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Quand la vie est trop courte pour râler ou s'acheter des fleurs demain, j'invite le lecteur à s'émerveiller des petites choses. Dans les sillons creusés par l'inattendu ou le hasard, je sème les graines d'un regard humain, parfois mordant, et compose régulièrement un bouquet de rencontres ou d'échanges piquants, insolites, simples.
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lundi

Mon père ce héros... fatigué.


La compagnie d'une poule quand il pouvait encore jardiner, il n'y a pas si longtemps.

Saloperie de maladie. Je voudrais ne penser qu'à l'homme qu'est mon père et non à ce qu'il était, je n'y arriverais pas. Quand il ne peut pas se raser sans trembler au point de se couper, quand il pleure, lui qui n'avait jamais exprimé ses émotions, lui qui, "élevé à la dure" ne s'est jamais autorisé une once de faiblesse, quand il dit qu'il est au bout du rouleau, veut qu'on soulage sa souffrance physique et morale, et l'on va de spécialiste en neurologue en tout-ologue en urgences en hospitalisation et j'en passe des vertes et des pas mûres (des années qu'on cherche) et des je te le fais poireauter par 30° au soleil au pied d'un hélicoptère qui tarde à l'emporter, une demi-heure c'est long quand on vous a dit à demi-mot que vous allez passer l'arme à gauche d'une minute à l'autre. Et puis immense OUF quand deux heures plus tard on lui délivre le diagnostic contradictoire. L'aorte au niveau du cœur n'a pas pété comme on vous l'a initialement annoncé. Votre souffrance n'est pas de notre ressort, rentrez chez vous.

Quand les traitements abîment plus qu'ils ne réparent ou même soulagent... mais sont devenus aussi indispensables que l'air qu'il respire.

Il ne nous reste plus qu'à offrir la seule chose que ne donne la médecine, l'amour. Et ses preuves : l'épaule, le bras, l'oreille et les minuscules actions quotidiennes pour soulager et espérer.

Papa, tiens bon, j'arrive.