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Quand la vie est trop courte pour râler ou s'acheter des fleurs demain, j'invite le lecteur à s'émerveiller des petites choses. Dans les sillons creusés par l'inattendu ou le hasard, je sème les graines d'un regard humain, parfois mordant, et compose régulièrement un bouquet de rencontres ou d'échanges piquants, insolites, simples.
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lundi

Les chapitres qui font quarante pages



Tel le petit sur la photo ci-dessus, je suis à la fois paresseux, têtu et prêt à bondir sur la moindre occasion de m'amuser. Sur un réseau social qui n'a de social que le nom, Threads pour ne pas le citer, je roule si souvent des yeux agacés qu'ils font des tours gratuits de mon cerveau. Je m'amuse également à répondre "chocolatine" aux questions "comment vous appelez ça chez vous" accompagnées de photos de tancarville, de serpillère ou de quignon de pain.

Ce matin, Louis partage un avis :

— Les chapitres qui font 40 pages, c'est trop 😭

D'humeur joueuse, je réplique :

— Tu notes chapitre 2 à la page 10, chapitre 3 à la page 20, chapitre 4 à la page 30 et voilà, le tour est joué.

Ce billet prétexte comme je les appelle pour taquiner la page blanche de mon blog, derrouiller ma gym d'écriture (même dérisoire) et vous interroger : vous faites quoi de beau, vous lisez quoi de bon ou de divertissant, vous avez vu ou regardez quoi d'inspirant ? Rien faire est autorisé voire recommandé par les temps qui galopent. 



mercredi

et un gros bisou à votre titou

tête à bisous

— et un gros bisou à votre titou*, dit la vendeuse en guise d'au revoir.

C'est mignon. Et en guise de bonjour :

— oh j'ai vu votre chien avec votre dogsitter** (...)


* notre chien (photo) 

** mon mari 😂😂😂 

 

Je raconte l'anecdote à mon mari sus-mentionné.

— Tu lui as dit que je n'étais pas le dogsitter ? 

— Euh, non. 

— Dans ce cas, tu me paies la journée de garderie, dit-il en joignant le geste, une main tendue, à la parole.

lundi

La bobine du chien sur un timbre

 

le timbre et son modèle

Le chien de vingt kilos sur nos enveloppes de vingt grammes max. À destination de la famille, des amis, de l'administration hélas. Mais pourquoi gâcher de si jolis timbres pour des démarches banales, me direz-vous ? Parce que l'affranchissement à l'effigie de son choix n'est pas beaucoup plus cher qu'un timbre basique vendu en bureau de poste. Et que le monde n'est pas plus moche (au contraire) avec la bouille de notre toutou semée aux quatre vents, au hasard de l'acheminement du courrier.

👉 le menu de LaPoste.fr étant assez touffu pour ne pas dire imbitable, voici le lien direct pour commander des timbres personnalisés : lien direct.

La dernière gorgée de vin ou Simone et le chien

deux verres de Saint-Estèphe et le chien qui juge

Contrairement à ce que semble penser* le petit Tokyo, deux ans à Noël, dans l'illustration de ce billet, je n'ai pas sombré dans l'alcoolisme**. Mais il ne faut pas gâcher les bonnes choses. La bouteille de Saint-Estèphe accompagnant le divinement bon bœuf bourguignon et sa purée au cheddar et tomates séchées dégustés avec l'amie et voisine de quartier, Simone, étant à moitié pleine (la bouteille, pas Simone), comme le propos qui suit, il fallait terminer de la boire (la bouteille, pas Simone).

Il y a pire comme pause déjeuner. En télétravail aujourd'hui. Le velours le long du palais que procure le verre de Saint-Estèphe et la chaleur (anormale) du soleil un chouia voilé de ce début novembre. Nous nous disions, samedi soir, que le monde partait en biberine. Pour ma part, je jouais par moment mon rôle de candide, de ravi de la crèche, d'indécrottable optimiste, même si, souvent, je me rangeais au constat défaitiste de ma moitié et de notre invitée. 

Je conclus néanmoins ce billet avec une dernière gorgée de vin et une note plus gaie :

Notre amitié est née d'un élément indépendant de notre volonté comme diraient de concert*** les RATP, RTM, SNCF : la rencontre entre Simone et Tokyo. De tout le quartier, de nos voisins, de nos amis, elle est la seule à provoquer chez lui tant de joie, tant d'effusion, à chaque fois. Ils se sont croisés sur un trottoir il y a plus d'un an et se sont aimés d'un amour platonique et fusionnel. Les humains au bout de la laisse n'ont eu d'autre choix que de faire connaissance. Puis de papoter, de prendre des nouvelles, de s'inviter à l'apéro, à dîner, à échanger sur le monde tel qu'il va.

Et tant qu'il y a des amis, humains, félins ou canins, avouez que le monde ne va pas si mal. 


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* Je lui attribue des pensées humaines. Le chien ne connaît pas les bienfaits et les méfaits du liquide bordeaux qui tapisse nos verres.
** Nous binge-regardons la série Mom qui aborde le sujet avec beaucoup d'humour. Allison Janney y est irrésistible pour ne pas dire géniale. 
*** De concert ou de conserve ? La réponse

Comme un lundi

 

ce chien est malheureux...

Je troquerais volontiers ma place contre celle du petit. Le casque sur les oreilles, la petite branche microtée au niveau des babines, il répondrait aux appels (en télétravail), il cliquerait sur la souris pour faire glisser les mails dans les dossiers idoines, entre deux aboiements bien sonores à l'utilisatrice bougonne. Quant à moi, je me la coulerais douce (en télérepos).

Je dormirais une bonne partie de la journée les quatre fers en l'air, j'apporterais en sautillant de joie la baballe, insisterais pour qu'il joue avec moi, même lorsqu'il répond inlassablement : j'peux pas, je travaille (mais en langage canin). Je me rabattrais sur la laine à l'intérieur des charentaises, dépiauterais les chaussettes, je bondirais sur le plombier qui a la mauvaise idée d'aller et venir dans l'appartement de mes maîtres, je ferais une fête du tonnerre chaque fois qu'on songe à me passer la laisse pour me promener au parc. Quand on me couvre de bisous et que je n'ai pas envie, je marmonnerais dans ma barbe : Vous m'emmerdez avec vos bisous de vieille ! Mes croquettes, mes jouets, mes friandises, tomberaient automatiquement tous les mois sans que j'aie à bouger la moindre petite griffe ou le bout d'un ergot. 

Mais alors que je me contorsionnais pour me lécher les parties intimes, la sonnerie du téléphone retentit et me tire de ma rêverie. Notre toutou des îles chéri darde sur moi un regard réprobateur qui dit :

— Je te rends ta vie d'humain, rends-moi ma vie de chien !


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J'en profite pour faire un coucou amical à Sabine à La Réunion qui entoure d'amour ces chiens des îles qui ont la chance de tomber sur elle, qui survivent grâce à elle et à l'association La Tribu des Crocs Mignons 👈

mercredi

Le chien debout



Quand il m'emmène au parc Longchamp où les humains sont tolérés, nous passons le long d'une murette qui longe un bout de terrain où jouent ses copains. Il se dresse sur ses deux pattes arrières pour voir s'ils sont là. Le "petit" Tokyo, 20 kilos, fête ses un an la veille de Noël.

jeudi

La vie, la vraie !


Tokyo se prélasse sur Easy Livin' de Ella Fitzgerald

Chaque fois qu'un petit coup de blues frappe à ma porte, penser à visionner cette vidéo de maltraitance animale 😉



samedi

Bonne fête Arielle 💝

Bonne journée internationale du café à tous ☕ je lis (les internets sont géniaux 😁) que c'est la journée mondiale des personnes âgées 👵 et de l'urticaire. Nous célébrons également les Thérèse et les Arielle.

Bonne fête à Arielle Dombasle si elle se gratte en buvant son café !  

C'est tout

Chou comme un chinchilla


Comme je suis très bavard sur la plateforme à l'oiseau bleu, je recycle et développe ici mes pensées. Je les assemble au gré de mon inspiration, les bouscule puis les recrache en chapitres sans queue ni tête. 

C'est parti, mon kiki. "ON NE DIT PAS C'EST QUI QUI !" s'insurge Bérénice Béjo dans le génial Coupez ! de Michel Hazanavicius. Elle dit aussi d'autres horreurs (irrésistibles) que je vous épargne.

Au boulot, mon mec a échangé avec un dénommé Chinchilla. Ça m'a fait la journée. Je lui ai demandé s'il avait une voix de... chinchilla. En vrai, ce monsieur était chou. Comme un chinchilla. Monsieur Roger Chinchilla. 

Les propriétaires ne sont pas tous de méchants bourgeois capitalistes (caricature 😉). Les nôtres nous prêtent leur voiture pendant qu'ils sillonnent le pays dans leur van familial. Deux semaines que nous faisons des sauts de puce dans le Luberon (sans accent !), à La Ciotat ou chez Auch*n pour les courses volumineuses. Eux aussi sont chou (sans x ; l'adjectif est invariable ; le légume et la pâtisserie, en revanche s'accordent au pluriel).

Sans transition. 

"Caroline, productrice d'œufs Label Rouge nous parle de ses poules pondeuses élevées en plein air dont les œufs servent à fabriquer nos Egg McMuffins." Fin de la pub McD*nald's. Moue dubitative. J'y crois moyen. La propension qu'a la publicité de nous prendre pour des jambons (avec nitrites) depuis des décennies, sans jamais dévier, m'épate, que dis-je, m'époustoufle. 

Sans rapport avec le jambon, j'observe la jeune femme joliment apprêtée, sur le chemin vers le tram. Lorsque je la vois jeter d'un geste désinvolte, son mégot sur la voie publique, je la trouve soudain moche. (billet : qu'est-ce que t'es laide !)

I love you coiffure new creation bonjour. 

Je me suis promis d'accueillir une utilisatrice avec cette annonce farfelue (extraite du fameux sketch de Muriel Robin). Je l'ai fait. Triché un peu, car je savais qui j'avais au bout du fil. Elle a ri. Elle est bon public, elle rit à toutes mes blagues. Puis, lorsqu'elle a appelé le lendemain, je me suis amusé à prendre la voix d'un robot coincé dans les années 70, quand il n'y avait ni Simone Hérault pour annoncer les trains, ni Alexa, ni Siri, ni Ok Google. Un message saucissonné à l'excès. 

— Ser-vice in-for-ma-tchique1 So-cié-té Bi-dule bon-jour. 

J'entends des gloussements au bout du fil. 

— Ta-pez sur 1. 

— Je tape sur 1 ? 

— Ta-pez sur 1. 

J'entends un bip. Elle a visiblement tapé sur 1. 

— Rien ne se passe. 

— Ba-na-ne ! C'est nor-mal. Je ne suis pas un ro-bot. 


C'est tout.  


1 j'ai donné un accent marseillais à ma voix de robot

lundi

Un lundi sans chemise, sans pantalon



L'illustration : le petit, le cul dans la mer, au Frioul, c'est un peu moi dans le nouveau chapitre de ma vie. 

Comme un lundi pas désagréable à la maison, alternant tâches ménagères et mails urgents ou pas pour le boulot. Je comprends le triste Elon Musk qui souhaite éradiquer partie ou totalité des télétravailleurs, ou plutôt les renvoyer au bureau (source) parce que c'est bien connu, chez soi, on enfile des perles, on confectionne des colliers de nouilles avec l'argent de l'employeur. Bouh le méchant employé ! 

Aaaaah ! le plaisir à travailler chez soi, avec des pauses choisies par soi, chaque fois que la charge de travail est accomplie, par vaguelettes, comme celle qui masse les bijoux de famille du petit en illustration. Pas de réveil deux ou trois heures avant d'enfourcher un vélo, prendre un tram, un métro, conduire une voiture. Finies les odeurs d'aisselle ou conversations téléphoniques importunes. Elon voudrait rationnaliser, supprimer ces plages accordées à la vie perso pendant les horaires de boulot. Il faudrait que chaque minute soit utilisée pour le boulot et rien que pour le boulot. Revenez au bureau ou démissionnez !

Bah non, Elon 😉

Saviez-vous qu'il a baptisé son fils X Æ A-12 ? Imaginez la maîtresse (si toutefois son milliardaire de père l'envoie à l'école) : "X Æ A-12, au tableau !" Pour être précis, la loi interdisant de donner à son enfant un nombre, il l'a appelé X Æ A-XII, X-Deux-Barres 🤣 frère de Exa Dark Sideræl 😱

Je réponds présentement aux mails des usagers en écoutant FIP. En bermuda et en tongues. La ritournelle de Blur et Françoise Hardy To the end que j'ai tant écoutée berce mon humeur oisive. Une trentaine de mails et quelques centaines de clics plus tard, je m'en vais découper le pain cuit dans la nuit, suivi du petit qui me mordille le mollet.

Je me suis amusé à compter le nombre hallucinant de clics que requérait telle ou telle tâche rébarbative (pléonasme), des allers-retours par mail, interminables, absurdes, je (mon employeur) participe à la surchauffe des serveurs. Pour être honnête, ce billet, mes tweets épaississent eux aussi mon empreinte carbone. Soit je dérègle le climat en actionnant la clim au bureau ou je l'abîme moins en actionnant la clim maison : volets baissés et courants d'air, et en télétravaillant.

Parce qu'il faut bien conclure ce billet échevelé, je déclare ma flamme à la personne qui a inventé le copier-coller. Des milliers de Ctrl+C Ctrl+V qui me font gagner un temps fou, temps gagné pour bailler aux corneilles, donner formes aux nuages, voir un épisode de HPI, faire des bisous au chien, cueillir les graines de belles de nuit sur la terrasse, me servir un café, écouter le chant des cigales, appuyer sur le bouton publier et attendre que ça morde, que la lectrice, le lecteur, s'échouent alanguis sur la plage de ce billet. 

Je vous souhaite une douce semaine, qu'elle soit chômée, télétravaillée ou RTTée.


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Titre inspiré par Rika Zarai (lien).