Quand la vie est trop courte pour râler ou s'acheter des fleurs demain, j'invite le lecteur à s'émerveiller des petites choses. Dans les sillons creusés par l'inattendu ou le hasard, je sème les graines d'un regard humain, parfois mordant, et compose régulièrement un bouquet de rencontres ou d'échanges piquants, insolites, simples.

lundi

Un dimanche matin ordinaire à la réception de l'hôtel et quelques perles


C'est un dimanche ordinaire à la réception de l'hôtel où j'échange une partie non négligeable de ma vie contre un salaire pour vivre agréablement les autres jours. Je n'ai pas encore irrigué mon cerveau du litre de café utile.

— (formule d'accueil consacrée) ... Laurent à votre service, comment puis-je vous aider ?
— Il vous reste une chambre ?
Ni bonjour ni merde. Je garde mon calme.
— L'hôtel est complet, je suis navré, monsieur.
— Ah. Vous n'avez même pas...
Je connais par cœur ce genre de questions. Il cherche à m'amadouer. Comme si je pouvais sortir de mon chapeau de magicien une chambre pour ce monsieur. Pof ! Ah tiens, incroyable, une chambre, oh, une autre, oh, encore une autre. Je vous en mets combien ? Mais je réponds :
— Je n'ai pas de chambre, ni même une moitié de chambre.
— Ah. Mais. Euh. Un local à vélo ? Un placard à balais ?
Même sous ses airs de plaisantin, c'est une vraie requête. Les clients qui font ce type de demandes existent dans la vraie vie.
— Monsieur, un local à vélo, c'est fait pour les vélos. Et un placard à balais, pour les... balais.

Et je raccroche.


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P.S. Merci à Christine qui a pris le cliché et m'a inspiré ce billet. L'appel téléphonique est authentique. Elle est témoin.

Si les billets ci-dessous vous ont échappé, je vous les sers avec un verre de chardonnay ou une limonade maison et quelques pistaches :
* Lettre ouverte de l'hôtelier à ses clients
Margaret et Ronald d'Albuquerque
* Vis ma vie d'hôtelier
* Où j'enfile des perles de ma vie d'hôtelier
* Où j'enfile encore des perles de ma vie d'hôtelier






15 commentaires:

  1. Je ne sais pas comment font ces "gonflés". Je me décomposerais de honte d'oser des trucs aussi peu respectueux !

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    1. Tu connais la réplique célèbre de Michel Audiard dans Les Tontons Flingueurs : "Les cons, ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît."

      Cadeau : https://www.youtube.com/watch?v=EeO1JqBZ6kI

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    2. J adore cette réplique,et ils osent tellement parfois qu on se pose la question suivante:me prend t il pour un con ou l est t il ? ��

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    3. Ou les 2, ma générale ? :-)

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  2. Et plus ça va, plus ils osent — rien ne les arrête. J'en fais aussi l'expérience quotidienne, c'est effarant.

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    1. Effarant, c'est le mot. Il faut être solidaires et leur dire NON, à défaut de dire MERDE :-)

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    2. Si, si, ne pas hésiter à user du mot de Cambronne aussi, de temps en temps.

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  3. Réponses
    1. Toi, tu es passé via l'infolettre :-) attends, je presse les citrons et j'arrive. Bonne soirée :-)

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  4. ma fille me raconté les mêmes choses, elle me dit que si elle perd patience elle est foutue parce qu'elle a envie de frapper le con ( ou la conne ) en face d'elle ....
    BISOUS MA POULE

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    1. Elle et moi travaillons dans des métiers de services, on est obligés de rester flegmatiques. Bisous itou ma poule !

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  5. Mon Lolo on voit toujours le positif on en a bien rigolé. Autant du gars que pour la mise en scène ;)

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    1. Comme le dit ma moitié, cet abruti t'a permis d'écrire un billet de blog ;) Bisous ma belle ;-)

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  6. Bonsoir Laurent,
    Oh oui, ça me rappelle des souvenirs...du Washington et Athénée...
    Des fois, c'était suivi du "Vous êtes sûr?"
    Bisette

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    1. Salut Aurélie, Oh la la, que de souvenirs, pas que des bons. Les clims pourries qui marchaient pas au Washington. Les lits supplémentaires qu'on empruntait aux hôtels voisins et qu'on trimballait dans la rue et les étages. Mais le pompon c'était l'Athénée, je pense qu'on pouvait pas faire plus chtarbé. Bisettes de Marseille :-)

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