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Quand la vie est trop courte pour râler ou s'acheter des fleurs demain, j'invite le lecteur à s'émerveiller des petites choses. Dans les sillons creusés par l'inattendu ou le hasard, je sème les graines d'un regard humain, parfois mordant, et compose régulièrement un bouquet de rencontres ou d'échanges piquants, insolites, simples.
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dimanche

monsieur fraises au pluriel

monsieur fraises dessiné par le patron de Dis bonjour à la dame


Nouvel horizon. 

J'ai ouvert un nouveau blog. Je vais prendre le temps pour l'aménager, faire, défaire, refaire, déplacer les meubles, changer la couleur des murs. Le blog qui vous distrait depuis 2009 va petit à petit rentrer en sommeil. Les billets, les pages restent. Là-bas, j'ai déjà publié 19 billets. Des bribes, sorte de journal de bord, des billets exportés, rescapés, remaniés. Les curieuses, les curieux, observeront sa mue. Les fidèles ne seront pas dépaysés, il y a toujours des fraises : monsieurfraises.fr 


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Un énooooooooooooorme merci Matoo pour les conseils et l'hébergement 😘

Le mot du jour IWAK était horizon

IWAK : Inktober with a keyboard, EncrOctobre avec un clavier 😉

mercredi

Les yeux en couilles d'hirondelle


Ce que je préfère dans cette photo, c'est la grande fenêtre en bas à droite au travers de laquelle perce la lumière d'une cuisine peut-être. Les yeux en couilles d'hirondelle, la voisine a appuyé sur l'interrupteur quelques minutes avant que je saisisse l'instant avec l'objectif de mon téléphone. Mue par son pilote automatique, elle joue aux auto-tamponneuses avec la porte du frigo qu'elle a oublié de refermer après avoir confondu jus de fruits et gaspacho, elle marmonne un pardon à la gamelle du chat qu'elle manque de renverser, elle s'empare du percolateur, y loge sa dose de café moulu, croit-elle, fait couler la boisson, s'approche de la fenêtre, porte à ses lèvres le mug sur lequel est écrit en gros caractères "bonjour chaton", elle se dit que le café a un goût un peu dégueu mais le boit quand même, elle se demande qui est l'endive en face qui la prend en photo, se retourne et fait savoir à son ami ou conjoint ou colocataire que son café a un drôle de goût. Il rétorque :

— Tu as confondu le café moulu avec le marc de café. 


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À propos du titre de ce billet, Médéric Gasquet-Cyrus, linguiste, spécialiste du marseillais et inventeur du jeu Motchus m'apprend l'expression : les yeux en pachole de fourmi. J'aime et j'adopte.

lundi

J'ai testé BeReal

 

au boulot !
 

Avertissement. Je tutoie le lecteur. 

J'aurais pu poster la photo de mon héroïne de ce lundi. Elle qui, miracle, n'a pas jeté son mégot sur la voie publique, qui s'est servi de son cendrier de poche, qui a ramassé la chiffonnette de mon voisin de tram et lui a même offert un sourire. Tout n'est pas perdu, hein. Je ne l'ai pas photographiée parce que 1) je n'avais pas encore reçu la notification BeReal (je vous explique après ce préambule) 2) je photographie très rarement les gens sans leur consentement.

C'est quoi BeReal ?

C'est français, c'est l'anti Instagram où presque tout est léché, retouché, formaté. C'est le nouveau réseau social qui monte, chez les ados, surtout. Comme je n'ai pas beaucoup grandi, je m'amuse à tester ce nouveau joujou. Mes 3 nièces, Alice, Lucie, Louise, qui ont respectivement 20 ans, 17 ans, 13 ans, en sont adeptes. 

Je savais que ça te plairait, m'a dit l'amie Élodie

Les moins jeunes comme Élodie, Nicolas, Frédéric, Batolde ou moi-même, sommes curieux (oisifs ?) et jouons le jeu.

BeReal. Sois vrai, sans filtre, en direct, sans mise en scène. Des notifications aléatoires, jamais à la même heure, qui te proposent de déclencher l'obturateur de ton téléphone : deux photos en une, le selfie côté pile, et côté face, l'espace, le paysage ou les gens devant toi. Les publications ont une durée de vie en ligne limitée : 24h. 

* 1ère alerte ce matin. Je dispose de 2 minutes pour saisir un instantané, sans chichi, sans mise en scène, sans retouche. Les 2 minutes sont écoulées ? Trop tard, l'instantané devient un "late". La photo ne te plaît pas ? Tu la refais, le nombre de reprises apparaît sur ta publication. Le défi consiste à capturer ces morceaux de vraie vie dans les 2 minutes imparties. Le défi est relevé ? Tu as droit à 2 autres instantanés dans ta journée. Tu ne l'as pas relevé ? C'est pas bien grave : ta photo en retard ou reprise reste ta seule contribution du jour. Le jeu reprend le lendemain. 

* Tu peux néanmoins réagir et/ou commenter les publications de tes abonnés. L'intérêt c'est aussi et surtout de jeter un œil fureteur et complice aux images, au quotidien de tes abonnés.

* L'émoji est fait maison. Tu prends une photo d'une réaction : tu lèves le pouce ou tu arbores une expression ahurie ou hilare ou encore tu façonnes un cœur avec les doigts. 

Au bord du burnout, je poste une photo des dosettes en aluminium jamais recyclées, une autre de la mare de Coca dans le bac à légumes. Je dépose enfin un 🥰 sur la photo d’Élodie qui erre comme une âme en peine dans le couloir ou un 👍 à la bière de circonstance postée par Nicolas ou un 😍 envieux sur le selfie piscine de Lucie à 14:00:22 

 

mercredi

Au ras des pâquerettes

 

Je n'ai pas eu le temps (ou pris le temps) d'aller chez la fleuriste et acheter un bouquet de roses importées du bout du monde. J'opte pour des pâquerettes cueillies en bas de chez nous. Circuit court, zéro émissions carbone. Si l'on omet l'usage de l'ascenseur et la fabrication et l'acheminement du papier de soie. Du haut de son balcon, une voisine darde sur moi et le chien (surtout) un air inquisiteur. Tel un diable de Tasmanie, le petit bondit sur la pelouse interdite. Je le ramène sur l'asphalte autorisé, il zigzague, virevolte, tire sur le bras qui tient la laisse... et les fleurs qu'il happe au vol. C'est sportif mais bon an mal an, je parviens à composer mon bouquet.

Sans transition.

Je découvre que j'ai droit à cinq jours ouvrés pour "mariage du salarié". Je m'en ouvre auprès de ma moitié.

— Imagine, le nouveau collaborateur qui tombe amoureux de son chef, ce sont des choses qui arrivent.

— Dans les films ! ironise-t-il.

— Dans la vraie vie aussi.


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Post scriptum : j'accepte très volontiers vos gentilles félicitations en commentaires mais le passage en mairie n'est encore qu'au stade de l'ébauche.

lundi

The queen of gênance

J'adore cette chanson !


 

Titre : la reine de Malaise TV, c'est Afida, pas Guesch. Guesch Patti forever 💝

 

Je lis dans la presse du jour que les mots brouteur, chiller et gênance font leur entrée dans le Petit Robert. 

Chiller

Cet été, je demande à ma sœur si elle connaît la signification de l'anglicisme. Occupé à chiller au bord de la piscine, justement, je propose à Alice de nous éclairer. Elle nous donne alors une définition très proche de celle du Petit Robert : ne rien faire et être bien. 🏖

Gênance

La reine de la gênance, c'est Afida Turner. La belle-fille malaisante de Tina Turner reprend le tube de Guesch Patti, Étienne. Afida se casse la marboulette en plein direct ou fait mine de chanter dos au micro en se massant les cheveux, peut-être son vrai talent. Pour laver mes oreilles de son abominable reprise, je réécoute la chanson culte qui restera n°1 du Top 50 pendant 5 semaines, en janvier 1988. Le clip avait été censuré, toutes chaînes confondues (sauf C+). J'ai sur mes étagères le vinyl du 2e titre, Let be must the queen. 😍

Brouteur

C'est Sylvie sur Facebook qui me dit que j'ai affaire à un brouteur. Un arnaqueur. Un compte Instagram qui, se faisant passer pour une jeune femme pas très habillée qui chille, broute la laine sur le dos des moutons, plume les pigeons qui ont la faiblesse de croire qu'elle habite près de chez eux, toute disposée à leur vendre ses charmes. 🍑

Je vous laisse les 3 captures qui ont fait se gondoler mon mec. Si ça vous fait rire, je n'aurai pas perdu ma journée.




 

samedi

Bonne fête Arielle 💝

Bonne journée internationale du café à tous ☕ je lis (les internets sont géniaux 😁) que c'est la journée mondiale des personnes âgées 👵 et de l'urticaire. Nous célébrons également les Thérèse et les Arielle.

Bonne fête à Arielle Dombasle si elle se gratte en buvant son café !  

C'est tout

jeudi

Bonjour monsieur !

j'ai fait un détour pour photographier cette rose (abîmée, fragile, imparfaite, et pour toutes ces raisons, magnifique) et vous l'offrir
 

Aujourd'hui j'ai croisé une petite fille. Elle tenait la main de son papa perdu dans la contemplation de son téléphone. Elle m'a dit bonjour. Je lui ai dit bonjour. 

— Papa ? Tu ne dis pas bonjour au monsieur ?

 

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Ça me fait penser à cet intermède dans le métro avec l'amie Amandine : la fillette et le pitre

samedi

Le lave-vaisselle


Notre nouveau lave-vaisselle rentre pile poil 😉  

Je sors mes chemises froissées du placard et me perds dans le dédale d'une corvée entrelardée de bouts de loisirs, d'échappées, de réflexions microscopiques. Le repassage qui devait peu ou prou durer une petite heure s'avérera interminable. Je m'éparpille. Tout est prétexte à interrompre la tâche. J'ai soif et vais chercher une bouteille d'eau au frigo – nous n'avons plus d'eau en cuisine depuis trois jours. Je ris de voir le plombier (illustration) – pauvre bougre qui trime depuis avant-hier pour changer la colonne sur 9 étages. J'immortalise l'instant et poste ma blague potache sur les réseaux. Mon voisin du dessous se bidonne, car il a vu mon post FB. Mollement concentré, je songe au repassage qui s'impatiente, je bifurque par le salon pour faire un câlin à la chienne. Fin des papouilles, retour à la planche. Hop une épaule de chemise, une manche. Les coups de klaxon me tirent de ma rêverie. Je me penche pour voir ce qui attise l'agacement des automobilistes en bas. La tradition marseillaise n'est ni la navette ni le p'tit jaune mais le stationnement en double ou plutôt triple file. À l'aise Blaise. Un véhicule GCUM empêche le car Zou de faire sa manœuvre. Le chauffeur se fait aider par le tenancier du Bar-PMU, le même contre lequel nous pestions quand, ivre, il jouait aux boules avec* ses clients sur la voie publique, de nuit. Las du grabuge en bas de l'immeuble, je retourne à la vapeur réconfortante de ma corvée. J'enfile la chemise dans le coude de la planche, je glisse sur le coton et m'égare encore. Je soupire d'aise au souvenir de ma démission remise en main propre avant-hier, à la mine déconfite de mon directeur, je lève mon fer à l'avant-dernière corvée de repassage !

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--> Où j'enfile des perles de ma vie d'hôtelier

*Les mots sont dans le bon ordre, ouf !