Quand la vie est trop courte pour râler ou s'acheter des fleurs demain, j'invite le lecteur à s'émerveiller des petites choses. Dans les sillons creusés par l'inattendu ou le hasard, je sème les graines d'un regard humain, parfois mordant, et compose régulièrement un bouquet de rencontres ou d'échanges piquants, insolites, simples.

lundi

J'ai testé BeReal

 

au boulot !
 

Avertissement. Je tutoie le lecteur. 

J'aurais pu poster la photo de mon héroïne de ce lundi. Elle qui, miracle, n'a pas jeté son mégot sur la voie publique, qui s'est servi de son cendrier de poche, qui a ramassé la chiffonnette de mon voisin de tram et lui a même offert un sourire. Tout n'est pas perdu, hein. Je ne l'ai pas photographiée parce que 1) je n'avais pas encore reçu la notification BeReal (je vous explique après ce préambule) 2) je photographie très rarement les gens sans leur consentement.

C'est quoi BeReal ?

C'est français, c'est l'anti Instagram où presque tout est léché, retouché, formaté. C'est le nouveau réseau social qui monte, chez les ados, surtout. Comme je n'ai pas beaucoup grandi, je m'amuse à tester ce nouveau joujou. Mes 3 nièces, Alice, Lucie, Louise, qui ont respectivement 20 ans, 17 ans, 13 ans, en sont adeptes. 

Je savais que ça te plairait, m'a dit l'amie Élodie

Les moins jeunes comme Élodie, Nicolas, Frédéric, Batolde ou moi-même, sommes curieux (oisifs ?) et jouons le jeu.

BeReal. Sois vrai, sans filtre, en direct, sans mise en scène. Des notifications aléatoires, jamais à la même heure, qui te proposent de déclencher l'obturateur de ton téléphone : deux photos en une, le selfie côté pile, et côté face, l'espace, le paysage ou les gens devant toi. Les publications ont une durée de vie en ligne limitée : 24h. 

* 1ère alerte ce matin. Je dispose de 2 minutes pour saisir un instantané, sans chichi, sans mise en scène, sans retouche. Les 2 minutes sont écoulées ? Trop tard, l'instantané devient un "late". La photo ne te plaît pas ? Tu la refais, le nombre de reprises apparaît sur ta publication. Le défi consiste à capturer ces morceaux de vraie vie dans les 2 minutes imparties. Le défi est relevé ? Tu as droit à 2 autres instantanés dans ta journée. Tu ne l'as pas relevé ? C'est pas bien grave : ta photo en retard ou reprise reste ta seule contribution du jour. Le jeu reprend le lendemain. 

* Tu peux néanmoins réagir et/ou commenter les publications de tes abonnés. L'intérêt c'est aussi et surtout de jeter un œil fureteur et complice aux images, au quotidien de tes abonnés.

* L'émoji est fait maison. Tu prends une photo d'une réaction : tu lèves le pouce ou tu arbores une expression ahurie ou hilare ou encore tu façonnes un cœur avec les doigts. 

Au bord du burnout, je poste une photo des dosettes en aluminium jamais recyclées, une autre de la mare de Coca dans le bac à légumes. Je dépose enfin un 🥰 sur la photo d’Élodie qui erre comme une âme en peine dans le couloir ou un 👍 à la bière de circonstance postée par Nicolas ou un 😍 envieux sur le selfie piscine de Lucie à 14:00:22 

 

samedi

C'est le oaï !


La bêtise des gens m'agace puis m'amuse. Parce qu'une fois le constat d'échec et d'impuissance posé, il faut en rire, à défaut d'en pleurer et/ou de frapper de rage ses congénères. Le sentiment d'impunité qui anime de nombreux·ses automobilistes est effarant. Le respect le plus élémentaire des règles de vie en société est une abstraction totale : l'autre est considéré comme un empêcheur de tourner en rond, un obstacle à leur médiocre petit confort. Ceci dit, je sais où l'on peut trouver les milliards utiles pour reconstruire les services publics : dans le porte-monnaie de ces hurluberlus —puisque la pédagogie et l'éducation ont échoué. 

En bas de l'immeuble, ce matin, c'est le oaï ! Preuve à l'appui, la photo qui illustre ce billet. 

Voici une demi-heure que C et D ne peuvent sortir du parking de l'immeuble. C klaxonne. Derrière C, D klaxonne itou. En vain. Les propriétaires de A et B se tartinent la gaufrette des rendez-vous urgents (ou pas) que peuvent avoir C et D. Entre temps, E, F et H stationnent sauvagement et empêchent d'autres véhicules de vaquer à la suite de leur samedi. Puis la conductrice de G, animée par une envie pressante de mozzarella (qui sait) à la supérette, se gare sur la chaussée. Ça passe crème, se dit-elle. Remercions-la d'actionner ses warnings 🤣 Le chauffeur du car ZOU que vous ne voyez pas sur la photo est parti faire des pâtés de sable, il n'a pas pu faire sa manœuvre pour se faufiler par I (l'entrée du garage des cars ZOU). E, F, G et H lui font obstacle. 

Pour conclure, les badauds honnissent la conductrice B qui finit par surgir d'on ne sait où. Enfin, surgir, non. Elle flânoche. Elle balaie d'un revers de main les reproches de C à bout de nerfs. B fait une marche arrière et reprend la route sous les huées des spectateurs. Un gars passablement aviné court après la voiture et jette le café allongé de son gobelet sur le pare-brise de B qui actionne ses essuie-glaces.

Tiens, ça me fait penser au film Enragé avec Russell Crowe : une querelle entre deux automobilistes qui se poursuit en une course mortelle. 

Et vous, votre samedi ?



jeudi

David est tartignole

 

On me chuchote que le David au bout du Prado est tartignole*. C'est pas faux. Mais pour les Marseillais, il est incontournable. Enfin, si, on le contourne puisqu'il se pavane au centre d'un rond-point. On le contourne par la gauche pour atteindre Borély ou la Pointe-Rouge ou encore la Madrague de Montredon où j'ai conduit l'amie Élodie, récemment, entre deux averses. Ou par la droite pour rejoindre le bas de la Corniche côté Roucas-Blanc (chez les riches) où je me rendais ce matin. J'ajoutais ma microscopique pierre à l'édifice des JO, pour la branche informatique, une dérisoire mais palpitante virgule logistique pour les répétitions générales qui se déroulent ce mois de juillet, un an avant le lancement des épreuves locales. 

Pour une quinzaine de jours, j'enfilerai un polo orné de Phryges aux yeux bleus et siroterai mon café avec vue mer Méditerranée. 


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* Tartignole : sot ou un peu ridicule ou laid. Non content d'être tartignole, Afida Turner est gênante

Merci Arbrav pour l'idée du titre de ce billet 😉👍🏻

vendredi

Les mystères de l'amour et la CIA

 


Extrait de la très courte vidéo qui illustre ce billet :

– Et. Le. Téléphone que tu m'as donné, tu es sûr qu'il ne peut pas être localisé par les flics ?

– Je l'ai acheté à un agent de la CIA (clin d'œil appuyé), ils savent faire là-bas.

– Ouais je sais. 

🤣

Aujourd'hui plus que jamais, j'ai besoin de légèreté. Hier, nous avons applaudi Alison Wheeler à l'Espace Julien, plein à craquer. Je suis fan d'elle, de son talent, de sa fraîcheur, de certains de ses sketchs qui font hurler de rire (j'espère mettre la main sur celui chez le caviste ou la babyshower* qui part en brioche, deux moments irrésistibles), de sa chanson Les coquillettes au beurre. Les dates d'Alison Rouleuse près de chez vous 👉 .

Je ris aussi face à la médiocrité consommée du feuilleton Les Mystères de l'Amour. J'ai retrouvé l'extrait plus haut dans mes souvenirs Facebook, mon mec l'a extrait du bousin (pas une mince affaire !). À ce propos, il faut que vous lui demandiez un nouveau tuto sur 👉 sa chaîne YouTube car il se fait désirer. Un tuto pour télécharger les vidéos YouTube en toute légalité, si si, je vous assure. C'est facile comme bonjour. 

Bref. 

Comme j'aime partager ce genre de pépite, la vidéo ci-haut, je la publie ! Tout est tellement mauvais (les dialogues, le jeu des acteurs et j'en passe) que ça frise le génie. 


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* Cette fête venue de chez nos amis anglo-saxons consiste à réunir les proches et à révéler le genre du futur bébé autour de jeux cucul la praline

** Pour mes 50 ans dans quelques semaines, vous pouvez vous cotiser pour m'offrir le livre Ma vie est mieux que la vôtre d'Alison Wheeler.

mardi

La wifi et la liaison maltapropos

j'ai écrit sur un gobelet en carton


Dans son annonce, d'humeur apathique, le chef de bord parle de "la" wifi. Sachant qu'il lit un long message d'accueil par ailleurs bien articulé, je me demande qui de lui, de ses collègues ou de la SNCF est à l'origine de l'épidémie de lawifite qui sévit en France. Pour info, on dit le wifi. 
 
Alix, cheffe de bord et amatrice de kyte, prend le relai en gare de Montpellier. D'une voix pêchue et souriante, elle égrène les informations contenues dans son annonce sans aucune faute de français. L'honneur est sauf.

Provisoirement. Car Jacques prend la parole et signale aux voyageurs que la correspondance avec Port-de-Bouc sera tassurée —les liaisons maltapropos m'ont toujours beaucoup amusé.

Le wifi moisi n'empêche pourtant pas mon voisin de se lancer dans une visio. Une visio dans le train, si si. Sans casque et sans honte. Comme je n'ai pas envie de m'épuiser à lui dire le fond de ma pensée : tes parents t'ont peut-être appris le respect mais tu t'es vite assis dessus, visiblement ! je bats en retraite, vais m'asseoir un peu plus loin et m'abîme dans la contemplation d'un champ de coquelicots, d'acacias en fleur en bordure de voie ferrée ou du pêcheur assis à flanc de talus attendant que les sandres ou brochets du canal de Sète mordent à son hameçon, contemplant à son tour le train qui m'emmène en Occitanie. 

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Alix se prénomme bien Alix, si je me fie à son badge. Je n'ai en revanche pas vu l'ombre de son collègue.

samedi

Trésors cachés à Réformés-Canebière

 
je me suis perdu dans la contemplation de cette merveille
(toutes les photos 👉 le lien en fin de billet)

 
Au gré de ma lecture des 111 lieux à Marseille à ne pas manquer proposés par Dominique Milherou, je découvre des trésors cachés ou inconnus (de beaucoup). Inconnus de moi, néo-Marseillais, comme de mon mec, né à Marseille, comme de notre amie de palier ou de nos gentils voisins du dessous.
 
L'immeuble à l'angle du cours Joseph-Thierry et de la rue des Abeilles, érigé en 1929 par les architectes Lafon et Sénès abrite des trésors Art déco. Eugène Sénès est surtout connu pour l'escalier monumental de la Gare Saint-Charles. C'est du haut de ses 104 marches que les touristes et les Marseillais de retour chez eux apprécient leur ville à perte de vue.

De passage régulièrement au marché bio des Réformés le samedi matin, sirotant avec ma moitié le café au bar sans chichi qui fait face à cet immeuble, je ne soupçonnais pas l'existence de ces merveilles à quelques pas.
 
C'est hier que j'ai poussé l'imposante porte ouvragée du 15 cours Joseph-Thierry. À l'intérieur, un très bel escalier surmonté de vitres aux lignes Art déco, des plafonniers, une lampe étonnante, une mosaïque arborant papillon, fleurs, fontaine et son reflet dans le bassin, quatre colonnes, un auguste phénix, puis un haut-relief et, enfin une imposante verrière. Il faut déambuler avec discrétion car il s'agit d'un immeuble privé. C'est grâce à l'auteur de l'ouvrage cité plus haut que j'ai su qu'il suffisait de sonner à "cabinet médical" (aux heures d'ouverture) pour accéder à ces trésors. C'est beau, n'est-ce pas ? me dit un résidant sortant ses poubelles.
 
À 350 mètres plus haut, en direction du Palais Longchamp, au rez-de-chaussée du 76 boulevard Longchamp, les grilles en fer forgé ornées d'immenses marguerites rappellent que "la" Gaumont y avait installé ses bureaux marseillais en 1830. 

Pour les curieux, les amoureux de belles choses et de sites chargés en histoire, je recommande chaudement l'ouvrage de Dominique Milherou en vente chez Maupetit ou chez votre libraire préféré.
 

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📸 Les photos en haute définition sont dans l'album en ligne 👈 

* Le récit de mon échappée récente au Frioul 👉 bons baisers de Marseille 😘

vendredi

Get Hapi


get Hapi (tu as la réf* ?)

Sevrage jour 1. Je prends en photo mon Hapi 11, téléphone de dépannage en attendant la réparation de mon smartphone. Je réapprends l'enfer du langage T9** pour les SMS 😱 Je n'ai pas de vieux smartphone qui fasse l'affaire. Troquer mon addiction habitude contre l'usage (temporaire) de ce bidule m'amuse. Pour le moment. Et surtout parce que j'ai des alternatives (tablette + ordinateur).

Demain, pas de partage de connexion possible pour la tablette, ni wifi au boulot (si si, je vous assure). Je télécharge Society + Causette + 6 épisodes de Ted Lasso. Comme si j'allais m'ennuyer 🤣

J'ai testé Opéra mini, le navigateur. La "souris" se déplace à coup de clics (pressions, plutôt ?) sur haut/bas et droite/gauche, c'est drôle. Mais c'est drôle cinq minutes, en fait. 

La touche retour fait un grincement de porte qu'il faudrait graisser. 

Jour 2. Au lieu d'envoyer mon traditionnel "bonjour. café." sur les réseaux, je l'envoie aux 3 personnes que je viens d'ajouter dans ma carte SIM, mon mec, ma sœur et l'amie Élodie. 10:05 mon mec répond avec 2 petits carrés : je suppose que ce sont des émojis : emoji clin d’œil avec un bisou, ou 2 émojis caca-qui-rigole. Le Hapi ne comprend que les émoticônes à l'ancienne :-) tout simples ^^ ou des combinaisons plus loufoques : 

@}->->--- (une rose ; il faut se démancher le cou sur la gauche et imaginer la tige, les épines, la fleur)

@(°O°)@ (un koala) 

Pour les technophiles qui se demandent : "t'as pas le wifi au boulot ? et ta tablette ?" Du tout ! Pas de partage de connexion possible. Pas de wifi, site sensible, je ne vais pas m'amuser à naviguer sur les réseaux sociaux ou mon blog sur les outils de mon employeur. Je respecte les bonnes pratiques web et sécurité. 12:49 Élodie, fan de géométrie, m'envoie elle aussi deux jolis petits carrés. Décidément... 

Jour 3. Je lis dans le n°144 de Causette que les Français·es passent en moyenne 3.6 heures par jour sur leur smartphone. Bientôt, écrit Fiona Schmidt, pour décoller les yeux de l'écran, il faudra un cric. Pour ma part, il a fallu que je le confie à une boutique de dépannage. Dans le tram, je lève les yeux sur mes congénères plus que d'ordinaire et je laisse se dérouler le fil de mes pensées sans que le téléphone ne me happe à la moindre occasion (une idée à noter, une question à une réponse (qui jouait le rôle de Alice Chambers dans le navet qui m'a chipé 123 minutes de ma vie ; combien mesure l'acteur suédois Alexander Skarsgård*** ?), une photo à faire et partager et j'en passe des prétextes et de sottes notifications). 

Jour 4. Entre deux appels ou sollicitations de mon collègue, je lis la presse en ligne. Et m'interroge sur un réflexe, l'envie (immédiate) de partager sur les réseaux un article ou une info percutante ou farfelue, le réflexe facilité par l'accès aux réseaux, aux captures d'écran, aux copiés-collés. Réflexe et immédiateté. Ça fonctionne à peu près pareil pour un achat compulsif : une envie, la boutique à proximité ou en ligne, l'achat immédiat, l'assouvissement d'une pulsion. À ceci près que la comparaison s'arrête là : un achat n'est pas forcément utile, surtout s'il est compulsif. Comme je n'ai accès à mes "jouets" en mode débridé qu'en fin de journée, la capture que j'ai faite le matin finit dans la corbeille, à quoi bon, me dis-je. Le tweet reste avorté. À quoi bon, encore. La journée a domestiqué la pulsion. Le temps a fait son affaire. La raison a tranché : le tweet, l'info partagée, l'incroyable découverte, n'importent plus. C'est donc qu'elles n'importaient pas. Les gens de l'autre côté de l'écran, me dis-je, ont accès aux mêmes infos, aux mêmes outils. La même curiosité les anime probablement. 

J5. Je reçois un SMS de la boutique en charge de la réparation de mon appareil. Est-ce que je valide le devis ? ... roulement de tambours ... NON. J'ai eu le temps de me renseigner : le coût de la réparation équivaut à l'achat du même appareil neuf. Je vais récupérer l'appareil orphelin depuis lundi et en acheter un autre. Tout. Ça. Pour. Ça.

10:11 Je comprends finalement qu'Élodie n'est pas spécialement férue de géométrie. Les deux petits carrés qu'elle m'a envoyés ce matin sont deux emojis qui sourient et suent à grosses gouttes. Je la crois sur parole et vous souhaite un doux week-end. 😎


 

P.S. Ce modeste billet évoque de manière superficielle et imparfaite un sujet complexe, le numérique, ses excès, ses victimes collatérales, ses abeilles ouvrières (nous). Tout cela et bien davantage est compilé dans l'ouvrage Humanité et numérique : les liaisons dangereuses. La santé de l'homme et l'écosystème en péril, sous la direction de Servane Mouton, éd. Apogée "les Panseurs sociaux" 336pp, 25€ - papier dans le Libé du jour 👉 l'article

* Get happy

** Avec la saisie T9 6MNO 2ABC 6MNO 6MNO donne maman :)

*** L'acteur de True Blood, Tarzan ou la formidable série Big Little Lies, mesure 1,94m. Mon mec optait pour 2.16m, il n'est pas marseillais pour rien 😂

Zou dans le Var !

je continuais de m'arrêter tous les vingt mètres

 

J'ai récemment posté sur le réseau d'Elon un fil traçant à peu près en direct notre escapade dans le Var. Je vous en propose une version améliorée. 

Sachant que :

- Nous ne sommes pas des foudres de la randonnée et encore moins du sport

- Nous n'avons pas de voiture — pour les tenants du tout vélo ou des transports en commun, une virée hors de la ville, disons même de la métropole, reste très compliquée sans voiture : j'ai consulté les horaires de bus et de trains : le voyage retour est possible un dimanche, au terme d'une randonnée de 3h environ, à condition de tailler une bavette* avec les boulistes sur le terrain de pétanque municipal de Nans-les-Pins jusqu'à 18h50, heure du bus ZOU à destination d'Aubagne, ensuite de quoi il faut attendre le train puis le tram puis un peu de marche avant de regagner nos pénates marseillaises. 

- Le petit a besoin de se défouler et nous aussi (marre de la ville quand même)

- Notre propriétaire nous prête gentiment sa voiture dès qu'il le peut

Hop dans le Var ! Muriel de Belrando nous promet "une magnifique balade dans le massif de la Sainte-Baume qui permet de découvrir une rivière étonnante." C'est ce qu'on va voir 🥾

Nous ne sommes pas hyper optimistes sur le niveau de l'eau aux Sources de l'Huveaune mais la balade en forêt annonce de jolis moments de nature. Sur la fiche rando, Muriel nous prend par la main, nous guide pas à pas, au gré de photos et de cartes IGN ornées de tracés et de flèches. Des croix bleues signalent les endroits possible pour pique-niquer 🥪🍷

cliquez sur l'image pour l'agrandir - source : belrando.fr

Comme nous sommes partis un peu tard et que l'appel de la bière et du sandwich au pâté a sonné plus tôt que la balade, on s'est posés à Orioul au bord de l'Huveaune. Les calories à dépenser, c'est donc pour plus tard. 

c'est encore plus joli
si vous cliquez pour l'agrandir

Au cœur du village de Nans-les-Pins (Var)

L'accès à la forêt et aux Sources est un peu compliqué depuis le village. Sauf si on a potassé les indications de Belrando. La nature, ça se mérite. Et la voiture, ça se gare assez loin en fait. Nous avons posé notre monture près du terrain de boules évoqué plus haut. Sur Maps (car nous n'étions pas totalement dépourvus de ressources), nous avons pu nous repérer grâce aux Poules des sources et à Kevin Loisirs mais n'avons pas trouvé (ni sur Maps ni sur la toile) l'espèce d'énorme bâtisse fantomatique, une clinique de campagne abandonnée le long du chemin de l'Orge. Sur la photo ci-dessous, nous avons longuement contemplé le Massif de la Sainte-Baume, depuis le chemin longeant les écuries, jalousant très brièvement l'homme profitant d'une lecture sur son banc avec vue, les enfants jouant aux cartes avec leurs parents, le jardin embaumant le lilas.

Je vous épargne le déroulé de la balade et vous propose dix secondes de tranquillité aux sources de l'Huveaune à proximité de la Grotte de la Castelette d'où la rivière, que dis-je, le court fleuve surgit avant de se jeter dans la Méditerranée, à Marseille, après 48 kilomètres de parcours.


*Parce qu'on a cherché, tous les bistrots sont fermés le dimanche après-midi 😱 (hors-saison en tout cas)

mardi

Un air au pipeau ou à la clarinette ?

 


À l'heure où l'optimisme, la joie, les rêves les plus nécessaires rabougrissent jour après jour, je continue bon an mal an de faire mon miel des petites choses, je m'accroche à la simplicité, à la légèreté de l'instant, au soleil qui caresse les plants de salade en jardinières sur notre terrasse côté jardin, à l'espoir sans mesure du chien qui, debout sur ses pattes arrières, cherche ses copains de jeu dans le parc, au parfum du romarin que j'ai effleuré lors d'une balade dans le Var, aux sourires échangés avec les voisins d'en face lors d'un concert de casseroles pendant le monologue du monarque qui joue du pipeau à la télé, à la gentillesse de nos propriétaires qui nous prêtent leur voiture et nous permettent d'explorer l'arrière-pays, à la fleur de griffe de sorcière (photo) qui va orner mon bureau pendant une semaine au moins, au fou rire que j'ai provoqué chez une utilisatrice, au coquelicot ancré, fragile mais imperturbable face à la mer, au SMS de ma mère en convalescence :

—  Je viens d'avoir un concert surprise dans ma chambre, deux musiciens, un à la clarinette et un au violon.

 

vendredi

(b)rêves (11)

La une du Gorafi aujourd'hui (l'article)

À l'heure où les journalistes dépensent du temps (donc de l'argent) à s'efforcer de démontrer que le rappeur mégalomaniaque dit de la 💩 à coup de "les historiens le savent", je poursuis ma quête de nouvelles farfelues, légères, indispensables, vérifiées. J'en profite pour remercier les lecteu·rice·s fidèles à ce blog since 2006 et avant sur d'autres espaces 💕(et après aussi).


⭐ Un évêque a béni les rayons d'un supermarché Leclerc à Carcassonne. Il appelait, dit-il, à avoir une réflexion sur le bien-être au travail. "Nous n'avons ni prié pour les marges commerciales ni contre l'inflation," peut-on lire dans Le Parisien. On apprend qu'il a agi sous la houlette de Mgr. Planet. Le Planet sans e a autorisé la bénédiction de la mise à sac de la planète avec un e.

⭐ Kermit la grenouille fait la pub pour une marque de montres suisses de luxe. (page 5 du magazine Society n°203)

⭐ J'ai lu Parasites de Nicolas Framont. Lecture indispensable par les temps qui courent. L'ouvrage détricote par le menu la mystification du libéralisme, cause de tous ou grande partie de nos maux. Percutant et sans chichi. 

⭐ Pour le 3e championnat du monde de Docteur Maboul qui s'est récemment tenu à Paris, il fallait  enfiler sa blouse blanche, s'armer d'une pincette métallique puis ôter, entre autres organes loufoques, le papillon chatouilleur du patient à gros nez rouge devant douze arbitres stoïques. (France 3)

⭐ Un touriste en escale en Dordogne a voulu effacer ses traces après avoir fait caca dans les bois. 2000m2 de végétation ont été réduits en cendres. Peut-on dire qu'il avait le feu au derrière ? (France Bleu)

⭐ Des sapeurs-pompiers de Grand-Champ dans le Morbihan ont participé à une simulation de secours avec des Playmobil© (Ouest-France)

⭐ Mon mec en télétravail : "J'ai trouvé un système pour prendre des appels et faire les crêpes en même temps."

⭐ Et pour terminer ces (b)rêves, une info capitale : Jennifer Aniston ne se sépare jamais de ce baume à lèvres ultra hydratant. (Elle)


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Mes autres (b)rêves sont là 👉 (b)rêves !



 



dimanche

bons baisers de Marseille

Photo de gauche prise le 8/04 2023 au Frioul, Marseille 13007

Le plus dur, c'est l'atterrissage, le retour sur le plancher des vaches, la foule sonore du Vieux-Port. Faire abstraction, traverser le sas bruyant, le long couloir moche de la Canebière un samedi après-midi. Regagner le calme de notre appartement. Conserver le plus longtemps possible les bienfaits du voyage en bateau, les embruns, la petite rando sur l'Archipel du Frioul au large de Marseille, le pique-nique en la Calanque de la Crine, l'eau turquoise ou transparente (sélectionner le cliché exotique de son choix), les gabians* perchés qui veillent sur leur nichée comme l'eau sur le feu, crient "alerte ! alerte!" à chaque humain qui passe, la flore qui ne cesse de m'émerveiller, mes prises de vues bucoliques tous les vingt mètres, clac-clac, clac-clac, mon mec et le chien qui s'impatientent parfois, "bah t'inquiète, dit-il, ça va avec le package (comprendre : je t'aime comme tu es)". On a bien fait de penser au décapsuleur, on bougonne car on a oublié les chips, on entrechoque nos bières face à la mer, les voisins libèrent le gros tronc d'arbre échoué sur le tout petit rivage, on y réinstalle gauchement nos affaires, on renverse l'une des deux bouteilles, on bougonne à nouveau. On pense aux amis qui vont qui viennent, on philosophe un peu aussi, on observe la dame en rouge qui fait coucou de là-haut à ses collègues**, on marmonne encore dans nos barbes car elle empiète sur le périmètre des goélands qui le lui font savoir : ils virevoltent bruyamment autour d'elle. Je retrousse mon jeans pour barboter dans l'eau fraîche, je nettoie à l'eau de mer le cadeau du ciel de nos amis volatiles, le caca de gabian sur mon polo tout propre. Le bonheur ressemble un peu à tout ça, aux fleurs colorées***, éphémères, libres, que j'ai photographiées.

Bons baisers de Marseille 😘



* Les goélands leucophées (gabians en provençal) : visibles dans le ciel ou perchés sur des pics rocheux, ces grands oiseaux blancs avec des ailes grises, des pattes et un bec jaunes, dont les cris ressemblent à des rires s'appellent des goélands leucophées. Ils sont très fréquents sur la côte méditerranéenne et plus particulièrement sur les îles de Marseille. (extrait d'une des nombreuses plaques en céramique disséminées sur l'archipel)

** à Marseille, collègues signifie aussi amis

*** Quelques uns de mes clichés bucoliques 👈

 

samedi

La dolce vita

La dolce vita, plage des Catalans, Marseille 

Mon mec et moi rions beaucoup. Tous les jours. Quand la langue de mon mec fourche, me voyant bailler à m'en décrocher la mâchoire, à 20h, il soupire : c'est pas ce soir qu'on va regarder la version longue du Seigneur des Anus. Fou rire. Ou qu'on éreinte en direct les publicités qui polluent notre plateau télé, ou la présentatrice qui fait mine d'être à l'aise (sur ses échasses) en talons aiguilles. Quand je lui confie les sobriquets que j'ai donnés à deux de mes collègues, JM Ouin-ouin et JP de la Gueule, il me dit : bientôt on sera comme les deux vieux du Muppet Show qui passent leur temps à critiquer la piètre qualité du spectacle du monde (bon, il n'a pas dit ça texto mais c'est l'idée). Je réponds : on est DÉJÀ ces deux vieilles marionnettes acariâtres. Depuis notre loge d'avant-scène, on observe le passant, on lui trouve une démarche de canard, on remarque la vieille dame qui promène son géranium et qui nous rattrape déjà. On se moque de la bourgeoise attifée comme l'as de pique. On rit sous cape lorsqu'on croise un kéké portant la casquette à l'envers. Sur la lanière de la casquette est écrit bite en anglais, sur son front.

À côté de nous, face à la mer, un couple gentiment aviné se penche sur les pigeons jouant des coudes pour picorer les miettes de leurs sandwichs. La dame s'exclame : ils sont gentils, ces pigeons, ils veulent des câlins !



lundi

Aller plus haut

J'ai voulu tracer mon chemin
Pour aller plus haut, aller plus haut
(...)
 
Sur une chanson de Tina Arena, notre très cher colocataire se moque de nos barricades improvisées.

samedi

(b)rêves (10)

Les jobastres se retrouvent-ils au Bar Jo ?

Passant presque quotidiennement devant le Bar Jo, pas loin de la Belle-de-Mai, et depuis des semaines, c'est seulement hier que j'ai failli tomber de vélo, frappé par le jeu de mots. Volontaire ou pas, je ne le saurai que lorsque je franchirai le seuil et y siroterai mon p'tit jaune. Quel rapport avec les brèves qui suivent ? Depuis quelques lunes déjà, je fais mon miel d'infos frappées de la chechia, drôles, tendres, farfelues, sur le bas-côté de l'autoroute de l'info anxiogène qui suscite tour à tour lassitude, agacement ou indignation. C'est parti, mon kiki. Accompagné de votre café ou thé, n'oubliez pas de tremper votre biscotte dans les liens que j'ai glanés pour vous.


⭐ Depuis un an, sur l'île néo-zélandaise de Waiheke, un mystérieux inconnu vient déposer dans les boîtes aux lettres des habitants de Surfdale une saucisse grillée avec un peu de sauce, posée sur une tranche de pain de mie. L’identité de ce plaisantin reste pour l’heure un mystère. (20 Minutes)

⭐ Âgée de 116 ans (le 4 mars dernier), Maria Branyas Borera, la nouvelle doyenne de l'humanité, est hyperconnectée et raconte ses souvenirs sur Twitter. (France Info)

⭐ J'apprends perplexe l'existence de nouvelles pathologies : le text neck (cervicalgie du texto, en français) se traduit par des douleurs liées à la position penchée qu'implique la rédaction de SMS. La selfite se traduit par un besoin irrépressible de se prendre en photo en toutes circonstances. (Le Point)

⭐ Sourcils : voici 5 façons de les porter en 2023 (Gala). La meilleure façon, c'est quand même de les porter au-dessus des paupières, non ? 

⭐ "Kate Middleton met la main aux fesses de William aux Bafta : un expert explique ce geste surprenant." Ce qui est surprenant, ça n'est pas le geste, c'est l'usage du mot "expert" dans le tweet de Voici

⭐ Je collectionne les anacoluthes (figure de style malencontreuse). En voici une belle offerte par le stagiaire de BFM : "Antibes, une mygale entre dans l'oreille d'une sexagénaire, elle finit aux urgences." Le papier ne nous dit pas si le pronostic vital de l'araignée est engagé. 

⭐ Le directeur du musée Grévin à propos de la statue de cire de Donald Trump, mise au placard : "La plupart des visiteurs faisaient des selfies à ses côtés en lui mettant les doigts dans le nez." Le musée avait dû lui refaire plusieurs fois les narines. "Il nous a coûté cher en prothèses mais aussi en cheveux, couleurs et brushing." (Le Parisien)

Libé titre : "Une pizza sans pâte, bouillonnante dans la cocotte, où chacun vient tremper son bout de pain." ça n'est plus une pizza, c'est du gloubi-boulga ! J'apprends d'ailleurs que la recette de Casimir existe 😱 👉 !

Poil au menton : comment s’en débarrasser ? (Gala) Allez, sans lire le papier de Gala, je me jette à l'eau : avec une pince à épiler ? 


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Mes autres (b)rêves sont là 👉 (b)rêves !



 



dimanche

Sinon ?

 


Les gens sont fadas, non ?

Pancarte vue ce dimanche. Je n'ai pas pu m'empêcher de tricoter des hypothèses improbables. 

Sur le morceau de carton est écrit : 2 places, gare-toi bien la prochaine fois, sinon ? 😱

Sinon ?

— On se vouvoie ?

— Je gare la voiture à votre place ?

— Je vous fais un enfant par la bouche ?

— Je vous prépare une pizza aux anchois et à l'ananas ?

— Je sors de ma cachette (derrière le rideau tiré de mon appartement) et je viens échanger cordialement avec vous ?

— Je signe mes prochains messages anonymes avec le nom, prénom et téléphone de ma cousine.

— Les enfants, ça va ?