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Quand la vie est trop courte pour râler ou s'acheter des fleurs demain, j'invite le lecteur à s'émerveiller des petites choses. Dans les sillons creusés par l'inattendu ou le hasard, je sème les graines d'un regard humain, parfois mordant, et compose régulièrement un bouquet de rencontres ou d'échanges piquants, insolites, simples.
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mardi

Le banc de la Salette

Le long du chemin de la Salette qui serpente sur les hauteurs du 11e arrondissement de Marseille, des villas avec vue aux dimensions indécentes, des piscines en veux-tu en voilà, des chantiers privés qu'on devine en dehors des clous, une église totalement en ruines, un sentier qui longe d'un côté une pinède et de l'autre un golf 18 trous, des canards goguenards qui lorgnent sur les balles blanches que des sportifs en goguette ont propulsées dans leur mare artificielle, un banc en bois peint qui agonise. Le banc ne doit sa survie qu'aux rochers auxquels on l'a arrimé. 

Sur les planches de bois vermoulu est écrit au marqueur indélébile : 

Pourquoi rester debout lorsque l'on peut s'asseoir ?

Pourquoi rester assis lorsqu'on l'on peut s'allonger ? 

(Dicton des fatigués de naissance)


 


vendredi

Zou dans le Var !

je continuais de m'arrêter tous les vingt mètres

 

J'ai récemment posté sur le réseau d'Elon un fil traçant à peu près en direct notre escapade dans le Var. Je vous en propose une version améliorée. 

Sachant que :

- Nous ne sommes pas des foudres de la randonnée et encore moins du sport

- Nous n'avons pas de voiture — pour les tenants du tout vélo ou des transports en commun, une virée hors de la ville, disons même de la métropole, reste très compliquée sans voiture : j'ai consulté les horaires de bus et de trains : le voyage retour est possible un dimanche, au terme d'une randonnée de 3h environ, à condition de tailler une bavette* avec les boulistes sur le terrain de pétanque municipal de Nans-les-Pins jusqu'à 18h50, heure du bus ZOU à destination d'Aubagne, ensuite de quoi il faut attendre le train puis le tram puis un peu de marche avant de regagner nos pénates marseillaises. 

- Le petit a besoin de se défouler et nous aussi (marre de la ville quand même)

- Notre propriétaire nous prête gentiment sa voiture dès qu'il le peut

Hop dans le Var ! Muriel de Belrando nous promet "une magnifique balade dans le massif de la Sainte-Baume qui permet de découvrir une rivière étonnante." C'est ce qu'on va voir 🥾

Nous ne sommes pas hyper optimistes sur le niveau de l'eau aux Sources de l'Huveaune mais la balade en forêt annonce de jolis moments de nature. Sur la fiche rando, Muriel nous prend par la main, nous guide pas à pas, au gré de photos et de cartes IGN ornées de tracés et de flèches. Des croix bleues signalent les endroits possible pour pique-niquer 🥪🍷

cliquez sur l'image pour l'agrandir - source : belrando.fr

Comme nous sommes partis un peu tard et que l'appel de la bière et du sandwich au pâté a sonné plus tôt que la balade, on s'est posés à Orioul au bord de l'Huveaune. Les calories à dépenser, c'est donc pour plus tard. 

c'est encore plus joli
si vous cliquez pour l'agrandir

Au cœur du village de Nans-les-Pins (Var)

L'accès à la forêt et aux Sources est un peu compliqué depuis le village. Sauf si on a potassé les indications de Belrando. La nature, ça se mérite. Et la voiture, ça se gare assez loin en fait. Nous avons posé notre monture près du terrain de boules évoqué plus haut. Sur Maps (car nous n'étions pas totalement dépourvus de ressources), nous avons pu nous repérer grâce aux Poules des sources et à Kevin Loisirs mais n'avons pas trouvé (ni sur Maps ni sur la toile) l'espèce d'énorme bâtisse fantomatique, une clinique de campagne abandonnée le long du chemin de l'Orge. Sur la photo ci-dessous, nous avons longuement contemplé le Massif de la Sainte-Baume, depuis le chemin longeant les écuries, jalousant très brièvement l'homme profitant d'une lecture sur son banc avec vue, les enfants jouant aux cartes avec leurs parents, le jardin embaumant le lilas.

Je vous épargne le déroulé de la balade et vous propose dix secondes de tranquillité aux sources de l'Huveaune à proximité de la Grotte de la Castelette d'où la rivière, que dis-je, le court fleuve surgit avant de se jeter dans la Méditerranée, à Marseille, après 48 kilomètres de parcours.


*Parce qu'on a cherché, tous les bistrots sont fermés le dimanche après-midi 😱 (hors-saison en tout cas)

Frédérique aux bras de Laurent et Laurent

The old lady from Bricklane © Chris Couderc - Flickr Licence Creative Commons

Marseille, début juillet. 34° à l'ombre mais un petit filet d'air nous rend la chaleur humide presque agréable. Laurent et moi traînons notre caddie de mémé jusqu'au supermarché de Chutes-Lavie pour y faire quelques courses. Pas très loin de l'arrêt Paulette où j'avais croisé la vieille dame de quatre-vingt-quinze ans qui se lamentait des méchancetés dites à tort et à travers, une autre habitante nous interpelle. Elle doit avoir dans les quatre-vingts ans. Les cheveux blond vénitien, la robe d'été qui lui colle à la peau tant elle a chaud, tant elle peine à atteindre le bout de la ruelle. Elle nous demande si nous pouvons l'aider à tirer son caddie jusqu'à l'angle de l'avenue, cinquante mètres plus haut. Nous adoptons son pas lent, nous papotons. De la canicule, des courses qu'elle pourrait se faire livrer à l'avenir, ce serait plus raisonnable quand même. Elle s'agrippe à mon bras.

— Vos chaussures ne sont pas très stables, dit Laurent.
— Oh, j'ai oublié de changer de chaussures, c'est vrai.
— La prochaine fois, descendez pieds nus, vous serez plus à l'aise, plaisante-t-il.
Elle rit.

L'angle de la rue était l'objet de sa demande. Nous nous enquérons de son domicile. Elle désigne l'immeuble situé cent mètres plus loin. Nous poursuivons.

— Je ne vous retarde pas, vous êtes sûrs ?
— Ne vous en faites pas, dis-je, nous avons le temps.

Une main accrochée au bras de chacun, elle nous dit vivre seule depuis que son frère cadet est mort d'un arrêt cardiaque, sous ses yeux, quatre mois plus tôt. Et sa gorge se noue sous l'émotion de la confidence.

— On ne sait pas ce qui est le plus lourd, votre chariot, ou vous, la taquine Laurent pour la faire rire, et ça marche.
— Nous, c'est Laurent et Laurent, dis-je, c'est facile, et vous ?
— Frédérique. Vous êtes des anges, merci de m'avoir accompagnée jusqu'en bas de chez moi.

Arrivés au pied de son immeuble, elle nous confie ses clés pour ouvrir le portillon puis la porte et, avec des baisers qui claquent, elle nous embrasse comme du bon pain. Sur le chemin du retour, nous échangeons à propos de la rencontre impromptue.

— Ça me serre le cœur. C'est comme pour les animaux, les chiens, les petits vieux abandonnés, j'ai envie de tous les adopter.
— À partir de quel âge tu les adoptes ?
— Euh, c'est au feeling.


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Pour lire le billet sur la très vieille dame qui se lamentait des méchancetés dites à tort et à travers, cliquez ici.

Le vieil homme et le canari sur un banc public à Cinq Avenues



Sur un banc public à la sortie du métro Cinq Avenues, un homme, la soixante-dizaine dégingandée tire nonchalamment sur sa cigarette. À ses côtés, une cage à l'intérieur de laquelle siffle un canari, imperturbable malgré le tohu-bohu de la circulation, des bus et des ados braillards que crache la bouche de métro. Il est 16h56, les passants se croisent avec talent. Jambes croisées sur un jean gris délavé, l'homme rythme ses pensées en agitant un pied chaussé d'une basket bleu marine. Une main calleuse d'ouvrier à la retraite, j'imagine, tapote l'accoudoir. Des effluves de pétards allumés sans pudeur par des gamins voués à eux-mêmes et attifés de sinistre façon polluent l'air. On promène son chien, son petit-fils, son ennui ou son humeur bucolique au Parc Longchamp d'à côté. Mon vieil homme de 16h56 a emmené quant à lui son canari voir du pays et pousser la chansonnette sur un banc public à Marseille.

dimanche

Melbourne. Clichés.


Le style typique de maison (plutôt cossue) que l'on trouve dans le centre de Melbourne et sa proche banlieue, ici à Armadale

À CBD (Central Business District), le complexe Federation Square sur les rives de la rivière Yarra, qui allie galeries, lieux dédiés à la culture, restaurants et cafés 

À Fitzroy, quartier bobo de Melbourne, pullulent boutiques (ici, third drawer down, 93 George Street) et cafés

Dans Fitzroy, Melbourne

À Federation Square, dans la National Gallery of Victoria présentant des œuvres aborigènes contemporaines. Ici, Kanaputa, une œuvre de 22 artistes féminines Pintupi (groupe aborigène du Northern Territory, Australie)

Le cinéma Forum, sur Flinders Street, Melbourne

Richmond, quartier paisible et aisé de Melbourne

Toujours dans Richmond, au détour d'une rue commerçante