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Quand la vie est trop courte pour râler ou s'acheter des fleurs demain, j'invite le lecteur à s'émerveiller des petites choses. Dans les sillons creusés par l'inattendu ou le hasard, je sème les graines d'un regard humain, parfois mordant, et compose régulièrement un bouquet de rencontres ou d'échanges piquants, insolites, simples.
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lundi

J'ai testé BeReal

 

au boulot !
 

Avertissement. Je tutoie le lecteur. 

J'aurais pu poster la photo de mon héroïne de ce lundi. Elle qui, miracle, n'a pas jeté son mégot sur la voie publique, qui s'est servi de son cendrier de poche, qui a ramassé la chiffonnette de mon voisin de tram et lui a même offert un sourire. Tout n'est pas perdu, hein. Je ne l'ai pas photographiée parce que 1) je n'avais pas encore reçu la notification BeReal (je vous explique après ce préambule) 2) je photographie très rarement les gens sans leur consentement.

C'est quoi BeReal ?

C'est français, c'est l'anti Instagram où presque tout est léché, retouché, formaté. C'est le nouveau réseau social qui monte, chez les ados, surtout. Comme je n'ai pas beaucoup grandi, je m'amuse à tester ce nouveau joujou. Mes 3 nièces, Alice, Lucie, Louise, qui ont respectivement 20 ans, 17 ans, 13 ans, en sont adeptes. 

Je savais que ça te plairait, m'a dit l'amie Élodie

Les moins jeunes comme Élodie, Nicolas, Frédéric, Batolde ou moi-même, sommes curieux (oisifs ?) et jouons le jeu.

BeReal. Sois vrai, sans filtre, en direct, sans mise en scène. Des notifications aléatoires, jamais à la même heure, qui te proposent de déclencher l'obturateur de ton téléphone : deux photos en une, le selfie côté pile, et côté face, l'espace, le paysage ou les gens devant toi. Les publications ont une durée de vie en ligne limitée : 24h. 

* 1ère alerte ce matin. Je dispose de 2 minutes pour saisir un instantané, sans chichi, sans mise en scène, sans retouche. Les 2 minutes sont écoulées ? Trop tard, l'instantané devient un "late". La photo ne te plaît pas ? Tu la refais, le nombre de reprises apparaît sur ta publication. Le défi consiste à capturer ces morceaux de vraie vie dans les 2 minutes imparties. Le défi est relevé ? Tu as droit à 2 autres instantanés dans ta journée. Tu ne l'as pas relevé ? C'est pas bien grave : ta photo en retard ou reprise reste ta seule contribution du jour. Le jeu reprend le lendemain. 

* Tu peux néanmoins réagir et/ou commenter les publications de tes abonnés. L'intérêt c'est aussi et surtout de jeter un œil fureteur et complice aux images, au quotidien de tes abonnés.

* L'émoji est fait maison. Tu prends une photo d'une réaction : tu lèves le pouce ou tu arbores une expression ahurie ou hilare ou encore tu façonnes un cœur avec les doigts. 

Au bord du burnout, je poste une photo des dosettes en aluminium jamais recyclées, une autre de la mare de Coca dans le bac à légumes. Je dépose enfin un 🥰 sur la photo d’Élodie qui erre comme une âme en peine dans le couloir ou un 👍 à la bière de circonstance postée par Nicolas ou un 😍 envieux sur le selfie piscine de Lucie à 14:00:22 

 

jeudi

David est tartignole

 

On me chuchote que le David au bout du Prado est tartignole*. C'est pas faux. Mais pour les Marseillais, il est incontournable. Enfin, si, on le contourne puisqu'il se pavane au centre d'un rond-point. On le contourne par la gauche pour atteindre Borély ou la Pointe-Rouge ou encore la Madrague de Montredon où j'ai conduit l'amie Élodie, récemment, entre deux averses. Ou par la droite pour rejoindre le bas de la Corniche côté Roucas-Blanc (chez les riches) où je me rendais ce matin. J'ajoutais ma microscopique pierre à l'édifice des JO, pour la branche informatique, une dérisoire mais palpitante virgule logistique pour les répétitions générales qui se déroulent ce mois de juillet, un an avant le lancement des épreuves locales. 

Pour une quinzaine de jours, j'enfilerai un polo orné de Phryges aux yeux bleus et siroterai mon café avec vue mer Méditerranée. 


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* Tartignole : sot ou un peu ridicule ou laid. Non content d'être tartignole, Afida Turner est gênante

Merci Arbrav pour l'idée du titre de ce billet 😉👍🏻

mercredi

Le week-end de cinq jours

C'est à Callelongue - Marseille 8e

C'est aussi à Callelongue - Marseille 8e
 

Le "week-end" de cinq jours a commencé par un raté, dérisoire, puis une étreinte, essentielle.

Jeudi soir. Quichenettes, tatziki, mousse de tomates séchées. Tout maison. Bon, disons net que tout est maison, je vous épargnerai des répétitions à tire-larigot.

Vendredi. Un petit jaune dans le Panier avec Annie. Bœuf bourguignon sensationnel qui a mijoté cinq heures et dix minutes. Crumble. 

L'amie Élodie Jauneau s'est fendue assez vite d'une carte postale sur les réseaux qui m'a beaucoup plu (parce qu'elle renvoie à l'enfance). Elle a envoyé un cliché de Callelongue, le bout du bout de Marseille, où nous l'avons emmenée en autopartage (réussi, cette fois-ci). Elle a écrit :

Ici, tout va bien, il fait beau. Les monos sont gentils, je dors bien et la cantoche est super bonne. Il y a aussi un petit chien très mignon. Bisous.

Elle nous a offert une carte ornée d'un zizi coloré. "Prenez le kiki sans poils, avait suggéré le caissier de la boutique du Mucem, il est plus rigolo que le kiki avec poils," une bouteille de rouge, un joli plateau design jaune éclatant barré du slogan "happy". 

Happy, comme nous, en somme.

Happy de partager des moments de joie simple. Happy de contempler la mer depuis la Calanque de Saména, d'admirer le parterre de griffes de sorcière en fleur, de respirer l'air du large, fenêtres de l'auto partagée ouvertes, sur la route qui serpente entre les Goudes et Callelongue où nous avons trinqué à l'amitié. Happy de pouffer comme des enfants lorsqu'on remarque un monsieur tout nu, au loin. Mais non, il a un string, dit mon mec. Pfff, c'est un pli de gras que tu vois, rétorque l'amie, méticuleuse. De fredonner une chanson de Henri Salvador qui reste dans la tête (les vocalises, surtout).

Samedi midi. Œufs mollets, velouté de petits pois, noisettes et lardons. Samedi soir. Camembert rôti sur écrasé de pommes de terre aux lardons et épices.

Dimanche midi. Sandwiches et bières. Soir, trois pizzas, une blanche (crème fraîche), deux classiques (sauce tomate et quatre fromages et olives noires sans gluconate ferreux).

A Fontaine-de-Vaucluse, charmant village où la Sorgue jaillit d'un impressionnant gouffre, nous nous sommes joints aux badauds pour dépenser une dizaine de kilocalories au mieux. Sans dépenser un centime chez les attrape-touristes avec leurs babioles moches et ou misogynes (sculptures sur bois "Fanny, tu la tires ou tu la pointes" 🤮), nous nous sommes posés sur les chaises Luxembourg couleur miel du restaurant Philip, à l'heure du chocolat liégois et des fraises melba. Une voisine de tablée qui faisait chut toutes les 27 secondes à son chien aboyant toutes les 27 secondes nous a sortis de notre rêverie. Taquin, mon mec s'est joint au duo de la dame et son chien en faisant chut à son tour toutes les 27 secondes. J'ai fait chut à mon mec. On a ri. 

Sur la route du retour, les petits ont dormi pendant que je conduisais. C'est aussi ça, le bonheur. 

Lundi midi. Poulet fermier et ses pommes de terre en cocotte. Le classique du dimanche mais un lundi. Îles flottantes.

Puis sous l'œil goguenard des gabians passant par là, nous avons flotté à l'horizontale sur nos canapés respectifs jusqu'au départ de l'amie.

Telle la Reine Mère, elle a agité la main et salué la foule de Saint-Charles et Notre-Dame-de-la-Garde au loin. Elle est partie avec le soleil, le plein de navettes et de tendresse.  


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L'amie a écrit sa version ici 👈

Mise à jour 2.06.2022

Après trois petits mois d'essai, j'avoue être très déçu par Citiz. Je mettais les cafouillages, les ratés, sur le compte de la malchance et d'utilisateurs peu respectueux. Je vous épargne les détails et la littérature peu amène de la directrice de Citiz Provence qui nous menace et nous assimile aux sagouins qui détériorent son service. Oserais-je lui suggérer de reprendre les modules "accueil", "relation client" et "gestion de litige" qu'elle a omis d'étudier pour d'obscures raisons ? Bref, nous avons résilié notre abonnement.