Le blog d’un animal mâle qui aime : Paris, le bruit des haricots verts que l’on équeute, le Petit Robert, ouvrir une vieille armoire, French & Saunders, le champagne, ses cravates Burberry reprisées, le premier café de la journée, Les Nuls l'Emission, courir dans la neige comme un gamin, les raccourcis clavier, la compagnie des livres, Ella Fitzgerald, son araignée au plafond, l'étreinte d'un homme, l’autodérision, Wall-e, lézarder au soleil, les poncifs :)

dimanche

Les mains de mon père


Ces mains ont semé planté bêché cueilli pétri,
Elles ont ramassé des cèpes, les ont cuisinés,
Ces mains ont chassé pêché ramé écrit construit,
Elles ont aimé ses frères, sa sœur, ma mère,
Il s’en est fallu de peu pour qu’elles ne touchent plus,
et n’essuient plus de larmes.
J’ai effleuré ces mains sur un lit d’hôpital,
j'y ai puisé la force de continuer à vivre, aimer et rire.

Papa, ce poème, tu ne le connaissais pas.
Les mots qui l'irriguent sont une preuve de l'amour que je te porte.
Une sorte de rempart que j'érige contre la maladie qui t'abîme.
Ce que je vais te dire te semblera bien naïf, venant de moi, un presque jeune homme bien portant, qui ne connaît pas, comme toi, dans sa chair, dans son âme, la souffrance, la privation de ses capacités d'antan...

Mais je te le dis avec amour :

Tu es vivant, tu as sous les yeux, auprès du cœur une femme, deux enfants, trois merveilleux anges que sont tes petites-filles, un jardin que tu ne pourras certes pas modeler entièrement selon ton désir mais qui te réserve ses éclats de surprises, de bonheur. Tu as à portée de main ces mésanges, rouges-gorges et chardonnerets, que tu guettes du coin de l'œil, cette chatte que tu as apprivoisée et qui accourt à ton approche des arbres fruitiers endormis. Ce jardin ou un autre. Ces ingrédients qui attendent de se frotter à ton inventivité, ton talent de cuisinier.
Et les millions d'instants qui éveillent ton amour de la vie et ton âme d'enfant.

Aujourd'hui je reprends ce texte et tu n'es plus là,
Je pense à toi.

13 commentaires:

  1. Cher Laurent,
    Il n'est pas de jour où je ne pense à mes parents, tous deux morts trop tôt...
    Je n'ai pas eu l'occasion de dire à mon papa qu'il compte pour moi.
    Tes mots viennent porter les miens dans le mystère de leurs présence, l'un et l'autre, dans nos vies.
    Ben

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Les mots prêtent forme et souvenir et font perdurer ce mystère que tu évoques. Bises Ben.

      Supprimer
  2. Ces mots que j'aurai aimé dire à mon père, mais .....tout le monde n'a hélas pas la chance d'être aimé par ses parents
    bises pour toi

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Pas aimé ou mal aimé, c'est hélas le drame de beaucoup de gens, et même si je me l'explique je ne le comprends pas. Bises ma poule.

      Supprimer
  3. J'ai perdu mon papa en début d'année. Nous n'avions pas de relations si fortes que la vôtre envers votre père.
    J'aurais aimé lui dire tout ça mais l'aurait il entendu. Rien n'est moins sûr.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Si les mots ne sont ni écrits ni prononcés, il reste les gestes, les actes. Tu as probablement agi selon ton coeur et ta conscience.

      Supprimer
  4. "continuer à vivre, aimer et rire." amène à nous tenir sur les épaules des géants qui nous ont précédés, que l'on chérie encore, qui ne sont plus là, et qui sont toujours là, présents, actuels. Je t'envie et t'embrasse.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Pourquoi m'envier ? Chacun fait comme il peut quand il le peut. Je ne dis pas que continuer à vivre aimer rire soit si facile. Je t'embrasse également.

      Supprimer
  5. Réponses
    1. Merci. J'espère que mes mots, ma présence, auront apaisé un peu ses souffrances.

      Supprimer
  6. Belle photo et texte très touchant qui te permet de te connecter à ton papa. Courage Lolo.
    Il est là dans tes pensées et dans ton cœur pour te donner la force et aussi ton charme fou, ta joie de vivre...bisousbisous

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui c'est le mystère de ce que nous lèguent nos parents et leurs parents avant eux. Bisous Sandy.

      Supprimer
  7. Moi je n'arrive pas à exprimer mes sentiments pour ceux que j'aime, surtout mes parents, que ce soit par oral ou écrit... Bravo à toi pour ce poème où on sent l'amour pour ton papa

    RépondreSupprimer

Un commentaire, ce peut être un coucou, une amabilité, un point de vue divergent, un trait d'esprit, un signe de votre passage.

Pour celles et ceux qui n'osent pas (je ne mords pas) ou n'y parviennent pas, c'est tout simple :

1) Tapotez votre bonjour dans le formulaire de saisie ci-dessous
2) Sous Choisir une identité, cochez Nom/URL
3) Saisissez votre nom (ou pseudonyme ou si vous êtes timide le nom de votre cousine) après l'intitulé Nom
4) L'URL ne désigne pas l'Uto-Rhino-Laryngologie mais bien le lien d'un blog ou de n'importe quoi d'autre que vous jugerez bon d'accrocher à votre identité, la page Wikipedia de Sheila par exemple ; ou rien.
5) Cliquez sur Publier commentaire

Et le tour est joué. Elle est pas belle, la vie ?