux ans manquant au compteur, c'est le temps qu'il a fallu pour que je m'installe dans le Sud, que je cherche un emploi, que nous multiplions les allers et retours entre Paris et Marseille pour éprouver notre histoire. 

J'ai débarqué à Marseille pour la première fois de ma vie le 6 septembre 2015, des papillons au ventre lorsque je l'ai vu descendre du Car Treize qui l'a conduit de la ville limitrophe où il habitait jusqu'à la gare de Marseille Saint-Charles. Je me souviens avoir marché des kilomètres avec lui ce jour-là, avoir siroté un Pastis sur le toit du Mucem et m'être dit sans le lui dire, c'est lui. C'est avec lui que j'ai envie de vivre. 

samedi

Bêêêêêêê !

 

La dame de fer parisienne photographiée par mes soins en 2017

6h25 jour pour jour il y a quatre ans. Vue depuis les fenêtres de la rame de métro, côté droit, enjambant la Seine sur le pont de Bir-Hakeim. J'entamais ma dernière semaine de boulot avant de tracer ma route vers le Sud, au volant d'un utilitaire rempli de mes affaires. Les bulots défraîchis fans de thèses complotistes et farfelues (pléonasme) verront dans l'illustration trois belles traînées laissées par des avions, preuves d'épandage de mystérieuses substances chimiques pour aliéner le quidam. Si si, je vous assure, cette légende des chemtrails existe bel et bien et plaît à beaucoup de cornichons (15% de Français adhéreraient à cette théorie complotiste). Joël Giraud actuel Secrétaire d'État auprès de la ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales, chargé de la Ruralité avait déposé en novembre 2013 une question écrite au gouvernement sur les chemtrails en expliquant qu’il pourrait s’agir "d’épandage de produits chimiques provoquant des maladies respiratoires". Alors si même un ministre se fait l'écho de pareilles inepties, comment voulez-vous que le citoyen lambda ne répande pas les discours de nigauds comme Lalanne, Bigard, Kim Glow, Florian Philippot, Tartine Wonner et j'en passe des bas de plafond et des "on n'est pas des moutons" et des Mickaël Vendetta qui vante les mérites de la pompe à venin pour aspirer le vaccin 🤦‍♀️ Bêêêêêêê. 



jeudi

Parlons peu, parlons bien

 

Pour évoquer les petites choses essentielles, j'illustre aujourd'hui ce billet avec une jolie boîte fabriquée par Amy Papote (cliquez sur la photo pour découvrir ses créations sur Instagram)

L'amie Élodie ironise à propos de l'abus de citations d'auteurs morts. Commençons donc (pour lui faire plaisir) ce billet timbré mâtiné de quelques mots vulgaires par un titre-citation d'une romancière vivante, Raphaëlle Giordano, Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n'en as qu'une. Je ne l'ai pas lu. C'est bien ? Par les temps qui courent et la bêtise qui déferle (des gens attrapent sciemment la Covid-19 pour valider un passe sanitaire dont ils ont besoin ; j'implore votre pardon pour l'expression vulgaire dont je les affuble : sont finis au pipi ou bien ?), il devient utile, que dis-je, essentiel de parler de choses superficielles et légères, d'artisanat (coucou Amy_Papote), de littérature (je me régale de la lecture très très très très lente du roman de l'ami Boris Faure (uniquement disponible sur la plateforme du gars qui est allé dans l'espace dans une fusée en forme de bite), d'idées (voui ! lisez Pour une échelle humaine, manifeste co-écrit par 40 doux-dingues qui ont une haute opinion de la politique (lu et approuvé), de blogs, de temps long, d'amitié. La blogueuse aux deux millions de pages vues et moi-même partageons sur les réseaux des mèmes idiots, des Élodie Poux qui parle à son frigo, des « allez viens, on est bien ». Elle conclut son dernier billet avec la vidéo d'un garçon en short moulant qui gambade dans les champs. Et je songe à la version de Rodica von Buta (lien) que j'ai croisée à plusieurs reprises à Paris, dans le bus 95 passant devant le Louvre, rue Daguerre où j'ai écouté une vieille dame jouant à l'orgue de Barbarie la ballade des gens heureux, où j'ai photographié un passant promenant en laisse un poireau. Parlons peu, parlons bien, parlons des choses et des gens qui font du bien. 


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Quoi ?! Vous n'avez pas cliqué sur tous les liens que je vous ai donnés ?! À quoi ça sert que je me décarcasse ?


lundi

Pou paix russe



J'ai déjà raconté quelques perles de ma vie de réceptionniste ici, , ou encore . Je persiste et signe avec une anecdote narrée hier soir sur le petit oiseau bleu. Voici la version non expurgée.

20h. 

Mes clients sont étonnamment sympas. Sauf le couple de Russes arrivés hier soir dans leur voiture clinquante. Tape-à-l'œil, pénibles. Tout était négociation avec eux. Ou plutôt avec lui, fier comme un pou. Car elle se contentait de darder sur moi ses cils de biche botoxée et marmonnait, dans sa langue, forcément. Négociaient à propos du véhicule qu'ils tardaient à déplacer — l'emplacement était réservé par d'autres clients. À propos du masque qu'ils portaient au coude. Vautré dans le canapé qui me fait face, monsieur s'agace car je l'oblige à mettre le masque. C'est obligatoire. Ce n'est pas moi qui dicte les lois. Regardez, dis-je, prenant à partie d'autres clients qui, placides, le portent correctement. Il souffle et finit par s'exécuter. Mal aimable, il demande un taxi. Lassé de négocier en anglais, je mime à madame : masque, bouche, nez, merci. Puis j'appelle le standard des Taxis marseillais. Qui m'annonce une attente de dix minutes. 

20h15. Dmitri et Youlia prennent congé. 

M'ont mis les nerfs. Comme je peux être plus con qu'eux, je me penche sur la console qui contrôle la clim dans les chambres et bascule la leur sur le mode chauffage. 28° demandés. Never mess with the receptionist, n'emmerdez pas le réceptionniste. 

Mais que vois-je sur la tablette près du canapé ? Un portefeuille qui vomit papiers et cartes bancaires de Dmitri. Et j'imagine le mélodrame. Arrivés à destination, ils n'ont pas de quoi payer le taxi, ils reviennent chercher le portefeuille puis retournent à leur bamboche. Paieront trois fois la course. Cheh ! Mais pour le moment, je me fais un film car mes amis russes sont peut-être encore sur la Corniche. 

20h20. C'est un chauffeur de taxi qui s'avance à la réception. Je comprends vite qu'il s'agit de la course que j'avais commandée. Dmitri et Youlia, impatients, avaient en fait attrapé un autre véhicule que celui que je leur avais commandé. Et ne m'avaient pas prévenu. Normal, me direz-vous, pour des gens mal élevés. 

Le chauffeur ne s'agace pas longtemps quand je lui confie qu'il a échappé à une paire de joyeux emmerdeurs. Je lui raconte le sketch du portefeuille oublié et de la course qu'ils paieront probablement trois fois et il rit de bon cœur. 

20h45. Mais qui vois-je arriver, doux comme un agneau, et masqué ? Dmitri. Soulagé de retrouver son portefeuille et sa dignité auprès de madame, il me remercie et repart, en paix. Bon prince, ou faible, je coupe le chauffage et actionne la clim dans leur chambre. 

23h. Épilogue. Reviennent de dîner. Monsieur est masqué de polypropylène bleu ciel. Madame me demande, gentiment 😱, si j'ai un masque à lui donner. J'avale ma stupeur devant tant de courtoisie, m'inquièterais presque de la présence d'une caméra cachée pour me piéger, et lui tends une boîte en carton de laquelle elle extirpe l'objet de convoitise. Sourires, remerciements et, incroyable : pourboire 😱

12h30, le lendemain. Tout se transforme, se recycle. Même l'entêtement de deux clients mal embouchés métamorphosés en bisounours. Leur confortable pourboire devient ce transat que j'ai réservé pour la journée de demain. Un instant de langueur les pieds dans l'eau arraché à la mocheté ambiante. Et l'anecdote devient un billet de blog. Hier, la rencontre impromptue de mon mec et d'une dame autour du pipi de la petite. Aujourd'hui, Dmitri et Youlia, apprivoisés. Je recycle ici les petites aigreurs de la vie pour remplir ma bonbonne de friandises acidulées. 



dimanche

💉 Cas con tact



Il paraît qu'on est toujours le con de quelqu'un. Illustration tôt ce matin, alors que mon mec sort la petite. Il traverse un passage qui perce l'immeuble pour accéder côté jardin, passage pour lequel il faut avoir un bip. Il entend taper à la porte vitrée, il ne se retourne pas, il est déjà trop loin pour aller ouvrir à l'inconnue qui tape énergiquement. La petite fait son affaire dans le caniveau d'une rue voisine. Puis une dame interpelle mon mec : 

— Merci pour la porte, aboie-t-elle.
— Pardon ?
— Vous auriez pu m'ouvrir.
— Pas de bip, pas d'accès.
— Allez encore un con de vacciné !
— Je n'ai reçu que la première dose. Alors imaginez quand j'aurai la 2e. Je vous souhaite une bonne journée.


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2 billets que je vous recommande :
- Mutatis Mutandis chez l'ami Matoo
- Un billet sur les variants pour les nuls par Jean Ruaud 


***autopromo***

Pour les nouveaux qui passent par là et si ce que vous lisez vous plaît :
- 🎁 Offrez-vous une heure de douceur : une nonnette au miel des petites choses - un florilège de 36 billets.
- Le journal de bord où j'ai croqué mes voisins de confinement.

mercredi

bonjour. café. liberté.

 

Vous l'aurez compris, ça n'est pas "masque ?" que Dr. Louise Banks a inscrit sur son panneau. Le film Arrival (Premier Contact) réalisé par le Québécois Denis Villeneuve est gé-nial ! Si vous ne l'avez pas vu, regardez-le sur Netflix (ou sur toutes les autres plateformes, en location) et dites-m'en des nouvelles.

Mandieu, je n'ai pas blogué depuis deux mois, jour pour jour. Et ça n'est pas ce billet de feignasse qui va me rattraper. Qu'est-ce qui motive mon retour, me demanderez-vous, curieux ? Ça n'est pas par jalousie de voir les amies Élodie ou Claire reprendre la plume, non. 

C'est un post remarqué sur Twitter qui m'a fait dire publiquement : "Génie ! Vite une traduction !" Et puis mon cerveau ramolli par la chaleur et un an et demi de pandémie et de cafouillages s'est souvenu que j'avais été traducteur littéraire il y a quelques lunes. Voici ma modeste version de cette publication virale, la source, en fin de billet. 

Avertissement à l'équipe premier degré : armez-vous d'ironie avant de lire ou commenter ce billet ! Et je réponds à qui je veux* car je fais ce que je veux avec mes cheveux

Liberté de ne pas porter de masque 

Bienvenue au Café Liberté ! 
C’est votre choix de ne pas porter le masque. Et sur le même principe des libertés individuelles, nous permettons à notre personnel de faire ses propres choix sur les procédures sanitaires lorsqu’il s’agit de vous préparer puis servir vos plats. 
Nous incitons nos employés à se laver les mains après avoir été aux toilettes, mais sachez qu’il y a des gens allergiques à certains savons ou qui préfèrent simplement ne pas se laver les mains. Ça n’est pas notre rôle de leur dire ce qu’il faut faire. 
Nous comprenons que vous puissiez être habitués au poulet cuit à 165° Nous devons respecter que certains de nos chefs aient pu voir un mème ou une vidéo sur YouTube prétendant que 100° c’est aussi bien ; nous refusons d’empiéter sur leurs croyances. 
Il se peut que certains serveurs souhaitent toucher votre nourriture telle qu’ils la servent. Il n’y a pas de raison pour qu’une personne en bonne santé et aux mains propres ne puisse pas toucher à votre nourriture. Vous les croirez sur parole s’ils vous disent qu’ils sont en bonne santé et propres. 
La température de l’eau et le détergent sont des choix très personnels et nous laissons notre personnel à la plonge décider de comment ils préfèrent laver les couverts que vous porterez à votre bouche. 
Il se peut que certains tombent malades mais presque tous survivront à une intoxication alimentaire. Vous serez d’accord pour dire c’est un modeste prix à payer pour jouir de la liberté de faire comme bon vous semble – et encore moins une raison (idiote) pour préserver la santé d’inconnus.


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Sources : 
Tweet de @summer_said 
Fil Twitter originel de @libbyjones715
* Astérisque utile pour mes futures réponses en commentaires ;-)


vendredi

Le gâteau à l'ananas

Le gâteau que n'a pas préparé mon mec cette nuit


Quand mes horaires de boulot me tiennent debout jusqu'à pas d'heure, je veille tandis que mon homme dort déjà à poings fermés. Je traîne sur Twitter, je relis, ému, Quand la distance nous rapproche, compte-rendu de l'amie Élodie, récemment déconfinée à Marseille, j'appaire casque et tablette pour ne pas réveiller ma moitié avec des éclats de voix surgissant d'extraits vidéo, de stories sur Instagram, d'âneries glanés ici et là. Quand soudain j'entends une voix à l'autre bout de l'appartement :

— Lolo ? Lolo ! Tu peux mettre le gâteau à l'ananas au frais ?

Il est 1 heure du matin. Je cherche dans la cuisine le gâteau qu'il aurait fait dans la soirée et qui aurait échappé à ma vigilance. Je scrute le four, rien. Le plan de travail, rien. J'ouvre même le frigo, pas de gâteau à l'ananas et fruits confits en vue. 

Mon mec cuisine dans son sommeil.


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Il a rêvé de :

Kimberley partie au Commissariat central de Noailles, Marseille (billet)

Mylène Farmer venue faire le ménage à la maison (billet)