Le blog d’un animal mâle qui aime : Paris, le bruit des haricots verts que l’on équeute, le Petit Robert, ouvrir une vieille armoire, French & Saunders, le champagne, ses cravates Burberry reprisées, le premier café de la journée, Les Nuls l'Emission, courir dans la neige comme un gamin, les raccourcis clavier, la compagnie des livres, Ella Fitzgerald, son araignée au plafond, l'étreinte d'un homme, l’autodérision, Wall-e, lézarder au soleil, les poncifs :)

lundi

Mon père ce héros... fatigué.


La compagnie d'une poule quand il pouvait encore jardiner, il n'y a pas si longtemps.

Saloperie de maladie. Je voudrais ne penser qu'à l'homme qu'est mon père et non à ce qu'il était, je n'y arriverais pas. Quand il ne peut pas se raser sans trembler au point de se couper, quand il pleure, lui qui n'avait jamais exprimé ses émotions, lui qui, "élevé à la dure" ne s'est jamais autorisé une once de faiblesse, quand il dit qu'il est au bout du rouleau, veut qu'on soulage sa souffrance physique et morale, et l'on va de spécialiste en neurologue en tout-ologue en urgences en hospitalisation et j'en passe des vertes et des pas mûres (des années qu'on cherche) et des je te le fais poireauter par 30° au soleil au pied d'un hélicoptère qui tarde à l'emporter, une demi-heure c'est long quand on vous a dit à demi-mot que vous allez passer l'arme à gauche d'une minute à l'autre. Et puis immense OUF quand deux heures plus tard on lui délivre le diagnostic contradictoire. L'aorte au niveau du cœur n'a pas pété comme on vous l'a initialement annoncé. Votre souffrance n'est pas de notre ressort, rentrez chez vous.

Quand les traitements abîment plus qu'ils ne réparent ou même soulagent... mais sont devenus aussi indispensables que l'air qu'il respire.

Il ne nous reste plus qu'à offrir la seule chose que ne donne la médecine, l'amour. Et ses preuves : l'épaule, le bras, l'oreille et les minuscules actions quotidiennes pour soulager et espérer.

Papa, tiens bon, j'arrive.

 

21 commentaires:

  1. Comme dirait Ugolin, " c' est pas moi qui pleure, c' est mes yeux.."

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  2. C'est une belle déclaration d'amour. Courage.

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  3. S'occuper de ses vieux, je sais ce que sait, alors courage , et comme en plus il y a beaucoup d'amour ça devrait aller

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  4. Bisous, à toi, à lui, et puis il faut tenir.

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  5. Lorsque l'on a les billets e blog "en vrai", on sait qu'on est privilégié.
    Des bisous et des pensées pour t'accompagner auprès de lui.

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  6. Je suis avec toi et avec lui !…

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  7. le réconfort des siens est la meilleure des thérapies, c'est ce qui le fera tenir et guérir...
    Amicales pensées...

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  8. Très beau récit Laurent. Continue d'écrire. Beau témoignage. Quel bel hommage d'un fils à son père. Il peut être fier de toi et de l'homme que tu es. On te lirait des heures. Écrire fait du bien et en plus tu écris bien. Bise mon ami.

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  9. Bon courage à toi, à lui, à vous... J'ai vu le réconfort et le bonheur de mon papa, provoqués par ma simple présence et mes petits gestes... C'est à la fois nécessaire d'être là, et ça fait du bien à soi autant qu'à lui... Profites de vos instants ensemble ! Merci de partager ce beau témoignage

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  10. pfiouuuu.... courage à vous.

    plein d'ondes positives pour ton papa, qui a bien de la chance d'avoir un fils comme toi !

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  11. A l'heure où j'écris tu dois être auprès de lui, courage à vous deux, à vous tous ...

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  12. Tout le monde : Merci pour vos tendres pensées que je cueille et emporte avec moi pour mon père, surtout.

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  13. Bon séjour près de tes parents, j'espère que ta présence les soulagera et que vous passerez de bons moments...
    Toutes mes pensées t'accompagnent.

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  14. vraiment, vraiment je pense à toi ...à lui ...
    sophie (des grigris)

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  15. MAJ 1/6 : Il va aussi bien qu'il est possible d'aller si l'on additionne ses soucis de santé et maladie. En tout cas, le moral revient au presque beau. Merci pour toutes vos chaleureuses ondes.

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  16. C'est si triste, et injuste. Courage à toi et ton papa..
    Bises

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  17. soignes le bien, dis lui que tu l'aime, surtout dis-lui souvent et encore, j'ai pas pu le dire au mien assez souvent
    on penses bien à toi et on te fait des gros bisous à partager avec lui

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  18. Je crois comprendre votre désarroi, et je vois combien il est difficile de trouver des mots encourageants face à l'insoutenable. Mais je vous laisse ma sympathie, parce que pire que tout dans ces situations me semble le sentiment d'abandon.

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  19. ... l'amour filial magnifique.
    Bonnes ondes pour la suite

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