Quand la vie est trop courte pour râler ou s'acheter des fleurs demain, j'invite le lecteur à s'émerveiller des petites choses. Dans les sillons creusés par l'inattendu ou le hasard, je sème les graines d'un regard humain, parfois mordant, et compose régulièrement un bouquet de rencontres ou d'échanges piquants, insolites, simples.

jeudi

Un café face à la mer ou les deux daurades rescapées

Vue depuis la Corniche JFK, au fond l'archipel du Frioul, à droite l'Anse de la Fausse Monnaie - cliquez sur l'image panoramique pour l'agrandir
© votre serviteur 

Où se retrouver quand les troquets sont fermés ? En novembre, Claire et moi nous posions sur un banc public place Sébastopol à deviser littérature et actualités. Aujourd'hui, nous nous donnons rendez-vous sur un banc, de pierre, cette fois-ci. Mais face à la mer, Anse d'Oriol sur la fameuse route de la Corniche où cohabitent bon an, mal an, voitures, vélos, coureurs et promeneurs. Avant, nous aurions investi une table en terrasse, à savourer un plat du jour arrosé d'un verre de vin au Sunset. Il faut désormais déjouer le sort pour réinventer la convivialité en un temps où règnent masques et sociopathie. Le soleil est encore trop timide pour improviser un pique-nique. Comme nous ignorions si le café du coin pourvoyait les boissons à emporter, Claire a prévu une Thermos de café et moi les tasses, le sucre et les agitateurs. 14 heures, nous chaussons nos lunettes de soleil, et nous perdons dans la contemplation de la mer étale.  


Nous trinquons aux conversations improvisées sur un banc face à la belle Bleue. Nous parlons de l'utilité de passer le permis bateau pour attendre quinze ans pour décrocher un emplacement, d'une voile au nom à coucher sous les ponts, d'amis expatriés en Birmanie pour qui Claire s'inquiète à juste titre. Elle me raconte les deux daurades encore frétillantes qu'elle a achetées au marché aux poissons sur le Vieux-Port pour les rendre à la mer. La tête de la poissonnière ! Gageons qu'elles n'étaient pas trop amochées par l'hameçon et ont continué leur vie de daurades marseillaises. 


Avant d'enfourcher mon vélo parisien, j'attends le 83 qui conduira mon amie jusqu'au Vieux-Port. Nous bavons d'envie devant les glaces artisanales proposées par le Glacier de la Corniche. Une mission pour la prochaine expédition Anse d'Oriol : choisir parmi les 75 parfums bios (vantés par une pancarte plus à jour). Mais il est temps de rentrer car Monsieur Déconfinement-Raté va parler pour ne rien dire, encore. 

12 commentaires:

  1. Merci pour ce billet, qui fait du bien .. et en même temps me frustre terriblement.
    Parce que la Méditerranée est à portée de chez moi et que je ne peux pas y accéder (semaine au boulot et weekend confiné ..)
    Mais ça met quand même du baume au coeur

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    1. L'hôtellerie n'a pas que des inconvénients. Travailler le week-end me permet d'être libre deux journées en semaine. Courage à toi !!! Le bout du tunnel est pour bientôt, dixit Manu.

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  2. Ces petites choses qui disent l'essentiel de l'humain : un café partagé et le projet d'une bonne glace...
    Une fois de plus, Laurent, tu mets dans le mille !
    Merci pour ce partage (et pour la recommandation du glacier ;) )
    Bisous bruxellois.
    Ben

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    1. Tu le sais, j'aime les choses simples et surtout quand elles sont partagées. Bisous marseillais.

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  3. J'adore le mot "agitateur" alors que je parle de "touillette".
    Sera-ce une nouvelle guerre post "chocolatine vs pain au chocolat ?

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    1. J'aime aussi le mot touillette. Je préfère les chocolatines aux pains au chocolat mais chut, faut pas le dire.

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  4. Merci pour ce partage de petites choses simples et douces...
    J'aime bien"chocolatine" et "touillette" plus chantants à l'oreille ...

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    1. Avec plaisir 😎
      C'est à Paris qu'on m'a "interdit" de dire chocolatine, raison de plus pour l'employer chaque fois que je le peux, surtout pour narguer les tenants du français* comme-ci et pas comme-ça. Si l'on ajoute que ce mot reste pour moi intimement lié à l'enfance (toujours entendu et employé ce mot), je reste un ardent défenseur de la chocolatine !

      *dans le Robert, le mot est étiqueté "régionalisme" ; ça n'est donc ni un barbarisme ni un néologisme 🤓

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  5. Les petits plaisirs partagés et encore plus ceux "volés" à notre situation sont des pépites !
    75 parfums de glace, il me faudrait une heure pour choisir et ne pas me tromper ;) Bises

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    1. Le sadique, s'il existe, fera énumérer les 75 parfums au glacier 😁
      OUI, il faut "voler" ces moments, les organiser ou les improviser chaque fois que c'est possible et même, surtout quand c'est impossible. Bises 😘

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  6. Moi, je suis ravie d'avoir un peu "perdu"mon temps avec vous deux. Ça fait du bien, surtout en plein air, face à la mer ! Mais ce qui me ravit le plus, c'est le sort des deux daurades. Leur bouche (il paraît qu'on dit comme ça) va vite cicatriser et elles vont retrouver le grand large. Je les accompagnerais bien !

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    1. Il faut juste qu'elles se frayent un chemin dans la rade mais j'imagine que l'instinct les guide vers le large. En revanche je te déconseille de nager dans la rade, au risque de développer quelques maladies de peau 😱

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