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Quand la vie est trop courte pour râler ou s'acheter des fleurs demain, j'invite le lecteur à s'émerveiller des petites choses. Dans les sillons creusés par l'inattendu ou le hasard, je sème les graines d'un regard humain, parfois mordant, et compose régulièrement un bouquet de rencontres ou d'échanges piquants, insolites, simples.
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lundi

Les chapitres qui font quarante pages



Tel le petit sur la photo ci-dessus, je suis à la fois paresseux, têtu et prêt à bondir sur la moindre occasion de m'amuser. Sur un réseau social qui n'a de social que le nom, Threads pour ne pas le citer, je roule si souvent des yeux agacés qu'ils font des tours gratuits de mon cerveau. Je m'amuse également à répondre "chocolatine" aux questions "comment vous appelez ça chez vous" accompagnées de photos de tancarville, de serpillère ou de quignon de pain.

Ce matin, Louis partage un avis :

— Les chapitres qui font 40 pages, c'est trop 😭

D'humeur joueuse, je réplique :

— Tu notes chapitre 2 à la page 10, chapitre 3 à la page 20, chapitre 4 à la page 30 et voilà, le tour est joué.

Ce billet prétexte comme je les appelle pour taquiner la page blanche de mon blog, derrouiller ma gym d'écriture (même dérisoire) et vous interroger : vous faites quoi de beau, vous lisez quoi de bon ou de divertissant, vous avez vu ou regardez quoi d'inspirant ? Rien faire est autorisé voire recommandé par les temps qui galopent. 



samedi

Les larmes de Gérald Darmanin


Le chien me promène gentiment en quête du parfum de ses congénères lorsque je tombe sur cet autocollant. Je n'ai pas mon téléphone en poche, je ne peux pas l'immortaliser et encore moins le partager sur les réseaux. Je choisis donc de priver les promeneurs de cette supplique pour le moins cocasse et la décolle délicatement du mur décati contre lequel le chien lève la patte. 

J'offre à la postérité ce fragment de poésie urbaine. Par les voies impénétrables d'internet, il atteindra peut-être un jour l'ex-ministre, son destinataire. 


vendredi

Gare au gorille

 


J'ai croisé un gorille à vélo sur une piste cyclable marseillaise !




jeudi

Je n'ai pas glissé sur une peau de banane



Je m'apprêtais à écrire un billet bucolique. J'avais l'accroche : déjeuner sous le parfum des genêts. Fier comme Artaban de la rime surgie de façon inopinée alors que mon mari, le chien et moi humions l'air de la campagne et des genêts au pied du massif de la Sainte-Baume dans le Var. Mais à part une photo et un récit pas follement romanesque*, je n'avais pas de quoi tenir un billet ni un public en haleine. 

Puis est arrivé mon anniversaire 🎂

Réveillé par mon mec tenant un plateau pour un petit-déjeuner au lit avec viennoiseries à foison, je me suis dit que la journée ne pouvait pas mieux démarrer. Je vous fais un petit déroulé télégraphique du mercredi 22 mai 2024 :

Télétravail, messages et pensées d'amis, de proches, de ma sœur au chevet de ma mère, cadeau surprise de l'amie voisine sur le palier de la porte (le roman de Jean-Baptiste Andréa : Veiller sur elle ; hâte de le lire après avoir dévoré Un soir d'été de Philippe Besson puis Monique s'évade d'Édouard Louis), courses volumineuses pour lesquelles nous prenons la voiture, retour de courses, coucou du balcon de Simone qui nous aperçoit alors que nous franchissions le seuil du parking souterrain. Elle agite le bras pour nous signifier d'attendre, elle descend.

Nous nous garons à la va-comme-je-te-pousse, en travers de l'impasse, nous papotons. Avant de se quitter, un large sourire illumine son regard, elle lance :

— On ne se voit plus, mais je ne vous oublie pas hein ? Je vous aime, vous le savez ?

Bises chaleureuses à la volée. Retour au parking. Je pars chercher le caddie de la résidence (je salue ici l'initiative d'un voisin, d'une voisine, qui a subtilisé l'engin au supermarché d'à côté - c'est pratique, pratchique (en bon marseillais), pour véhiculer la montagne d'emplettes de la voiture au 7e étage via l'ascenseur). 

Ellipse.

J'ai atrocement mal (beaucoup moins, à l'heure où j'écris ce billet) et je m'amuse malgré tout, hier, à échanger avec mes pairs sur les réseaux. Je poste une photo : je suis allongé dans le canapé, deux pains de glace enveloppés dans un torchon rafraîchissent ma cheville qui a doublé de volume. J'écris : pour mon anniv, je me suis offert une entorse 🎁 je ne vous dis pas comment car c'est d'une manière très très très idiote.

Bon, je vous dis. Parce que malgré la douleur, c'est drôle. 

Sur Instagram, Threads, Bluesky, on me répond : Tu as porté des talons trop hauts ? On t'a offert un skate ? On m'écrit qu'on se fait une entorse rarement de façon intelligente, en glissant sur une feuille mouillée ou en loupant une marche ou un trottoir. Il n'y a qu'au cinéma ou chez Tex Avery qu'on fait des gadins acrobatiques en glissant sur une peau de banane. 

Pour ma part, j'ai saisi le caddie et, comme je l'ai fait tant de fois, quand j'étais gamin puis ado, j'ai posé mes deux pieds sur la barre transversale qui relie les deux roues arrières et j'ai dévalé la pente douce qui me mène à la voiture. Mais je n'ai plus sept ans, ni quatorze, ni vingt. Le chariot n'étant pas un kart ni un véhicule de course, au sens sportif du terme, pas de frein pour ralentir la vitesse, pas d'airbag pour amortir le choc. Sous le regard perplexe de mon mec qui m'attend au pied de la voiture, je tente vite fait un petit saut de gazelle pour me libérer du caddie et atterris sur le bitume du parking et... crac, ma cheville droite fait la danse de Saint-Guy. 

Je ne vous énumère pas les insultes dont je me suis couvert. La suite ressemble** au commencement de ma journée lorsque mon mari m'a déposé amoureusement un plateau sur le lit : il range les courses, sort le chien, cuisine, descend les poubelles, passe l'aspirateur sous mon regard reconnaissant, il m'apporte désormais le café sur demande. 


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* contrairement à la minute varappe racontée ici
** à une différence notable près, ma nouvelle compagne, la canne anglaise qui me soutient pour une petite semaine, peut-être.






lundi

Elisabeth Borne et mon mec harnachés de bleu

 


C'est un billet de feignasse que je vous propose aujourd'hui. Où je mêle des idées pas follement organisées. Quoique. Y a un petit rapport entre l'ex Première ministre et ses acolytes qui ont la bouche pleine de la "valeur travail" 🤮 et le livre de Lydie Salvayre aux éditions du Seuil : Depuis toujours nous aimons les dimanches avec son bandeau rouge coco : NE TRAVAILLEZ JAMAIS. Que je conseille chaudement. Mais ne nous égarons pas en politique. 

Mon mari souffrant d'une capsulite, il lui faut une attelle qui immobilise son bras pendant le sommeil. De la kiné, de la balnéo, des antidouleurs et beaucoup de patience. Et certainement pas les bracelets de pierres magiques qu'une internaute a vantés sur une page Facebook de gens souffrant de capsulite. Je note que les pigeons se trouvent facilement sur Facebook.

J'ai vu passer sur les réseaux une photo de Babeth harnachée de bleu. Je l'ai enregistrée dans mon tél puis l'ai envoyée à mon mec. Sans penser qu'il irait à la pharmacie et présenterait son téléphone et Elisabeth Borne en annonçant : bonjour, il me faut ça, s'il-vous-plaît !

vendredi

Blablalab


Même si je m'agace contre l'incompétence du service d'impression de photos et produits dérivés Lalalab* (ils me cherchent, ils me trouvent), je n'ai pas complètement perdu ma journée : j'ai appris le mot petrichor et l'existence d'une page Wikipedia consacrée à la pratique de l'hélicobite


* Vous qui avez demandé à votre moteur de recherche préféré ce que vaut Lalalab, voici mon retour d'expérience : dans mon panier du 14 novembre, des calendriers personnalisés à mettre sous le sapin de mes proches. Je crois encore au Père Noël. 3 semaines passent sans que ma commande ne change de statut. "En cours d'impression" : ils attendent probablement que l'encre sèche, me dis-je benêt. J'alerte le service client à propos de l'anomalie. On me rétorque que ma commande aurait en effet dû me parvenir fin novembre (tu m'étonnes Elton) et qu'on allait créditer mon compte client du montant de la commande ratée. En somme, on m'offre de passer une nouvelle commande chez eux, ce même fournisseur qui a perdu ma confiance. Renouveler la mauvaise expérience. Soit ils ont bu, soit ils ont vu Bernadette Soubirous apparaître en dessous chics dans leur navigateur, soit les deux. Comme j'ai été bien élevé, je dis merci mais non. Et je file chez la concurrence, sans oublier de leur rendre la monnaie de leur pièce, ce billet bien senti. En tout cas, j'attends de pied ferme le remboursement. Lalalab est incompétent mais peut-être pas malhonnête. Wait and see. 

Mise à jour 1er mars 2024 :
Naïf, je m'étais dit qu'avec le temps, Lalalab tiendrait compte des critiques et améliorerait son service. Que nenni. Dommage, car ils proposent des produits sympas et de qualité. Sauf qu'à vouloir réduire les coûts d'envoi pour tenir face à la concurrence, Lalalab a fait appel à un prestataire très doué pour bêcher de l'eau. Résultat, la réception totalement aléatoire des commandes. Conseil d'ami si vous testez Lalalab (si vous êtes masochiste), appelez la personne à qui vous destinez un envoi surprise. Oh bah zut, c'est plus une surprise, me dites-vous. Si vous ne vérifiez pas que le cadeau a été bel et bien reçu, votre ami, tante, cousine ou premier flirt, ne saura jamais que vous lui avez fait un cadeau. Puisqu'il y a de fortes chances pour qu'elle ou il ne le reçoive pas. Ne désespérez pas pour autant. Le service client vous offrira de repasser la commande. Et de repasser pour un nigaud auprès de l'heureuse élue qui n'aura probablement pas reçu ce deuxième essai. Peut-être le troisième si vous avez du temps à perdre. 

Et les Shadoks continuèrent de pomper. 




jeudi

Etutaf

 


Je sillonnais les petites routes de Gironde lorsque mon œil a frisé à la vue d'un repère sur la carte routière (celle de G**gle Maps — capture en illustration). Sur la carte : Etutaf. Définitivement fermé. Tu ne taffes plus, tu vas toquer à la porte de l'agence France Travail la plus proche, prenant toutefois soin de ne pas tomber en pâmoison devant le tout nouveau logo qu'aurait pu commettre n'importe quel minot de maternelle, la poésie en plus.

***

Si ça vous intéresse, voici ce que dit un communiqué officiel à propos du logo, commis par 14 graphistes 😮 :  

Ce logo porte l’image d’un service public de l’emploi rénové. La composition de points et de couleurs, déclinée sous une forme pouvant rappeler celle d’un hexagone, illustre le maillage et l’ancrage territorial de l’opérateur public de l’emploi à l’échelle de la France. Les cercles de couleurs et de tailles différentes représentent à la fois la pluralité des publics de l’établissement, celle des hommes et des femmes qui le composent, de son réseau de partenaires, des territoires où il agit et des services qu’il propose. L’imbrication de ces cercles suggère, au-delà de la diversité, l’idée d’un maillage et d’une rencontre (LOL) entre les demandeurs d’emploi, les entreprises et les différents acteurs de l’emploi. Ils évoquent aussi les différents territoires et la dynamique humaine et économique qui s’y joue partout en France. Les formes circulaires évoquent enfin l’accompagnement global des personnes dans toutes ses composantes sociales et professionnelles, mission première de France Travail et de ses partenaires du réseau pour l’emploi.

dimanche

La vendeuse et la chocolatine

– Vous êtes journaliste ?

La vendeuse pensait que je photographiais les prix des viennoiseries. Je lui explique que non, je taquine les gens sur les réseaux qui décrètent : il faut dire pain au chocolat et jamais, malheur ! jamais, chocolatine, gnagnagna. Je réplique que le mot chocolatine figure dans Le Robert, c'est un régionalisme. Comme la quiche est à la Lorraine et les tripes à la mode de Caen. La langue est assez riche pour tout le monde et les cochons sont bien gardés ou les torchons et les serviettes, bref. Je lui signale qu'à Biarritz il y a une boulangerie qui vend des chocolatines et des pains au chocolat "pour les Parisiens", dixit la vendeuse biarrote. Je n'ai pas vraiment dit tout ça, enfin, presque. On a taillé une bavette un dimanche matin à sept heures et des miettes. On a conclu elle et moi que l'important c'était la qualité de la chocolatine, pas les chamailleries, pas les polémiques stériles.

mardi

Trois lieus noirs sous la couette

 

on n'est pas mieux sous la couette ?

Avertissement ! Le billet qui suit est tiré par les couettes, pas les miennes, en tout cas. Pourquoi cette illustration ? (On n'explique jamais une blague. Expliquer une blague, c'est pas drôle. Bah, je le fais quand même.) J'ai quitté l'autre cornichon d'Elon pour Bluesky et Threads. Sur le nouveau mais pas vraiment nouveau réseau de Mark Z., j'échange avec Mélina. Elle réagit à ma photo postée à 7h. Mon cliché représente la ville encore ensommeillée et les lignes du Massif Saint-Cyr dans le lointain que je contemple en sirotant un café fumant. Mélina ne dit pas glagla mais pas loin : "on est lieux sous la couette." Lieux au lieu de mieux. Ni une ni deux, armé de mon téléphone et déjà dans le tram, je fabrique une réponse avec des lieus noirs sous une couette, j'ajoute un plateau gourmand et je publie ça pour la postérité. Je n'ai pas grandi...

J'ai grandi : je rédige aujourd'hui ma demande d'apostasie. 

Si on me demande pourquoi je veux que l'Église me débaptise, je rétorque : 330 000 victimes estimées depuis 1950 par le rapport final de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église (Ciase), publié en octobre 2021. 330 000 ! en France seulement. Sur ce sujet comme sur d'autres thèmes brûlants collant à la religion comme autant d'infâmies, je vous laisse avec un extrait de L'Anomalie, roman de Hervé Le Tellier. L'extrait illustre parfaitement mon rapport à la religion, à toutes les religions :

Lors de l'entretien qui devait lui ouvrir les portes du département des PsyOps, la responsable du recrutement avait demandé à Jamy sa religion, et la psychologue avait répondu : "Je n'en ai pas." La femme avait insisté : "Donc, vous êtes athée", jouant de son stylo comme si elle avait eu une case à remplir sur un questionnaire imaginaire. Jamy Pudlowski avait haussé les épaules : "Je m'en fous, Dieu, pour moi, c'est comme le bridge : je n'y pense jamais. Donc, je ne me définis pas par le fait que je me fous du bridge, et je ne me réunis pas non plus avec des gens qui discutent du fait qu'ils se foutent eux aussi du bridge."

 

À toutes fins utiles, voici un lien : apostasiepourtous.fr

mercredi

Plus belle la vitre

 

boutique bien-nommée Plus Belle la Vitre*

Au BMDP (bureau municipal de proximité), sur la vitre percée de trous de l'un des cinq guichets, un papier scotché sur lequel est écrit au marqueur noir : VITRE, accompagné d'un ⚠️

J'imagine les gens qui s'y sont cognés. Je me demande aussi pourquoi les autres guichets n'ont pas affiché la même alerte. L'employée du guichet B est-elle la seule à se soucier du bien-être des administrés qui lui rendent visite ? C'est un mystère que je m'empresse d'élucider. Car le hasard a bien voulu me faire appeler à la guérite de Marie-France. 

Nous ne nous connaissons pas. J'ai simplement remarqué un post-it scotché** sur un des appareils homologués. Y figurent ses nom, prénom et mot de passe pour un quelconque logiciel. Tandis qu'elle s'affaire à préparer mon dossier pour la future carte d'identité qui portera pour des décennies ma tronche renfrognée, j'observe son plan de travail, les fournitures méticuleusement alignées et perpendiculaires au clavier, ses doigts manucurés, ses ongles vernis de noir, une bague ornée d'un cœur en diamant. J'écoute les conversations des collègues joviales. Je me lance :

— Le panneau VITRE seulement sur votre guichet, c'est parce que vos collègues ne déplorent aucune victime ? 

— Oh non, il est en angle, les gens sont engoncés et, surtout, l'été, avec le soleil, les gens ne la voient pas et s'y cognent.

— Ils sont éblouis par ta beauté, glousse sa collègue de droite. 

On papote deux minutes, on se donne rendez-vous pour la remise du précieux sésame dans un mois environ, on se dit au revoir et bonne journée.



* Photo prise cet été et recyclée pour la gloire 🤭 vous avez compris le jeu de mots de la boutique ? La Bonne-Mère sur l'enseigne donne un indice aux circonspects.

** Je soupçonne les fabricants de petits papiers colorés et autocollants d'être de mèche avec la filière scotch: 

— On va faire en sorte qu'ils ne collent pas trop. Un peu mais pas trop. Ils vont s'équiper de scotch pour fixer nos post-it. C'est bon pour les affaires.


Les yeux en couilles d'hirondelle


Ce que je préfère dans cette photo, c'est la grande fenêtre en bas à droite au travers de laquelle perce la lumière d'une cuisine peut-être. Les yeux en couilles d'hirondelle, la voisine a appuyé sur l'interrupteur quelques minutes avant que je saisisse l'instant avec l'objectif de mon téléphone. Mue par son pilote automatique, elle joue aux auto-tamponneuses avec la porte du frigo qu'elle a oublié de refermer après avoir confondu jus de fruits et gaspacho, elle marmonne un pardon à la gamelle du chat qu'elle manque de renverser, elle s'empare du percolateur, y loge sa dose de café moulu, croit-elle, fait couler la boisson, s'approche de la fenêtre, porte à ses lèvres le mug sur lequel est écrit en gros caractères "bonjour chaton", elle se dit que le café a un goût un peu dégueu mais le boit quand même, elle se demande qui est l'endive en face qui la prend en photo, se retourne et fait savoir à son ami ou conjoint ou colocataire que son café a un drôle de goût. Il rétorque :

— Tu as confondu le café moulu avec le marc de café. 


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À propos du titre de ce billet, Médéric Gasquet-Cyrus, linguiste, spécialiste du marseillais et inventeur du jeu Motchus m'apprend l'expression : les yeux en pachole de fourmi. J'aime et j'adopte.

vendredi

Un bol pas très gay 🌈





C'est en magasinant sur la Toile, en quête de jolis bols en céramique bleus, que ma moitié tombe sur la pépite intergalactique qui sert de prétexte à ce billet. Vous avez vu, de vos yeux vu*, que le bol est décrit comme hétérosexuel 🤔. Vous vous dites, comme moi, encore une traduction improbable dont les internets ont le secret. Mais une traduction de quoi, au juste ? 

Je me le demande encore.

Je profite que vous soyez encore là pour vous (re)proposer, à la faveur de la journée mondiale de la gentillesse**, cinq billets guimauve-mais-pas-trop :

💜 Voisins, voisines 🍕

* On écrit bien "vu, de mes yeux vu". Le premier "vu" est souvent élidé mais toujours sous-entendu, vu ? (lien)
** On doit aux Japonais cette journée de la gentillesse (lien)

lundi

Joyeux ce qui vous plaira 🎄

 

L'esprit de Noël revu par mon mec, mais ce n'est pas lui qui a commencé, précise-t-il.
 
Deux  gamins, 8-10 ans, courent dans la rue, s'arrêtent lorsqu'ils croisent mon mec promenant le chien. L'un d'eux s'exclame :
– Ton chien, il est pas beau !
– Ta maman non plus, elle n'est pas belle.
 
Joyeux ce qui vous plaira 🎁🎄

jeudi

The queen of gênance 2


Merci (finalement) à Afida (et Bertrand Chameroy dans CàVous) pour ce fou rire bienvenu par les temps qui galopent. J'avais commis deux billets légers comme des Mon Chéri à propos de la reine de la gênance. Parce qu'elle maltraitait* la chanson de Guesh Patti et parce qu'elle se ridiculisait** encore sur un plateau télé :

👉 The queen of gênance

👉 Afida ou le doigt dans le nez

 

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* Euphémisme !

** Le grotesque est-il son fond de commerce ? Ses happenings l'aident-ils à vendre des disques ? Génèrent-ils plus de sympathie que de moquerie ? Fait-elle preuve d'autodérision ? Son auguste tante sait-elle que sa nièce par alliance est une bête de foire ? Vous avez 1 heure pour répondre à toutes ces questions existentielles. 

lundi

Comme un lundi

 

ce chien est malheureux...

Je troquerais volontiers ma place contre celle du petit. Le casque sur les oreilles, la petite branche microtée au niveau des babines, il répondrait aux appels (en télétravail), il cliquerait sur la souris pour faire glisser les mails dans les dossiers idoines, entre deux aboiements bien sonores à l'utilisatrice bougonne. Quant à moi, je me la coulerais douce (en télérepos).

Je dormirais une bonne partie de la journée les quatre fers en l'air, j'apporterais en sautillant de joie la baballe, insisterais pour qu'il joue avec moi, même lorsqu'il répond inlassablement : j'peux pas, je travaille (mais en langage canin). Je me rabattrais sur la laine à l'intérieur des charentaises, dépiauterais les chaussettes, je bondirais sur le plombier qui a la mauvaise idée d'aller et venir dans l'appartement de mes maîtres, je ferais une fête du tonnerre chaque fois qu'on songe à me passer la laisse pour me promener au parc. Quand on me couvre de bisous et que je n'ai pas envie, je marmonnerais dans ma barbe : Vous m'emmerdez avec vos bisous de vieille ! Mes croquettes, mes jouets, mes friandises, tomberaient automatiquement tous les mois sans que j'aie à bouger la moindre petite griffe ou le bout d'un ergot. 

Mais alors que je me contorsionnais pour me lécher les parties intimes, la sonnerie du téléphone retentit et me tire de ma rêverie. Notre toutou des îles chéri darde sur moi un regard réprobateur qui dit :

— Je te rends ta vie d'humain, rends-moi ma vie de chien !


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J'en profite pour faire un coucou amical à Sabine à La Réunion qui entoure d'amour ces chiens des îles qui ont la chance de tomber sur elle, qui survivent grâce à elle et à l'association La Tribu des Crocs Mignons 👈

mercredi

Afida ou le doigt dans le nez

j'étais débordé, au boulot

Avertissement : ironie inside 🚨

Je suis d'humeur taquine. Un pied de nez à la morosité, un doigt dans le nez sur ma PP* (sur Twitter car sur l'illustration, c'est dans l'oreille). Je n'ai pas le talent d'une Afida Turner pour illuminer le monde de mes trilles et faire oublier que cette courge farcie de Vladimir a le doigt sur le bouton. Je n'ai pas non plus le lyrisme** de François Bayrou pour vous faire croire aux lendemains qui chantent.

Mais pourquoi ce billet ? Pour une raison futile bien entendu. La voici :

Je m'amuse parfois à répondre à côté de la plaque ou, au contraire, au pied de la lettre, au ras des pâquerettes. (Pardon, j'use et j'abuse d'expressions imagées depuis le commencement de ce billet). À ceux qui, sur les réseaux, rétorquent "source ?" pour un tweet intéressant mais pas sourcé, je réponds par une photo de source. Liquide, pure, limpide. À mon amie Virginie qui s'enthousiasme à propos de la sortie du prochain album de Mylène Farmer (le 25 novembre) et s'exclame "tic tac" (le tic tac des secondes qui la séparent de l'acquisition de L'Emprise), je m'apprête à répliquer par une photo glanée sur les internets. M'en vais chercher une photo*** de Tic et Tac pour commenter sa publication sur Facebook. Et là... j'apprends que les voisins perturbateurs de Donald Duck se prénomment Chip & Dale. Vous le saviez, vous ?

Pourquoi n'a-t-on pas appelé les Chippendales les Tic et Tac ? C'était peut-être moins évocateur, moins affriolant, moins sensssssuel. Imaginez des stripteaseurs bodybuildés déguisés en écureuils.


* photo de profil. J'ai laissé PP pour la rime dans la phrase.

** je plaisante hein ! mais je précise avec une ** car le 1er degré fait en ce moment de gros dégâts

*** un dessin plutôt car personne n'a pu véritablement prendre en photo les célèbres écureuils (des tamias, en fait). Sauf leurs avatars à Disneyland.

samedi

Le grand bain

Le Feel Goudes. I feel good. Je me sens bien !

Nous traînons derrière nous nos caddies de vieille. De retour de courses, j'évoque l'idée (la lubie ?) de retourner à la piscine, une fois par semaine. La piscine est à portée de pas, 8 minutes à pied de l'appartement, ce serait bête de s'en priver. Ni lui ni moi ne sommes sportifs. Je scrute les tweets des gens partageant leurs exploits quotidiens d'un œil tour à tour sceptique, admiratif, incrédule.

Retour à ma lubie. J'irai en éclaireur. 

Je potasse les horaires, les conditions d'accès et d'hygiène (bonnet de bain), le tarif. Restent les inconnues qui saboteront peut-être le peu de volonté que je mets dans l'entreprise : vestiaires, consignes, lignes encombrées ou pas, marmaille ou pas, voire même les portes fermées sans préavis (ça m'est déjà arrivé, il y a de nombreuses lunes). 

Je me conditionne depuis le réveil. J'y vais, j'y vais pas. Je marmonne dans ma barbe, me traite de feignasse. Quelle va être l'excuse en bois pour ne pas ? 

Dérouiller mon corps gras et engourdi, avant la fin du monde. Je défie le sourire goguenard de mon mec, fais l'inventaire de mon sac à dos puis je file.

Bah voilà. C'était pas la mer à boire ! 


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L'illustration : ma participation au défi #Photoctober2022 lancé par YannCPhoto sur Twitter. J'ai pris la photo aux Goudes, Marseille.

mercredi

Qu'est-ce que t'es laide !

Rentrant du boulot, je croise le chemin de la dame qui illustre le billet Sapée comme jamais. Dans ce papier léger et optimiste, j'évoquais en creux l'élégance comme rempart contre la morosité. La nécessité du beau. Et malgré l'épisode furtif que je vais vous narrer, je persiste à penser que le beau, le bon, le généreux réparent le monde. Mais le beau n'est pas nécessairement bon. 

Démonstration.

Cette dame probablement au crépuscule de ses soixante-dix ans descend la rue Montricher tandis que je la remonte. Elle allonge le bras et me presse l'épaule avec sa main. Que veut-elle ? J'ai beau l'avoir croisée quelques fois, je ne connais que son air apprêté, sa garde-robe bariolée et le toutou au bout de sa laisse. Un rictus de dégoût déforme son visage. Elle désigne du doigt la jolie jeune femme en robe à fleurs flottante en bas de la rue. 

– Non mais regardez. Ce cul énorme, ces cuisses, c'est horrible, non ? 

Je suis tellement estomaqué que je n'ai pour réponse qu'un pathétique :

– Elle fait comme elle peut.

Je ramasse encore mes bras de stupéfaction et m'en veux de lui avoir dit ça.

Si j'avais la possibilité de rembobiner la cassette de mon chemin et croiser l'ignoble trace de cette harpie, je lui répondrais :

– Vous êtes très élégante... mais pourrie de l'intérieur. 


mardi

Bye bye Régine

Encore un peu de légèreté. Les billets légers, je sais faire. Légers sans être creux, j'espère. 

J'ai déjà raconté ici et là mes rencontres furtives avec des vedettes, des artistes, des stars parfois. Habiter Paris facilite les choses. Travailler dans l'hôtellerie aussi. Allez, un peu de name-dropping. J'ai papoté avec Petula Clark, Tilda Swinton, Jessica Lange, Paris Hilton, Robert Hossein, Elsa Zylberstein, Audrey Tautou, Pierre Etaix. J'ai tenu la jambe à Philippe Caubère. J'ai joué la doublure main de Jean Alesi mais sans le croiser. J'ai taté des œufs dans Amélie Poulain, rue Lepic.

C'est en 2014. Un lundi de mai. Le tout-Paris est convié au Balajo, dancing mythique de la rue de Lappe, à Bastille, pour une soirée guingette sous la houlette de la reine des nuits parisiennes, Régine. Un verre de vin blanc à la main pour me donner une contenance, car je n'ai jamais été à l'aise dans les soirées people, j'approche de l'interprète de La grande Zoa, je veux lui dire merci pour l'invitation et bravo pour sa carrière :

– Bonsoir, je...

Armée de sa gouaille légendaire, elle m'interrompt et dit :

– Je vais faire pipi. 


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Régine est morte le 1er mai 2022 à l'âge de 92 ans. (Télérama)

Et en tête de gondole : une nonnette au miel des petites choses

 

 


jeudi

Un soleil carré et des voitures empilées


Billet sans queue ni tête, comme d'habitude. 

7h30. Je m'apprête à prendre le tram et fais un crochet par la rue Espérandieu pour capturer l'image qui m'interpelle tous les matins, cet immeuble jaune bouton d'or et les voitures qui semblent empilés les unes sur les autres. Est-ce qu'à l'instar du bouton d'or, la fleur que j'approchais, enfant, du cou de mes camarades de jeux pour savoir s'ils aimaient le beurre, l'approche de l'immeuble te révèle que tu préfères le beurre salé ou le beurre doux ? Une motte de beurre carrée posée dans la ville. Ou un soleil cubique et des voitures empilées, ma façon de voir les choses. 

J'ai dans les oreilles la voix de Laure Calamy interviewée par Antoine de Caunes (émission). Sa joie est communicative. Elle irradie de vérité dans le film de Cécile Ducrocq, Une femme du monde (disponible en VOD). Nous l'avions adorée dans Antoinette dans les Cévennes, film pour lequel elle a reçu le César de la meilleure actrice en 2021. Sans grande surprise, nous l'avons adorée dans Une femme du monde. 

Et du coq à l'âne : avant la VOD, il y avait les vidéoclubs*. J'enfourchais mon vélo pour me rendre à la boutique du village. A la recherche de la nouveauté en version originale, une denrée rare, j'errais dans les rayons, fasciné par un choix qui me semblait prolifique mais ridicule aujourd'hui face à l'offre internet. Le vidéoclub, voire les distributeurs de cassettes VHS sur le parking désert de l'hypermarché en périphérie des villes un dimanche soir, c'était ma VOD de l'époque. 

J'ai fait les boutiques hier, les boutchiques (avec l'accent marseillais). J'ai acheté pour une amie des séparateurs d'orteils en forme de fraises pour pédicure.

Aujourd'hui, penser à souhaiter bonne fête à toutes les Valérie qui m'appellent, si elles m'appellent. 

C'est tout.

 

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* Un vidéoclub, vidéo-club ou club vidéo, est une boutique de services permettant la location de films (ou plus rarement d'autres productions audiovisuelles telles que des séries télévisées) sur support vidéo (essentiellement cassettes VHS puis DVD, ou plus récemment HD DVD et Blu-ray) afin de les visionner à son domicile, sur son téléviseur, avant de les rapporter. (source Wikipedia