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Quand la vie est trop courte pour râler ou s'acheter des fleurs demain, j'invite le lecteur à s'émerveiller des petites choses. Dans les sillons creusés par l'inattendu ou le hasard, je sème les graines d'un regard humain, parfois mordant, et compose régulièrement un bouquet de rencontres ou d'échanges piquants, insolites, simples.
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mardi

Des sacs à dos dans le cafoutche

trois petits bonhommes escaladent le mur


J'ai lu chez Matoo qu'il était temps de participer à Inktober*. Au départ, c'est un défi lancé sur les réseaux sociaux. Il s'agit de dessiner sur un thème. Autour d'un mot, chaque jour. Comme je suis aussi bon en dessin qu'en déhanché pour le hula-hoop, j'ai adhéré à la version écrite du défi. En 2020. Sur la liste des 31 mots, j'ai 3 idées, 3 pauvres idées. Je sens que je vais torturer dame inspiration et vous pondre des billets comme je les aime : courts ! 

C'est avec sac à dos que je commence le jeu. 

J'ai plusieurs sacs à dos, certains plus pratiques que d'autres, certains à la cave, d'autres dans le cafoutche. Un pour le boulot dans lequel je loge le PC de l'employeur. PC qui voyage entre le bureau et le domicile quand je bouquine vautré sur le canapé télétravaille. Un plus léger pour y ranger quelques bricoles utiles lorsque je "vais en ville". J'y ai épinglé un pin's aux couleurs de l'arc-en-ciel et frappé du slogan : "merci pour ce monde de merde" à l'attention de qui se sent concerné derrière moi dans la file d'attente au supermarché. 

Vous remarquerez sur la photo qui illustre ce billet le tote bag calligraphié par Fanny pour "Une nonnette au miel des petites choses", le recueil des billets de blog que je destinais à la publication, autrefois. Et que vous pourrez lire ici 👈 si le cœur vous en dit. Si vous ne les avez pas déjà lus. Ou que je ne vous ai pas sollicités mille fois. 

Le mot de demain ? Découvrir. 


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* IWAK en fait. Inktober with a keyboard, EncrOctobre avec un clavier 😉

✍️ Mes billets IWAK 2020 👈


jeudi

Florilège


Chers lecteurs, 

Vous avez la gentillesse de suivre mes pas sur les chemins tortueux de l'écriture. Vous m'avez lu et très souvent encouragé. Certains d'entre vous me répétez inlassablement : imprime ton manuscrit et nous l'offrirons autour de nous ! La chose n'est pas faite par les voies classiques. La chose existe aujourd'hui sur une page dédiée que je vous invite à partager. J'ai choisi 36 billets, les ai relus, corrigés, remaniés, agencés en un florilège sous un titre hommage à mon père : une nonnette au miel des petites choses. En ces temps moroses, offrez un 🎁 cadeau immatériel, des fragments de chaleur humaine, des friandises littéraires, mon bouquet de rencontres, ces 36 billets que je pose aujourd'hui au pied de votre sapin 🎄

Pour lire et partager le florilège, gratuitement, c'est là ➡️ une nonnette au miel des petites choses.

Je vous souhaite une fin d'année tendre et solidaire,

Amicalement, Laurent 

P.S. si vous souhaitez une version PDF, je vous l'envoie volontiers. Il vous suffit de m'envoyer un mail à desfraisesetdelatendresse@gmail.com ✉️

mercredi

Je suis Paul Dindon

Une illustration à laquelle a échappé l'Auberge des Blogueurs 
 

Voilà, c'est fini. J'ai passé l'été en Fiction en plein Haut-Jura, hors réalité-Covid19, sans masque ou plutôt si mais pas ceux qu'on croit. Et c'était chouette. De mi-juin à mi-septembre, l'Auberge des Blogueurs[1] tenue par Kozlika et ses fins limiers a hébergé 65 personnages, personnel et clients hauts en couleurs. J'y ai pris part et j'ai trouvé l'expérience exaltante. 

Mais cékoidon ? 

Un jeu de rôles littéraire où 58 auteurs ont agité les fils de leur(s) marionnette(s) dans une des 20 chambres et studios répartis sur 4 étages, au restaurant, dans les forêts environnantes, au village voisin ou au bord du lac où quelques beaux morceaux ont été pêchés. Ce sont à peu de choses près 869 billets qui ont raconté leur quotidien, leurs interactions. Vous pouvez lire l'œuvre chorale de façon chronologique ou par personnage. Vous pouvez aussi visiter le forum[2] et vous faire une idée des coulisses, du remue-méninges qui l'a agité jour et nuit (471 discussions, 12 974 messages, à l'heure où j'écris ce billet). On y a préparé les interactions, les contraintes littéraires hebdomadaires, on y a beaucoup discuté, beaucoup ri aussi. On s'y est écharpé parfois (pas longtemps, les modérateurs veillaient au grain et tranchaient dans le troll quand il le fallait). À cela, ajoutez l'anonymat (personne ne savait qui était qui, ou presque), ça vous donne une petite idée de la complexité de la chose. 

Qui étais-je, Nadège ? 

J'ai imaginé Paul Dindon. Grand gars de 55 ans débarqué de Paris pour profiter des joies jurassiennes, barman au Fer à Cheval, troquet d'habitués à Bonne Nouvelle, affublé d'un don de voyance plutôt encombrant, il se mêle à la clientèle de l'auberge, s'acoquine avec une jeune femme nature-peinture comme on dit à Marseille, conduit au village une actrice incognito au volant de la vieille BM clinquante que lui a prêtée Sylviane, sa patronne. Les méandres de l'histoire que je lui ai tricotée en 17 billets l'emmènent à quelques kilomètres de Saint-Amour (Jura), sur des airs de chansons françaises des années 80. 

Vraie-fausse carte de visite de Paul Dindon

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[1] L'Auberge des Blogueurs

[2] Le forum (pour y accéder et vous perdre dans les dédales des discussions, il vous faut créer un identifiant) ; vous pouvez (devez !) participer et laisser vos questions, vos impressions. 

Merciiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii à KozlikaFranck Paul, Pep, PhilippeJonathan, et l'homme de ma vie aka Laurent (pour la plupart des illustrations fantasques et l'inspiration) et tous mes partenaires de jeu. 

* Pour lire les 17 billets de Paul Dindon : c'est ici :-)

jeudi

Bienvenue à l'Auberge des Blogueurs


Nichée au bord d’un joli lac offrant de nombreux loisirs (pêche, baignade, patins sur le lac gelé en hiver…), l’auberge est une oasis de tranquillité et d’harmonie avec la nature environnante. De nombreuses promenades s’offrent à vous autour de l’auberge, à pied, à vélo ou en voiture. Toutes les routes carrossables et tous les chemins piétons sont doublés de pistes cyclables. N’oubliez pas que l’auberge dispose de vélos avec ou sans assistance électrique, en prêt pour ses clients et en location pour leurs invités. Des cartes vous attendent à la réception si vous avez perdu celle que nous avons déposée dans votre chambre.

C'est ainsi que nous est présenté cet établissement un peu particulier dans le livret qui est remis aux résidents de cette auberge, ou devrais-je dire, aux participants de ce... jeu littéraire collectif. Depuis une petite semaine, les auteurs tricotent une fiction truculente qui donne corps à l'Auberge des Blogueurs.

Quelques chiffres :

Ce sont pour le moment 57 personnages (mais pas plus de 27 simultanés) mêlant clients et membres du personnel. 3 personnes pour le montage du projet (technique, conception, graphisme, règles du jeu, foire aux questions, etc.) C'est un blog + un bac à sable pour faire des tests + un forum où fourmillent les idées, les propositions d'interactions entre personnages, le souci de cohérence, les contraintes littéraires facultatives, les tutos etc. 5 modérateurs, Kozlika, Franck Paul, Pep, Philippe, Jonathan, des contributeurs ponctuels pour la relecture des règles du jeu, la création des menus (le fameux Pôchouse (morceaux de poissons des lacs et rivières du Jura (selon arrivage du jour), accompagnés de pommes de terre, croûtons et sauce au vin blanc), la jolie carte des environs, les revues de code, etc. Pas de statistiques, ni sur la fréquentation du blog ni sur celle du forum et c'est volontaire, me dit sagement la fée Kozlika, pas de course à l'échalote.

À l'heure où j'écris ces lignes, 50 billets publiés (en lecture publique), 1228 messages ont été postés sur 127 fils de discussions entre tous, sur le forum (privé). La plupart avancent masqués et ça donne pas mal de piquant au jeu.

Vous êtes chaudement invités à lire cette fiction collective en cours d'écriture et à y laisser vos commentaires : ça se passe ici !

Mise à jour du 22.06 :

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Le jeu - présentation
* Des félicitations nourries aux aubergistes Kozlika, Franck Paul, Pep
* La précédente édition (été 2005), les archives du jeu l'Hôtel des Blogueurs + le papier dans Libé.
* Si vous avez deviné de quel personnage je tire les ficelles, je vous propose de garder le secret pour vous jusqu'à mi-septembre. La fabrique (le forum) sera alors rendue publique. Et nous serons autorisés à publier sur nos sites respectifs les billets que nous aurons commis durant l'été.

* Pour lire les 17 billets de Paul Dindon : c'est ici :-)





mercredi

Mon petit cœur primesautier collectionne les mots





J'ignore pourquoi je fourrage mes cartons emplis de vieux billets. Invoquons les mystères insondables du cerveau. J'ai récemment remis en avant une chronique (Je m'appelle Alice Bergerac) où je racontais de façon laconique mon parcours de traducteur littéraire et m'amusais à feuilleter ce cahier où j'ai consigné de a à z les expressions fleuries qui flattent l'hémisphère gauche de mon ciboulot et que je semais dans mes traductions.

C'est Noël avant l'heure car je vous offre aujourd'hui une collection de mots :

Avec un visage à faire cailler le lait ; indéfectible enthousiasme ; se morigéna-t-elle ; placide ; endormir sa méfiance ; il eut l’impression que son cœur s’envolait hors de sa poitrine ; sa chair se mua en un brasier crépitant ; il lui décocha un regard où la supplique le disputait si bien à la fureur que P s’étonna que ses cheveux ne s’embrasent pas ; se fit vertement réprimander ; avec une fausse exubérance ; les sourcils en accents circonflexes ; un relent d’aigreur écorna mon émotion ; avanie ; fricoter ; lui servit un juron bien senti ; qui n’auraient pas goûté le sel de la chose ; rires égrillards ; j’ai les nerfs qui se croisent sur la poitrine ; cet argument fit mouche ; elle grillait d’impatience ; tant et plus ; tout à trac ; simagrées ; à un jet de pierre ; un coureur de jupons invétéré ; le galbe d’un sein ; les ongles endeuillés ; estaminet ; ça barde ; à cause des milliers de pensées involontaires qui auréolaient le flot paresseux du temps ; marchait en plastronnant ; champ magnétique du souvenir ; porté au pinacle ; ce qui s’y trame ; capillotracté ; séance tenante ; boucler ses malles ; brouillard éthylique ; ventre-saint-gris ; nombril de Belzébuth! ; la baie festonnée des lueurs somnolentes de la ville ; pimprenelle ; son petit cœur primesautier ; des tas d'enquiquinements ; sur ces entrefaites ; débureaucratisation ; eut la fantaisie de s'énamourer de lui

Et vous, que collectionnez-vous de beau, de fantasque, d'extraordinaire ou de joliment banal ?