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Quand la vie est trop courte pour râler ou s'acheter des fleurs demain, j'invite le lecteur à s'émerveiller des petites choses. Dans les sillons creusés par l'inattendu ou le hasard, je sème les graines d'un regard humain, parfois mordant, et compose régulièrement un bouquet de rencontres ou d'échanges piquants, insolites, simples.
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vendredi

Tête de gondole


Accédez au compte officiel Instagram de Madame Connasse en cliquant sur l'image.

La boutade de Madame Connasse m'a fait rire. Et m'a rappelé une anecdote similaire (moins drôle peut-être) lorsque j'étais caissier chez Auchan. Hôte de service, en fait. Comme je la racontais à l'amie Élodie, je me suis dit, hop un p'tit billet.

J'ai travaillé quelques années pour la famille Mulliez, la vie la vraie, mouais. Armé d'un casque et d'un talkie, décoré d'un badge, d'une cravate à rayures rouges et vertes sur une chemise blanche, j'arpentais les rayons à la recherche du prix perdu. Je cueillais les produits laissés en caisse par les clients indécis, en jetais la plupart dans ce qui s'appelait (et s'appelle probablement encore la démarque inconnue), des chariots remplis à ras-bords, tous les jours. Je papotais aussi avec mes caissières préférées, je faisais volontiers leurs pauses, ça me reposait. Dans l'immensité des magasins Meriadeck à Bordeaux puis La Défense à Puteaux, les clients m'abordaient et m'interrogeaient sur l'emplacement ou la rupture de tel ou tel produit. Je ne compte pas le nombre de fois où l'on m'a demandé : vous êtes du magasin ? 

Un matin, j'ai craqué. J'ai répondu : non non, j'ai juste très mauvais goût pour m'habiller. Et la dame, premier degré, a passé son chemin.

 

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Ne partez pas ! J'ai trois tranches de vie que j'ai déstockées pour vous :

1. Mémoires d'un caissier

2. Sourire, bonjour, au revoir, merci

3. Le caissier et la dame à la violette

Hop, une 4e, avec en vedette américaine (comme on disait autrefois), l'amie Anne-Laure :

4. Aubergine interdite

Bonne lecture  📖📚📒

 

samedi

Voyage, voyage

L'illustration est un peu tirée par les cheveux 😉
 

Petit bavardage sans conséquence avec notre caissière préférée, ex-DRH d'une grosse boîte qui l'a jetée comme une vieille chaussette. Elle a vite retrouvé du travail. Pas à la hauteur de ses compétences, certes. Mais à son âge, nous a-t-elle dit, elle n'était plus regardante. Il lui fallait travailler, et vite. Ce supermarché fait l'affaire. 

Ce matin. Ma moitié et moi-même disposons nos achats sur le tapis roulant. Elle ne nous a pas vus. Elle est ailleurs.

— Vous êtes dans les nuages ? 

Ça la fait rire. 

— Ah ouiiiiiii. J'étais loin, très très loin. 

Saisissant les blocs de mozzarella pour les scanner, elle dit :

— Hmmm. Avec une bonne salade de tomates.

— C'est pour les pizzas. Il fait les pizzas, dis-je en désignant mon mec qui range nos achats dans nos caddies de mamie. 

Devant son air admiratif, j'ajoute :

— Vous saviez qu'on peut faire soi-même sa mozza ? Ça ne coûte rien.

Elle écoute religieusement mon mec qui lui donne la recette.

— On n'a pas encore testé mais on vous dira.

— Oh oui !

(...)

Nous échangeons quelques mots puis, en guise d'au revoir, je lui lance :

— Bon courage, bons voyages !

 

 

Note à moi-même 😂 :

- Penser à lui demander son prénom

- Lui dire que j'ai consacré un billet à notre petit bavardage

---------- (1)

Tant que vous êtes là (vous êtes encore là ?) et si vous ne les avez pas déjà lus, voici six billets sur le sujet :

* La caissière qui toussait sur mes panais 🛒

* Fidélité à la carte 💳

* Aubergine interdite 🍆

* Le vieux monsieur au caddie customisé 👨‍🦳

* Mémoires d'un caissier 👋

* Amélia et ses dix bras ❤️(2)

(1) Je ne savais pas combien mettre de tirets, j'en ai mis 10, ça fait un compte rond. 

(2) Paru dans la presse (Ebdo)




 

Fidélité à la carte


Comme mon anecdote dépassait les 280 caractères par tweet, j'ai choisi de la raconter ici. 

Mon mec et la petite m'attendent sur le seuil de la grande surface où je fais quatre emplettes pour l'apéro chez l'amie et voisine de palier. Il jette un regard perplexe sur une boutique fermée (chaussures non essentielles, paraît-il) ou sur une autre, ouverte, où une dame contemple dans le miroir la silhouette que lui fait la robe qu'elle va peut-être acheter... chez sa coiffeuse. Car la coiffeuse vend aussi du prêt-à-porter (non essentiel, paraît-il) en vente libre grâce à ses petits arrangements avec la loi.   

Avant de régler mes achats, je tends ma carte de fidélité et pose la question qui m'accorde toujours des euros chez les enseignes concurrentes. La caissière que je choisis toujours pour son côté fantasque et humain me répond, penaude :

 Ah, je suis désolée, vous n'avez rien cagnotté. 

 Je ne vous en veux pas, lui dis-je.

 Depuis l'épidémie, la carte du magasin fonctionne plutôt pour les promotions mais pas pour cagnotter.

 C'est sûr, dis-je, ironique, Monoprix ne fait plus de marges arrières. 

La dame se penche et m'accorde une confidence accompagnée d'un clin d'œil :

 Vous savez, je réponds bêtement ce qu'on me dit de dire aux clients.