Quand la vie est trop courte pour râler ou s'acheter des fleurs demain, j'invite le lecteur à s'émerveiller des petites choses. Dans les sillons creusés par l'inattendu ou le hasard, je sème les graines d'un regard humain, parfois mordant, et compose régulièrement un bouquet de rencontres ou d'échanges piquants, insolites, simples.

vendredi

Noémie ou la limace

Capture d'écran d'un article paru dans Le Monde 🤦 Merci Noémie (qui souhaite garder l'anonymat, tu m'étonnes) et testée positive, de retour du Brésil et va peut-être contaminer pépouze ses voisins dans le train qui la conduit à Marseille. (Cliquez pour agrandir)



Avertissement : le billet qui suit est assaisonné d'un soupçon d'ironie, d'un gramme de désespoir et d'une lichette d'humour noir. En gros, ne pas prendre tout ce qui suit au pied de la lettre. Mais un peu quand même. 

Je vous épargne le récit des cornichons qui ont gâché ma journée d'hier : en vrac, un client refusant de payer la taxe de séjour — il finira par se délester d'un euro et soixante-cinq centimes. Bon, puisque vous insistez, je vous raconte : comme je déteste qu'on me prenne pour un abricot sec, j'insiste, j'explique, je finis par empêcher l'abruti de sortir, il me menace, il prévient « laissez-moi partir ou je casse votre porte ». Je me retiens de lui envoyer dans les gencives : « Qu'est-ce qui cloche chez vous pour que vous fassiez un scandale pour 1.65€ ? Que votre bêtise vous patafiole* ! » Mais face au culot mêlé d'agressivité du resquilleur, je m'entête et appelle la police. Cinq longues, très longues minutes s'écoulent avant que mon directeur et le propriétaire arrivant à l'improviste s'interposent et l'obligent à payer. Fin du mélodrame, crois-je. Trois fonctionnaires de police débarquent. Je me confonds en excuses, pas eu le temps de rappeler pour leur éviter le déplacement. Je leur offre, penaud, un café, qu'ils refusent, une bouteille d'eau qu'ils refusent, un Carambar ? qu'ils acceptent, ouf. Voilà que la BAC débarque à son tour, trois autres agents en civil. Je continue de distribuer mes excuses en carton et des bonbons à tous ces gentils policiers venus à mon secours. 

Même matinée. Une batavia défraîchie refuse de payer son accès au SPA, on ne l'aurait pas prévenue du tarif, c'est sa parole contre celle de mes collègues, que je défends, ça vocifère, ça se vexe, ça part sans payer. Soupir excédé. 

Même matinée. La gouvernante me signale deux peignoirs manquants en chambre. Bien entendu, la carte bancaire prise en garantie est invalide. Bien entendu, le client indélicat m'insulte au téléphone quand je lui dis qu'il a "omis" de régler les deux peignoirs. « Je suis venu avec une pute, je suis parti à quatre heures du mat'. Vos peignoirs, je m'en cogne. »

Épuisé par ces gens qui n'ont pas beaucoup d'empathie dans le citron, j'enfourche mon vélo et me dépêche de retrouver ma petite Kimberley, mon "maison-doux-maison", mon mec qui nous prépare un pain aux trois fromages. Dans l'évier, je remarque soudain une limace qui a survécu à mon essorage de laitue. Elle glisse son élégante silhouette le long de la paroi et pointe ses antennes à la recherche de la sortie. Je bougonne : « sauvez l'espèce humaine ? Pfff. Sauvons plutôt la p'tite limace !» J'improvise alors un parachute avec un bout de laitue, enveloppe le gastéropode et le jette du septième étage. Je vérifie que mon arion hortensis tombe pile sur le coin de pelouse où elle pourra peut-être continuer sa petite vie de limace sans masque. 
 
 
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* j'ai emprunté l'expression à Lyse :-)


samedi

Fidélité à la carte


Comme mon anecdote dépassait les 280 caractères par tweet, j'ai choisi de la raconter ici. 

Mon mec et la petite m'attendent sur le seuil de la grande surface où je fais quatre emplettes pour l'apéro chez l'amie et voisine de palier. Il jette un regard perplexe sur une boutique fermée (chaussures non essentielles, paraît-il) ou sur une autre, ouverte, où une dame contemple dans le miroir la silhouette que lui fait la robe qu'elle va peut-être acheter... chez sa coiffeuse. Car la coiffeuse vend aussi du prêt-à-porter (non essentiel, paraît-il) en vente libre grâce à ses petits arrangements avec la loi.   

Avant de régler mes achats, je tends ma carte de fidélité et pose la question qui m'accorde toujours des euros chez les enseignes concurrentes. La caissière que je choisis toujours pour son côté fantasque et humain me répond, penaude :

 Ah, je suis désolée, vous n'avez rien cagnotté. 

 Je ne vous en veux pas, lui dis-je.

 Depuis l'épidémie, la carte du magasin fonctionne plutôt pour les promotions mais pas pour cagnotter.

 C'est sûr, dis-je, ironique, Monoprix ne fait plus de marges arrières. 

La dame se penche et m'accorde une confidence accompagnée d'un clin d'œil :

 Vous savez, je réponds bêtement ce qu'on me dit de dire aux clients. 



lundi

Une paume, une fleur

 

Je vous offre cette fleur de camélia* tombée dans ma paume ce matin. Dans le langage des fleurs, elle symbolise la longévité, la fidélité, le bonheur. Nous célébrons aujourd'hui les Gwladys (ex. : Gladys Knight, "impératrice de la soul" déguisée en abeille pour l'émission américaine The Masked Singer en 2019). Le soleil s'est levé alors que je m'échouais sur les rives de rêves idiots et se couchera tandis que des clients payant indirectement les croquettes de la chienne me demanderont des couverts pour leur dîner en chambre. La durée d'ensoleillement, à Marseille surtout 😉, est de 12 heures et 42 minutes. Enfin, nous sommes à J-3 des éléments de langage de Jean Castex et célébrons l'anniversaire de la naissance de Marcel Aymé et de Jacqueline Joubert. Johnny Johnny de Jeanne Mas atteignait la première place du Top50 il y a 36 ans. 

Dicton du jour : à la Sainte Gladys, mange une saucisse.   


*espèce à fleurs doubles

dimanche

d'égout et des couleurs


Après Kimberley chienne flic, je vous propose Kimberley dénicheuse de talents (illustrations ©️ votre serviteur).

@LesTrottoirs rehausse, repimp, enjolive le quotidien en coloriant les plaques d'égouts ❤ À ce jour, si j'en juge par l'énumération sur le compte Instagram de l'artiste, ce sont surtout des plaques parisiennes et lyonnaises qui ont été coloriées. Moi qui aime dénicher le merveilleux dans le quotidien, je ne pouvais pas ne pas remarquer la plaque coloriée sous mes pas, Boulevard Longchamp. Sur @LesTrottoirs, ce sont 1078 publications regroupant plaques et œuvres de comparses piqués de bitume. 



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P.S. Le titre (comme celui du billet précédent), dégoté par mon mec. Il vous épargne donc mon titre de blog moisi 👀. Grâce lui soit rendue. 

mercredi

Un soutien-gorge dans le persil

Autoportrait saisi le 17 mars à 10 heures par 20° si si ! (balcon protégé du vent et ensoleillé 300 matinées dans l'année)

Je passe par le parc. J'ai en mains un bout de papier sur lequel j'ai noté la succession des tâches à accomplir en un temps imparti — rentrer du boulot, embrasser mon mec puis la chienne (ça, ça n'était pas sur la liste), achever d'emballer deux paquets, distinguer ceux qui vont au point 1, 2 ou 3 dans la boucle que je m'apprête à faire dans le quartier avant l'heure fatidique du couvre-feu. Dans le week-end, mon mec et moi avons trié les vêtements destinés à la vente sur une appli d'affaires de seconde main. Plier, photographier, mettre en scène un peu, répertorier, cliquer, répondre aux messages d'acheteurs potentiels, refuser de marchander quand l'autre est discourtois, accepter parfois, vendre, chercher les emballages de tailles diverses et variées, imprimer, scotcher, repousser le chienne qui ne comprend pas qu'on joue (à la marchande) sans elle. 

Mylène dans les oreilles, je marche et renifle l'effigie de mon t-shirt, une panthère rose au parfum de chewing-gum. La bandoulière du grand sac bleu pétrole me cisaille l'épaule. Dans mon escarcelle, cinq paquets à déposer auprès des trois enseignes que mon périple m'oblige à visiter. Plus l'on diversifie, plus on augmente ses chances de vente, plus la difficulté augmente. U PS, Chronopost, Mondial Relay, Relais Colis etc ou le labyrinthe des expéditions plus ou moins heureuses.

Je passe par le parc. Un papa, me semble-t-il, assis sur un tourniquet, pousse le sol de ses pieds pour faire tourner le manège et contenter son petit, hilare, agrippé à ses genoux. Devant le théâtre de la Girafe, sans girafe (majestueuse statue en fibre de verre) depuis que celle-ci a été décapitée par des vandales s'amusant de leur destruction par une nuit stupide, cinq adultes sous un platane centenaire, les mains sur les épaules, font des moulinets avec leurs coudes et papotent. Une jeune femme au chandail élimé, les yeux clos, adopte la position du lotus. Le mistral qui secoue la ville depuis hier ne paraît pas perturber sa méditation.

Point 1. J'ai fait chou blanc hier. La préposée a refusé mes colis, avec force excuses et contorsions, vous comprenez le lundi, mes sacs sont pleins dès le matin, venez demain, promis je prendrai vos paquets. Obligée, peuchère, d'agiter ses dix bras et ses quatre jambes entre la caisse du magasin, le comptoir estampillé La Poste (service public qui s'est barrée en sucette) et le local où s'amoncellent les colis. Elle scanne plus vite que son ombre, m'adresse un sourire sincère. Ça me rappelle Amélia

À l'angle du Boulevard du Jardin zoologique, deux fleurs de pissenlits mêlés aux brins du persil enraciné au pied du perron d'un immeuble décati côtoient furtivement un soutif blanc passant par là, échappé d'on ne sait quel tancarville. 

Point 2. La petite boutique qui vante des parfums à vapoter, glace à la menthe et pépite chocolat, tarte citron meringué, sorbet framboise. 3€ l'unité de 10ml. Je tends au vendeur un colis destiné à la Corse et le débarrasse de celui contenant mon t-shirt Mickey (illustration) venant de San Mauro Torinese, Italie. Je m'inquiète de son bras en écharpe. Bah, rien de grave, me dit-il, un souci de décalcification à l'épaule.

Au détour d'un rond-point, je fais le décompte de mes paquets et prends en photo mentalement les inscriptions taguées sur le contrefort qui soutient une parcelle du Parc Longchamp : un cœur vert surplombe les mots "bras cassés". Un message subliminal envoyé à ceux qui nous gouvernent ? 

Point 3. La superette a changé de propriétaires mais a conservé une partie du fonds de commerce. Je remets un paquet à la vendeuse guillerette et lui dis : un donné pour un rendu ! Elle trottine jusqu'à l'arrière-boutique pour saisir l'ultime colis de mon périple et me le tend, non sans une boutade : vous me faites un autographe ? On sait jamais, je peux le revendre, plus tard. Sur l'étal au-dessus d'elle, imperturbables, les aubergines attendent le chaland.  

Je dépasse un toutou attaché à la sortie de la boulangerie voisine. Ebouriffé par les rafales de vent, il peine à tenir debout, il attend sa maîtresse et le quignon de baguette pour lui faire pardonner l'abandon momentané. Les automobilistes en file indienne s'impatientent eux aussi, ils actionnent leur klaxon, ils veulent, j'imagine naïvement, rentrer chez eux avant le couvre-feu. Renversée par le Mistral, une grosse poubelle offre à la passagère qui a déroulé sa vitre sa gueule béante et placide.

Point 4. Je m'enquiers de comprimés pour le rhume de ma moitié. La pharmacienne me délivre ses conseils, me souhaite une bonne soirée de sa voix flûtée. 


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🎁 Offrez une heure de douceur, un florilège* de 36 billets réunis ici ▶ Une nonnette au miel des petites choses

*gratuit

jeudi

Un café face à la mer ou les deux daurades rescapées

Vue depuis la Corniche JFK, au fond l'archipel du Frioul, à droite l'Anse de la Fausse Monnaie - cliquez sur l'image panoramique pour l'agrandir
© votre serviteur 

Où se retrouver quand les troquets sont fermés ? En novembre, Claire et moi nous posions sur un banc public place Sébastopol à deviser littérature et actualités. Aujourd'hui, nous nous donnons rendez-vous sur un banc, de pierre, cette fois-ci. Mais face à la mer, Anse d'Oriol sur la fameuse route de la Corniche où cohabitent bon an, mal an, voitures, vélos, coureurs et promeneurs. Avant, nous aurions investi une table en terrasse, à savourer un plat du jour arrosé d'un verre de vin au Sunset. Il faut désormais déjouer le sort pour réinventer la convivialité en un temps où règnent masques et sociopathie. Le soleil est encore trop timide pour improviser un pique-nique. Comme nous ignorions si le café du coin pourvoyait les boissons à emporter, Claire a prévu une Thermos de café et moi les tasses, le sucre et les agitateurs. 14 heures, nous chaussons nos lunettes de soleil, et nous perdons dans la contemplation de la mer étale.  


Nous trinquons aux conversations improvisées sur un banc face à la belle Bleue. Nous parlons de l'utilité de passer le permis bateau pour attendre quinze ans pour décrocher un emplacement, d'une voile au nom à coucher sous les ponts, d'amis expatriés en Birmanie pour qui Claire s'inquiète à juste titre. Elle me raconte les deux daurades encore frétillantes qu'elle a achetées au marché aux poissons sur le Vieux-Port pour les rendre à la mer. La tête de la poissonnière ! Gageons qu'elles n'étaient pas trop amochées par l'hameçon et ont continué leur vie de daurades marseillaises. 


Avant d'enfourcher mon vélo parisien, j'attends le 83 qui conduira mon amie jusqu'au Vieux-Port. Nous bavons d'envie devant les glaces artisanales proposées par le Glacier de la Corniche. Une mission pour la prochaine expédition Anse d'Oriol : choisir parmi les 75 parfums bios (vantés par une pancarte plus à jour). Mais il est temps de rentrer car Monsieur Déconfinement-Raté va parler pour ne rien dire, encore. 

Astérix *

 



C'est jeudix* jeudi avec un astérisque qui ne renvoie nulle part. J'emprunte l'expression à Pascale Clark et vous livre le petit rien du jour (après mes petits riens d'hier).  

À la faveur d'une discussion avec Matoo, je vais sur Wikipédia car il m'embrouille la comprenette. Un coup il prétend qu'astérisque est féminin, un coup qu'il est masculin. Astérisque est peut-être cisgenre, qui sait 😋 Mais comme le doute m'habite, je vérifie souvent des mots dont le genre ou l'orthographe me semblent a priori évidents. Astérisque est bel et bien masculin. Ouf. Mais ce qui motive en fait ce billet, c'est la mention "ne doit pas être confondu avec Astérix" (illustration) et ça, ça fait ma journée !

Ne doit pas être confondu avec Astérix 😂

Il semble que beaucoup de gens disent Astérix au lieu d'astérisque, motivant ainsi l'avertissement de Wikipédia. Je ne serais donc pas étonné de lire "ne pas confondre avec Obélix" à l'entrée Obélisque. Ça me fait penser à Capharnaüm que j'avais vu écrit sur un forum quelconque "cafardnaom" (en référence probablement aux cafards** qui pullulaient en la cité antique). 

** ironie !

mardi

Le protège-cahier rose bonbon


Un billet, chez moi, ça part de rien. D'un protège-cahier rose bonbon plastifié que je trouve dans la niche sous les boîtes aux lettres, là où s'amoncellent généralement les prospectus vantant réclames et prétendues merveilles. De minuscules choses qui donnent à la vie un peu d'éclat, de fraîcheur. Qui surprennent, un peu. Comme hier, lorsque j'ai salué Isaac, le réceptionniste de nuit prenant la relève à vingt-trois heures. Je lui trouve la mine grise, absente. En guise de bonsoir, j'offre un coude à son coude, car rappelez-vous, il n'est plus question de bises ou de poignées de main fraternelles. Coude gauche contre coude gauche. J'enchaîne et le surprend, son coude droit répond à mon coude droit. Je lève le genou vers son genou. Il éclate de rire et joue le jeu, cogne son autre genou contre mon autre genou. Quel est le rapport, me direz-vous ? Eh bien, il faut étonner, surprendre, bousculer gentiment. La routine, les consignes à passer entre collègues, les banalités, étaient brusquement plus enjouées, sympathiques, souriantes. Même derrière le masque. Aujourd'hui, ce protège-cahier rose me fait le même effet. Je pense à la dame du troisième qui fourrage dans ses affaires à la cave et se dit, tiens, aujourd'hui, je vais offrir à mes voisins, à qui veut, un cahier de musique vierge, un roman à l'eau de rose, un protège-cahier rose bonbon. J'ignore si la vieille dame aux reflets rouges dans ses cheveux attend quelque chose en retour, un échange ou un merci à ses offrandes. Je vais de ce pas envoyer un SMS à notre voisine du dessous pour lui demander le nom de sa copine, Amélie Poulain en herbe, afin que je glisse ce billet de blog dans sa boîte aux lettres. 
 
Et comme le chantait Pauline Ester,
« Ce sont les petits petits petits petits petits riens 
Qui font toujours du bien 
Ce sont les petits petits petits petits petits riens 
Sans lesquels on est rien ». 

dimanche

Graff !


Comme je n'aime pas garder pour moi seul les belles choses, je vous livre quelques clichés de graffs que j'ai récemment capturés. Il y en a pour tous les goûts. D'abord un tout frais d'aujourd'hui en trois photos, Marseille 4e arrondissement. 



Puis une magnifique méduse qui déploie ses tentacules sur une façade dans la rue des Trois Rois, à deux pas du Cours Julien. 
 

Enfin un renard et un paon qui offraient leurs couleurs chatoyantes avant qu'on les recouvre d'autres animaux ou motifs. Art éphémère ! Il ne reste du renard et du paon que le souvenir, la photo qui suit. Les passants gourmands de street art les ont certainement immortalisés.


Et vous, comment allez-vous ? Quelles sont les couleurs de votre dimanche ?

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Si les artistes (ou collectifs) ayant commis les graffs cités dans ce billet voient ici leurs œuvres, qu'ils se dénoncent 😉 dans les commentaires, je les mentionnerai, bien entendu. 

L'album photos est 👉ici !

jeudi

J'imagine un café sur les hauteurs de la ville


Voilà belle lurette que je n'ai posé aucune pensée, aucune histoire ou rencontre sur ce blog. Chercher les raisons de la sécheresse de mon inspiration n'est pas follement utile. Je préfère soigner le mal par une petite improvisation. Écrire ce billet sans autre but que d'écrire et mettre à jour cet espace. Donner des nouvelles à la faveur d'une journée chômée. Faire ce que je sais faire : produire un billet foutraque où je sème à la volée des bouts d'idées, de réflexions, d'émotions. 

Donner à imaginer la volupté du parfum du mimosa en fleur qui m'a enveloppé alors que je portais mon vélo à bout de bras sur la traverse des Amoureux. Cette ruelle que j'empruntais hier sans savoir qu'elle n'était faite que de marches empilées à perte de vue. M'enquérir d'un palier où poser ma monture  pour photographier un citronnier sur les hauteurs de la ville. Caresser le romarin, rue des Tartares. Explorer des morceaux inconnus d'une cité immense. Plus attiré par les beaux quartiers que les arrondissements laissés à la décrépitude, je songe aux quelques 105km2 de superficie de Paris que j'ai parcourus en long en large et en travers, barbe au vent et regard perdu dans la grisaille. Je songe au tiers, au moins, des 240km2 de Marseille où je ne mettrai jamais les pieds, je suis réaliste. Je choisis de porter mon humeur vagabonde sur les hauteurs plutôt cossues où essaiment les bâtisses de guingois, des orangers lourds de fruits au fond du jardin, à une encablure de la route de la Corniche longeant la mer. 

Je me suis assis sur un coin d'escalier, j'ai bu le soleil d'une après-midi de février, j'ai photographié mentalement la maman qui tente en vain d'empêcher sa petite fille de sauter à pieds joints, j'ai dessiné l'idée d'un café sur cette table en fer bleu où personne ne contemple l'immensité de la ville côté sud. 

Au diable l'oisiveté, temporairement, car je reprends demain le chemin du travail. Oui, il faut bien payer les croquettes de la chienne, le loyer de ses maîtres et la connexion qui m'a permis aujourd'hui de vous souhaiter une belle journée. 


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Des photos de l'escapade ▶ ici ou en meilleure définition et détaillées ▶ 

dimanche

Team chaussons



Le thème de la charentaise se prête assez aux longues soirées d'hiver et tous les clichés qui s'y agrègent. Bière ou tisane ou les deux. Tricot au coin du feu en attendant Champs-Elysées (pardon, je me trompe d'époque). Ajoutez à cela le couvre-feu qui oblige ceux qui ne travaillent pas ou qui ont regagné leurs pénates à rester chez eux et les sans abris à rester sans abri. C'est en charentaises et armé d'un Pastis (j'adopte vite les habitudes d'ici) hier que j'ai rejoint virtuellement les amis du KDB (apéro qui se tenait autrefois à la Comète, Kremlin-Bicêtre, France, et réunissait la crème des blogueurs politiques et sympathisants ou curieux, même de droite hihi, je me souviens en avoir croisé un et avoir échangé avec lui si si). J'arborais 2 paires de charentaises made in Périgord offerts par ma môman et nos évoquions entre un scoop politique et Serge Lama, la triste fin de la charentaise charentaise (l'article de La Dépêche relate la fermeture de la dernière usine en 2019). Voilà.

Bah voui. C'était un billet de feignasse. Avec des liens comme à la grande époque du classement Wikio (classement des blogs par catégorie). Vivement qu'on rouvre les bistrots pour entrechoquer tant nos verres que nos fines analyses politiques.

 

 

jeudi

Un cake au camembert





Aujourd'hui, entre deux cornichons, une andouille au téléphone et une quiche en informatique, mon homme a préparé un cake au camembert (recette inventée et offerte à vos papilles). À ma question "mais pourquoi il est rond", le chef rétorque : parce qu'un cake, contrairement à ce qu'on croit n'est pas nécessairement rond. Ah bon. 

Vous voulez la recette ? Coucou la voilà !

Prenez un grand saladier en verre. Cassez-y six œufs, ajoutez 2 cuillères à soupe de farine, 4 tranches de jambon coupées en petits dés, des épices (du curry, du poivre, du persil). Ne salez surtout pas. Ajoutez 1 poignée de fromage râpé. Posez le camembert entier sur la préparation, couvrez de film plastique. Cuisez au bain marie pendant 20 minutes (au cuit vapeur ou à la cocotte). Servez chaud avec une laitue ou du mesclun arrosé d'une vinaigrette maison. Bon appétit. 

Si vous avez des questions, les commentaires sont ouverts 😘

lundi

L'armée des douze petits bonheurs

Un cadeau personnalisé pour bien commencer 2021. Merci Fanny


J'ai lu le billet de l'amie MHF qui relate 12 bonheurs qui ont marqué son année 2020. Parce qu'il faut aussi rappeler que TOUT n'est ni noir ni gris ni complètement perdu ou désespéré. Quand les nouvelles sont d'abord et obligatoirement mauvaises, à la télé et sur les réseaux, parce que ça génère plus de clics, plus d'audience qu'une simple bonne nouvelle. Quand le malheur des gens nous oblige à la décence, à la discrétion voire à l'auto-censure. Bref. Je persiste et signe et vous invite, depuis mon modeste poste d'observation, à chérir les petites choses du quotidien. 

Le sac qui illustre ce billet porte le titre du recueil que j'ai fini par livrer à la volée, à l'internaute : Une nonnette au miel des petites choses. Merci Fanny pour ce 🎁 qui a transformé ma boîte aux lettres en caverne d'Ali Baba. 

Mes 12 bonheurs de 2020, en vrac :

→ Le concert de Madonna au Grand Rex fin février avant qu'on n'annule tout (version longue, orchestre 7e rang, un grand moment) 

→ Le calme, le silence, le pépiement des oiseaux, les herbes folles, au cœur de la ville, pendant le 1er confinement

→ Mon incursion dans la fiction avec le récit de Paul Dindon, personnage créé à la faveur de l'Auberge des Blogueurs, formidable aventure collective qui m'a occupé de juin à septembre

→ Les jeux à distance avec mes nièces qui explorent leur maison en quête de mots commençant par une lettre ou une couleur tirée au sort 

→ Les gentillesses échangées avec mes voisines sur le balcon ou le pas de la porte

→ Le chant du grillon que m'envoie ma sœur par une belle journée de printemps (billet)

→ La compagnie des livres, la lecture de romans fascinants : La Vraie Vie d'Adeline Dieudonné, Né d'aucune femme de Franck Bouysse, Betty de Tiffany McDaniel 

→ Observer mes voisins en cage, y chercher un peu de poésie, de drôlerie parfois

→ Écouter de nouveau la voix de Pascale Clark sur les ondes radiophoniques

→ La joie de la petite Kimberley qu'il pleuve, qu'il vente ou qu'il neige

→ Le pique-nique sur l'Archipel du Frioul lorsqu'on nous a autorisés à sortir de notre kilomètre carré

→ Mon mec qui m'offre de lécher la louche pleine de chantilly maison. Les bons petits plats toute l'année. Les "Tiens, choisis ce que tu veux dans ce livre de recettes, je te le fais."


mardi

Les amoureux de la Plage des Catalans

Les amoureux de la Plage des Catalans 

J'enfourche mon vélo et m'en vais voir la mer. Quinze minutes montre en main pour atteindre la première plage, les Catalans. Je respire à pleins poumons et sans masque l'air du large, photographie un couple s'enlaçant, j'ai froid pour la dame qui va de long en large l'eau jusqu'aux cuisses nues. Je pousse un peu plus loin mon exploration. Tout au bout de la rue sans issue, Notre-Dame des Grâces, la mer encore, à perte de vue. J'embrasse l'immensité du regard. De gauche à droite, la Baie des Singes qui marque le commencement des Calanques, les Goudes, la Pointe Rouge, l'Escale Borély, la route de la Corniche, Malmousque où j'ai posé mon humeur rêveuse. En bas des petites marches, le spot rêvé pour l'apéro ou un plouf depuis les rochers de juin à octobre. Au large, l'Archipel du Frioul à vingt minutes de bateau toute l'année. Un promeneur me dit bonjour, deux dames me dépassent galettes de chaises molletonnées à la main, un couple crie coucou à l'ami qui les attend avec des bières en bas sur les rochers, un cycliste avec qui j'ai partagé mon avant-poste me dit c'est une belle journée puis au revoir monsieur. 


Au large, l'Archipel du Frioul et le Château d'If, vue depuis Malmousque

En bas des petites marches, Malmousque

j'ai froid pour la dame qui va de long en large l'eau jusqu'aux cuisses nues





jeudi

Le pén*s inopiné ;-p


Bonjour, 

J'ai reçu un MMS par mail d'un numéro inconnu contenant une image pornographique. Voir pièce jointe. C'est pas un problème mais je voulais quand même vous le signaler. 

Bien à vous, 

Jean-Luc J-C.
Chef du Service Truc

Je ne sais pas ce que je préfère : imaginer la tête du gars qui a reçu le pénis inopiné ou la mention "voir pièce jointe" dans le message qui alerte le service pour lequel travaille mon mec. Ils n'ont pas osé répondre à ce monsieur que s'il avait reçu cette photo c'est qu'il avait dû traîner là où il ne fallait pas avec son adresse mail professionnelle. Y a pas de fumée sans feu ou plutôt, pas de bite sans navigation douteuse. 

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J'ai compilé les autres perles 👉 ici !