Quand la vie est trop courte pour râler ou s'acheter des fleurs demain, j'invite le lecteur à s'émerveiller des petites choses. Dans les sillons creusés par l'inattendu ou le hasard, je sème les graines d'un regard humain, parfois mordant, et compose régulièrement un bouquet de rencontres ou d'échanges piquants, insolites, simples.

jeudi

Les gabians se cachent pour ouïr mes platitudes

Par un mardi soir du mois de mars à Marseille. Cliquez pour agrandir la photo ou pour voir chez le voisin ;-)

Que vous raconter si ce n'est des platitudes. Alors ne rien écrire. Ou plutôt attendre. Observer, écouter, lire et laisser infuser. Et parfois la banalité, ramasser le linge qui a fini de sécher côté mistral, ouvre une fenêtre de contemplation. Coucher de soleil un mardi soir à Marseille.

Deviner l'intérieur dépouillé du voisin d'en face. Ses étagères sont vides depuis des mois. Il préfère peut-être dé-matérialiser, la lecture, la musique, les jeux, les voyages. Intérieurs. En VPN. L'immensité ou le vide abyssal, l'un et l'autre crachés en 4G par les antennes relais juchées sur la terrasse de l'immeuble voisin.

Oh le beau soir entre orange et noir.

Deviner les viaducs à l'ouest de l'Estaque le long de la Côte Bleue, les gabians sur les cheminées et leur vue sans vis-à-vis sur la Mer Méditerranée, sur les humains, ces pauvres âmes confinées qui ont bâti leurs perchoirs en béton armé, qui conspirent et peinent à inspirer, qui croient la Terre plate, qui appellent les secours pour un oui ou pour un non, qui hésitent à se serrer la pince, à s'embrasser mais s'agglutinent pour battre le record mondial du plus grand rassemblement de Schtroumpfs.

Oh le beau couchant sur la planète Terre côté face. Oh le beau jour qui se lève côté pile.


12 commentaires:

  1. Oh la belle fenêtre sur la réflexion :)
    J'aime bien ce qu'on peut imaginer quand on espionne malgré soi nos voisins, qu'on imagine leur vie à travers le petit bout de la fenêtre!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'ai été toujours été fasciné par la vie des autres, surtout quand ils ne mettent pas de rideaux ou ne ferment pas les volets :)

      Supprimer
  2. Coucou Laurent. Ton plus beau texte depuis que je te lis. Merci pour cette carte postale crépusculaire.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Coucou itou. Oh merci <3 Ce billet a été écrit un peu au fil de l'eau, très content qu'il te touche !

      Supprimer
  3. Laurent,
    Ces petits riens de la vie ordinaire qui la font belle à vivre...
    Merci pour ce partage intense.
    Bisous bruxellois.
    Ben

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci de ta fidélité aux petits riens que je sème ici. Bises du Sud.

      Supprimer
  4. Zette et vous-même, cher Laurent, vous demandez comment vivent les gens. C'est depuis longtemps une de mes interrogations. La lecture des blogs m'aide à trouver des réponses. En outre, vous m'avez appris un nouveau mot, gabian. Merci.
    Bonnes pensées de Bruxelles.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oh 2 Bruxellois coup sur coup !
      Pour assouvir notre curiosité, il y a les blogs, il y a les réseaux sociaux où beaucoup s'épanchent. Ma préférence va à l'écriture, tu t'en doutes. J'ignorais moi aussi le mot gabian avant que mes collègues marseillais ne me l'apprennent. Merci pour tes bonnes pensées, je t'en retourne autant d'ici.

      Supprimer
  5. Belle carte postale... avec le "plus" du voisin ;)
    Merci pour cette parenthèse de fin de journée.
    Bises de Paris !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ce voisin qui se contente d'étagères complètement vides depuis des mois me fascine, tu l'as deviné ;) Merci de ta lecture et je te retourne des bises ensoleillées !

      Supprimer
  6. Bisous et merci Laurent pour ta poésie qui embellit nos journées parfois éreintantes.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Hello Sandy, il faut continuer de vivre (même confiné ou prudent), de lire, écrire. Des bises virtuelles et néanmoins chaleureuses.

      Supprimer

Un commentaire, ce peut être un coucou, une amabilité, un point de vue divergent, un trait d'esprit, un signe de votre passage.

Pour celles et ceux qui n'osent pas (je ne mords pas) ou n'y parviennent pas, c'est tout simple :

1) Tapotez votre bonjour dans le formulaire de saisie ci-dessous
2) Sous Choisir une identité, cochez Nom/URL
3) Saisissez votre nom (ou pseudonyme ou si vous êtes timide le nom de votre cousine) après l'intitulé Nom
4) L'URL ne désigne pas l'Uto-Rhino-Laryngologie mais bien le lien d'un blog ou de n'importe quoi d'autre que vous jugerez bon d'accrocher à votre identité, la page Wikipedia de Sheila par exemple ; ou rien.
5) Cliquez sur Publier commentaire

Et le tour est joué. Elle est pas belle, la vie ?