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Quand la vie est trop courte pour râler ou s'acheter des fleurs demain, j'invite le lecteur à s'émerveiller des petites choses. Dans les sillons creusés par l'inattendu ou le hasard, je sème les graines d'un regard humain, parfois mordant, et compose régulièrement un bouquet de rencontres ou d'échanges piquants, insolites, simples.
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vendredi

Mangez des pommes


Une pomme dans la paume. Mon en-cas du matin pour assouvir une fringale mais avec un aliment sain, bio, du marché. Mangez des pommes, comme disait Jacques Chirac. 

Monsieur Fraises, votre serviteur, mange des pommes, des poires mais pas des scoubidoubi ouh ah. 

Des pommes, des poires* 

Et des scoubidoubi ouh ah 

Pommes (pommes) Poires (poires) 

Et des scoubidoubi ouh ah 

Scoubidoubi ouh  


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* Chanson de Sacha Distel (vidéo INA)

Le mot du jour IWAK était en-cas. Demain, à distance. 

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jeudi

Une cochonne, une chèvre, une vache et la fibre


Pour employer un anglicisme dont j'ai horreur, je me ferais bien digital nomade. Pour moi digital, c'est lié aux doigts ou à la digitale laineuse. Digital nomade est celui qui travaille dans l'informatique ou des services en lien et qui peut travailler de n'importe où. À condition de recourir à une connexion internet correcte. Pour rester dans les anglicismes, ça ressemble au full remote, le télétravail à 100%, ce dont je rêve secrètement. Full remote peut être nomade mais pas nécessairement. 

Je m'imagine donc quitter le bruit et la fureur de la ville, poser mes valises ici ou là. Ici serait ce nid douillet au cœur des Cévennes. Là serait la ferme landaise que possèdent des amis perdus de vue. Dans mes valises, le PC fourni par le boulot, le VPN permettant d'accéder aux outils. Car à situations comparées, je fais exactement la même chose, voire mieux, en télétravail qu'au bureau. Clin d'œil appuyé à mon employeur qui ne lit pas ce blog. 

Le premier content, le chien. Fini l'ascenseur et les 7 étages nous séparant du monde extérieur, sorte de SAS obligatoire avant de pouvoir se soulager sur le bitume. À la moindre demande canine, nous ouvririons la porte d'un : go ! va, cours, vole et ajoute ta rosée à celle qui caresse ce matin le brin d'herbe et la digitale laineuse.  

Le plus heureux des hommes, mon mec qui s'empresserait d'adopter une chèvre. Il voue une passion pour les chèvres. Nous augmenterions la famille et le budget croquettes, céréales, branchages, foin et vétérinaire. Une cochonne, une chèvre, une vache et la fibre. Ça ferait un joli titre de film, non ? 


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Le mot du jour IWAK était nomade. Demain, en-cas. 

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mercredi

Dahlias forever

j'aime les dahlias

J'enfourche mon vélo et me rends au marché en quête de poulet. Petit, moyen ou gros, fermier ou pas. La vendeuse l'affirme et je la crois sur parole : 

— Mes poulets gambadent en plein air, madame. 

Elle vend aussi des tranches de panisse et des frites qu'elle plonge dans l'huile de friture, en rouméguant parce que son collègue l'a abandonnée. L'étal voisin vend des fruits et légumes bio, avec la même affluence tous les samedis matin. Une client interroge le détaillant : 

— et votre femme, elle ne vient plus ? 
— oh, elle est à la maison, elle fait le ménage. 

Je sais pour les avoir vus se chamailler pour de faux en public lorsqu'elle travaillait avec lui qu'il plaisante, qu'il n'est pas aussi misogyne que le font croire ses réparties. Pourtant, et ça m'amuse, il n'accompagne pas ses réponses d'un clin d'œil, l'équivalent dans la vraie vie de l'emoji ironique😉. Il présente sa filleule qui prend la relève et rétorque à un client méfiant : 

— oui oui, tous les fruits et légumes sont bio, je sais d'où ils viennent, je les choisis. 

Ma laitue, mes poires et mes pommes dans mon cabas, j'achète des dahlias que j'approche du soleil de cette matinée d'octobre pour en faire un cliché et vous souhaite une semaine pas trop moche. 


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Le mot du jour IWAK était soleil. Demain, nomade. 

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mardi

Les platanes de Cucuron

Le Bassin de l'étang - Cucuron (84)


Dimanche 6, c'était Marche en Fête, dans 6 villes. J'ai participé sans le savoir. Pas dans une des 6 villes mais dans un village du Luberon. Comme la météo nous annonçait un dimanche moche et gris, c'est la veille que nous avons pris le chien, nos cliques et nos claques et avons marché dans le Luberon. Bon, marché, c'est vite dit. Nous nous sommes promené. À Cucuron, dans le Vaucluse.

Je me suis extasié devant la beauté de cette place du village autour du Bassin de l'étang lui-même entouré d'immenses platanes culminant à près de 32 mètres de haut. Plantés il y a plus de 200 ans, en 1813 !

Voyez la splendeur verticale de ces platanes, quelques photos ici 👈


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Le mot du jour IWAK était marche. Demain, soleil 😎 

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lundi

Chère Madame l'Administration française

 


Avertissement, j'ai exhumé un brouillon datant de 2013 pour participer au défi IWAK*



Chère Madame l'Administration française,

Tu t’étonnes du désamour manifesté à ton encontre par tes indociles citoyens ? Laisse-moi te donner un tout petit exemple du pourquoi et du comment. 

Figure-toi que je m’ennuyais. Alors, plutôt que de me détendre en lisant un roman ou bien en allant au cinéma —c’est mon jour de repos acquis de longue haleine, j’ai décidé de prendre à bras-le-corps ma pile de paperasse, de l’étreindre, de la zigouiller par le traitement et l’archivage.

Entre deux tranches de saucisson pain-beurre, j’achève de remplir le formulaire cerfa n°12100*02 remis par les mimines d’une de tes employées qui s’est occupée avec talent de mon passeport cet été (du moins, ses préparatifs). Je photocopie, je griffonne, je signe. Au passage, je bâille aux corneilles, m’émerveillant devant la signature de mon papa qui a déclaré ma venue au monde le lendemain de ma naissance auprès de vos services il y a quelques lunes de cela. Je vérifie la complétude de mon dossier. Je n’ai pas oublié de prendre un rendez-vous via le site de la préfecture de police. Je sors de belle humeur, fier de couper la chique à ma tendance procrastinatrice. Le soleil brille, la dame crache de sa fenêtre rue Daguerre, un passant promène une tulipe fatiguée.

Le préposé de l’antenne de la préfecture en mairie du 14e arrondissement de Paris, pour ne pas le citer, m’accueille sans bonjour ni merde :

— Vous avez rendez-vous ?
— Oui.
— Tapez votre n° de téléphone sur la borne.

Je m’exécute, il attend. Puis il vérifie scrupuleusement l’état de mon dossier. Formulaire dûment renseigné, justificatif de domicile et sa jolie photocopie, extrait d’acte de naissance, passeport et sa jolie photocopie, puis les 2 photos qu’il scrute d’un œil professionnel, pour ne pas dire soviétique.

— Ah, elles ont été faites en 2011, nous sommes en 2013.
— Oui, et alors ?
— Alors le dossier est incomplet, il nous faut des photos récentes.
— Pouvez-vous m’expliquer pourquoi vos mêmes services ont accepté ces mêmes photos pour établir mon passeport cet été ?

Je prends le cliché et le superpose à mon visage affichant une expression un chouïa moins aimable et demande :

— Ça n’est pas ressemblant ?
— Si si.

Il sort alors le disque rayé de la procédure qui veut que, de c’est comme ça et c’est pas autrement blablabla, non sans s’accompagner de l’approbation grégaire de ses collègues.

— Si j’avais découpé les photos, vous n’auriez pas vu la date inscrite en caractères minuscules sur le papier photo ?
— Eh bien, je l’ai vue.
— Dites, vous connaissez Les Shadoks ?
— Oui. 
— Hmmm.

Comme je n’avais pas d’autres chats à fouetter et que je suis de nature opiniâtre, j’ai visité une autre antenne de préfecture, ce même après-midi ensoleillé, pour soumettre mon dossier à la sagacité d’une préposée plus compréhensive. Ok, j’avoue, j’ai triché, j’ai découpé les photos, faisant disparaître la mention de la date. Pas folle, la guêpe.

Bisous.

Laurent


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Le mot du jour IWAK était passeport. Demain, marche. 

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dimanche

Un café allongé

dans le thème du billet

Mes 6 à 7 000 pas quotidiens me mènent du lit à la machine à café puis sur la terrasse pour respirer l'air frais de l'aube encore sombre puis au canapé où je retrouve une position horizontale, apaisée, normale, constitutive pendant laquelle j'entrecoupe les gorgées de café de nouvelles glanées dans la presse, d'âneries dans les réseaux sociaux. Je déambule jusqu'à la salle de bain et piétine sous la douche, encore hagard, la mine hirsute (pas le cheveu puisqu'il est aussi ras qu'épars), j'enfile les habits du jour, harnache le petit, appelle l'ascenseur, scrute la nouille qui pend au plafond, darde un regard éteint sur mon reflet dans le miroir censé rappeler aux résidents de l'immeuble à quoi ils ressemblent au cas où ils auraient oublié à quoi ils ressemblent, passe devant la boulangerie qui vend des pâtisseries dégueues, arpente les rues du quartier tandis que mon compagnon à quatre pattes arrose ici un poteau là une trottinette, dépose une commission que je loge dans un sachet noir, que je noue puis jette dans une poubelle. Je rebrousse chemin, songe à la journée qui m'attend, à ma mère, à mon mec, au collègue qui va me tenir la jambe, à l'autre qui va m'appeler Sylvain alors que je m'appelle Laurent. 

Mes pas nous ont ramenés le chien et moi à l'appartement. J'ai embrassé mon mari au saut du lit, l'ai pris dans mes bras pour une longue étreinte et lui ai dit à ce soir. 

Je vous épargne la suite de mon excursion. N'en déplaise aux puristes, j'écrivais bel et bien sur le thème de la randonnée.

 

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Le mot du jour IWAK était randonnée. Demain, passeport. 

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samedi

ré mi fa sol sol sol ré do


Je suis tellement à court d'idées que je farfouille la presse, y compris Voici, c'est dire mon désarroi. Qu'est-ce que j'y ai trouvé ? Rien. Forcément. J'ai feuilleté le magazine Miaou (ronronner de bonheur) et parcouru l'article "Dans la peau d'un chat policier médiateur". J'ai lu le papier "le quidditch* : mode d'emploi pour les moldus" dans Le Journal de Mickey. Je n'ai pas trouvé de jumelles. Car je dois écrire à propos de jumelles. Je n'ai pas de jumelles. Je n'en vois pas l'utilité. Sauf peut-être pour confirmer que la voisine d'en face passe l'aspirateur en petite culotte à poils et non à poil comme je le suppose. 

Illustrer mon billet avec une photo des jumelles Olson ou fabriquer un rébus avec une brique de jus de pommes puis l'icône représentant un e-mail (mèl), that is the question. Ou une photo issue du film de Jacques Demy. 

🎶 Nous sommes deux sœurs jumelles
nées sous le signe des gémeaux
Mi fa sol la mi ré, ré mi fa sol sol sol ré do
Toutes deux demoiselles, ayant eu des amants très tôt
Mi fa sol la mi ré, ré mi fa sol sol sol ré do 🎶


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* clin d'œil à Anne

Le mot du jour IWAK** était jumelles. Demain, randonnée. 

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vendredi

Du gingembre sur le balcon


C'est exotique le gingembre ? Je suppose. 

Octobre approchait. Nous prenions encore l'apéro dehors alors que tombait la nuit. En cuisine, mon mari assemblait les 35 ingrédients (dont les épices, dont la cébette d'hier) composant les bols de ramen du dîner. 

Je montre à l'amie Simone un pot duquel jaillissent des tiges.

— Devine ce que c'est.

Elle donne sa langue au chat. Je désigne les tubercules qui sortent un peu de terre.

— Du gingembre qu'on a planté. 

Elle partira avec l'idée d'en planter chez elle, sur sa terrasse ou dans son salon. Mon mec vient couper une tige et nous propose de la croquer. Dingue, ça a goût de gingembre. Simone et moi humons les feuilles. Même senteur. 

Vous étiez en quête d'une plante exotique au port un peu rustique pour épater vos invités ? Achetez quelques tubercules et plantez-les en terre, 2/3 en terre, 1/3 à l'air. Il faut être patient car les premières tiges poussent au bout de deux, trois mois. Arrosez 1 fois tous les 15 jours. Pas de soleil direct. Pensez à réserver d'autres tubercules au congélateur pour agrémenter vos plats (râpez ou coupez en fines lamelles puis remettez au congélateur). 


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Le mot du jour IWAK* était exotique. Demain, c'est jumelles 👭

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jeudi

C'est bête


Histoire vraie et toute bête

Y a plus de cébette

Ni chez l'épicier

Ni à la supérette

Je file ailleurs bille en tête

Chez un autre commerçant

Sort une dame avec pour toute emplette

En main une botte de cébette


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Le mot du jour IWAK était bottes. Demain, exotique. 

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mercredi

Le foot de boue


Le mot du jour, découvrir.

Jour 2 du défi Inktober* où j'écris au lieu de dessiner parce que je suis aussi bon en dessin qu'en cheese rolling** ou en foot de boue***. Ce sport existe, si si. Il est mixte et se joue à 6 et dans la boue. Il y est permis de faire tomber son adversaire. En cas de coup douloureux, le fautif doit embrasser la partie endolorie du joueur blessé (un bisou magique ?) et continue à jouer une minute avec un sac sur la tête. 

À propos de fromage, je vous livre l'astuce de mon mari pour une tartiflette réussie : remplacez l'eau dans laquelle vous faites habituellement cuire à la vapeur vos pommes de terre par une bouteille de vin blanc. Ça embaume l'appartement et ça donne un twist délicieux à votre recette. 

Vous m'attendiez sur des découvertes films ou romans ? Raté. 😂

Le mot de demain ? Bottes


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* IWAK en fait. Inktober with a keyboard, EncrOctobre avec un clavier 😉

** Il s'agit d'un événement traditionnel annuel qui se déroule près de Gloucester en Angleterre. Les participants poursuivent un fromage lancé du haut d'une colline. 

*** source : Wikipedia

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vendredi

Never trust a stranger

L'appareil lit les "22 hits enchaînés" mais pas en mode autoreverse

Attention. Billet foutraque en cours. Mais pas autoreverse[1]. Neurones en surchauffe pour écrire chaque jour ou presque que compte le mois d'octobre autour de mots[2]. Si je suis parfois hors-sujet, le jeu a le mérite de mettre de l'huile dans les rouages de ma fibre autrice. Merci Kozlika. La bande-son de ce billet est en décalage mais un peu raccord quand même. Une cassette "longue durée" datant de 1989. La jaquette arbore un sticker "PUB TV" et des photos miniatures de Jean-Jacques Goldman, Début de Soirée, Kim Wilde et France Gall. Raccord avec mon billet nostalgique On the radio qui racontait un de mes passe-temps dans ma chambre d'adolescent : fabriquer des compilations de titres de variété ou pop française ou internationale passant dans le poste. Imbibé de café, je déchire[3] l'enveloppe renfermant des tickets de caisse et les notes prises à l'hôtel hier. Kim Wilde chante Never trust a stranger : ne fais jamais confiance à un inconnu. L'inconnu c'est le réceptionniste, votre serviteur, à qui une client s'est confiée : 

— Je suis en France pour une affaire compliquée. 

J'ouvre grand mes écoutilles et laisse mon interlocutrice m'expliquer la raison de son séjour en France.

— Cet homme que je poursuis a tué mon mari. 

Le reste est confidentiel. 

Je reprends la lecture de la cassette. Pasadenas chantent Riding on a train : Choo choo train is riding : le train est parti, tchou tchou. Tchou-tchou[4].


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[1] autoreverse : Un magnétophone autoreverse permet la lecture continue par inversion automatique du sens de rotation. En d'autres termes, l'appareil permet de lire les deux faces d'une même cassette sans la manipuler. C'est dingue quand on y pense. 

[2] Participation à #IWAK (Inktober With A Keyboard), jeu proposé par Kozlika

[3] J'aurais pu parler de déchirure musculaire ou du film de Roland Joffé ou encore d'une grande douleur affective, j'ai préféré déchirer une enveloppe. 

[4] Clin d'œil appuyé à l'embryon de projet qui ferait suite à l'Auberge des Blogueurs.

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jeudi

Vol au-dessus d'un nid de couscous

Farine de pois chiche bio que ma moitié a transformée en frites de panisse —avec une mayo ou un aïoli maison, c'est à se taper le cul par terre.

Je suis vernis. J'ai un chef* à la maison. 

L'interrogation "Qu'est-ce qu'on mange ?" aujourd'hui, demain, ou cette semaine, ouvre un champ de possibles, une course au marché ou chez la bouchère qui le taquine "Mais vous avez une boutique, vous revendez nos produits, ma parole !" Nous n'y allons pas souvent mais nous amortissons notre congélateur. Pour préparer selon l'envie du moment un couscous maison, un pad thaï, des pommes de terre sarladaises accompagnées d'un enchaud, des mezzes et des veloutés en veux-tu en voilà. L'immense palette des épices, des condiments, à la maison, me laisse tel une poule devant un timbre-poste. J'émettais il y a quelques jours l'envie d'une huile pimentée, et pof, je rentre du boulot, je trouve sur le plan de travail un flacon plein d'une huile d'olive agrémentée de pili-pili, de basilic citronné et d'autres merveilles qu'il a su dégoter et mélanger en deux temps trois mouvements.

Quand je mets les pieds sous la table, le chef attend le verdict. 

Je me fais l'effet d'un membre du jury d'une de ces émissions culinaires** où le candidat vit l'attente comme un calvaire, les gouttelettes de sueur perlant sur le front. Dans la peau de Mercotte, je laisse le temps aux saveurs de taquiner mes papilles, je fronce un sourcil, esquisse une moue dubitative pour le torturer et, pareil à Jean-Marc Généreux dans Danse avec les Stars** je décerne un magnifique 10/10. 

Souvent nous plaisantons : "On devrait ouvrir un concept-truck (plat du jour, dépannage informatique une autre de ses marottes)". Ou un gîte pour ajouter à la recette mon expérience dans l'hôtellerie. Puis nous revenons à la dure réalité : il faudrait à mon mec dix bras pour conjuguer tous ses talents, il me faudrait sacrifier mon talent pour la lenteur, la paresse, le dilettantisme. 

— On commande des pizzas, ce soir ?


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* Participation à #IWAK (Inktober With A Keyboard), jeu proposé par Kozlika

** J'avoue, j'ai mélangé les émissions, les jurés, à dessein. 

Titre emprunté à Diglee, illustratrice et autrice - Vol au-dessus d'un nid de couscous, tome 3 du journal intime de Cléopâtre Wellington chez Albin Michel.

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mercredi

Un Corail la semaine des 4 jeudis


Pour me rendre à Bordeaux depuis Marseille, j'ai aujourd'hui le choix entre vendre un rein pour acheter un billet de train ou voyager en avion à bas prix et exploser mon bilan carbone. OUISncf, le voyagiste qui annule et remplace le service public, me propose un premier TGV qui me conduit à Paris-Gare de Lyon, à moi de trimballer ensuite mes bagages dans le dédale du métro entre Gare de Lyon et Gare Montparnasse pour attraper un deuxième TGV qui m'emmènera à Bordeaux. Quiconque a des notions de géographie notera l'absurdité du tracé du voyage le plus communément proposé (illustration, A > B > C > D). Je préfère, pour ma part, le trajet le plus court, en Corail (Intercités) qui joint A à D sans passer par la capitale. 

Pour qui s'arme de patience et sait déjouer les propositions idiotes de OUIScnf, il reste l'Intercités, anciennement Corail[1], qui circule la semaine des quatre jeudis. Entre Marseille, Arles, Nîmes, Montpellier, Sète, Béziers, Narbonne, Carcassonne, Toulouse, Montauban, Agen, Marmande et Bordeaux, j'ai le temps de :

* Regarder paître les vaches

* Lire un journal, un roman, l'avenir dans le marc de mon café

* Bayer aux corneilles

* Faire des grimaces à la petite fille qui fixe sur moi ses yeux songeurs 

* Tweeter des âneries

* Taper sur l'épaule des voisins indélicats narrant leur vie plate à la cantonade 

* Observer le spectacle fascinant de mes co-voituriers

Mais le plus clair de mon temps, bercé par le ronron de mes pensées, je me laisse emporter par le sommeil.


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Au final, quel tracé propose le trajet le plus court ? 

A > B > C > D : entre 6h10 et 7h34

A > D : 5h58 (et sans les complications parisiennes)

[1] Participation à #IWAK (Inktober With A Keyboard), jeu proposé par Kozlika

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lundi

Au théâtre masqué ohé ohé

Saison 2021-2021 à La Tempête - illustration © Nejib 

Tête en l'air que je suis, j'ai oublié de commettre les billets autour des mots suggérés* pour samedi et dimanche, ça tombe bien car lundi c'est étourdi (et ça rime). Je commets encore un 3-en-1 avec tempête + piège + étourdi. 

C'est en 1999. Je suis parisien depuis une petite année et fort des rencontres faites au Cours Périmony, je m'entiche définitivement de théâtre et crée une compagnie qui me permet de vivre mon rêve. Sans en vivre mais ça c'est une autre histoire. Pendant près de 7 ans, je tire la diable par la queue, je fais mon modeste bonhomme de chemin, je joue, je mets en scène, j'anime quelques ateliers. En compagnie d'amies animées de la même passion. Je fais de magnifiques rencontres, anonymes ou figures emblématiques. Je traîne mes guêtres dans à peu près tous les théâtres que comptent Paris et la petite couronne, je voyage depuis mon fauteuil de spectateur, j'admire ou je déteste, je me nourris. 

Aujourd'hui, je songe à mes amis, de loin en loin, artistes, techniciens, intermittents, précaires, pris au piège* de la crise sanitaire. Ne pas vivre de leur art pendant trois, six mois ou bien plus est dramatique et scandaleux quand on les sait abandonnés par les pouvoirs publics (ou des autorités de tutelle exsangues). Ah ça pour les belles paroles, c'est fort, c'est beau, c'est clinquant (coucou Madame Bachelot). S'agissant des actes, on attend toujours. Alors les théâtres, pour ne citer qu'un maillon de la chaîne de la création, sont sur le pont, s'organisent, chamboulent leur façon de fabriquer et diffuser du spectacle, annulent ou changent les horaires, accueillent les spectateurs entre 16h et 18h et tirent le rideau à l'approche du couvre-feu, à Paris, en Île-de-France et dans 8 métropoles. À la Tempête* à Vincennes, à la Criée à Marseille, ou au Théâtre de la Cité à Toulouse pour ne citer que 3 lieux emblématiques parmi les milliers qui continuent d'offrir bon an mal an matière à réflexion, distraction, résistance, émerveillement.


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vendredi

Mike et Roger sont dans une fusée...


Un client qui se pose à la réception et me donne son avis sur le pourquoi du couvre-feu annoncé en Île-de-France et huit métropoles :

— En fait, tout ça, c'est pour nous vendre les vaccins...

— Je n'entrerai pas dans votre discussion. 

— ... 

Comme il ne trouvait pas l'écho attendu à son analyse de la situation, il est retourné dans sa chambre. 

Réflexion faite, j'aurais plutôt dû lui dire : 

— Le bar-Pmu*, c'est la rue d'à côté. Roger attend votre avis sur la crise sanitaire qui secoue la planète.

Puis j'ai nourri l'espoir qu'il monte à bord d'une fusée[1] aussi brinquebalante que son raisonnement et se crashe sur sa bêtise, à l'instar de Mike qui a récemment défrayé la chronique en essayant de prouver que la Terre était plate. Il en est mort. Paix à son âme conspi.


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* Ou CNews et son pilier de bar, Pascal Prout  

Illustration : S01 Ep 27 des Shadoks, création de Jacques Rouxel (source : INA). Poésie de l'absurde, imparfait du subjonctif parfois, et la voix inimitable de Claude Piéplu.

[1] Participation à #IWAK (Inktober With A Keyboard), jeu proposé par Kozlika

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lundi

2 pigeons qui dansent le pas chassé et 1 mouton à vélo



De retour d'une balade à vélo où je m'escrime, en danseuse, contre le mistral, je souffle comme un bœuf dans mon masque en tissu. Je ne suis pas le seul d'ailleurs à lutter pour ne pas tomber. Deux pigeons, sous l'impulsion d'une forte rafale, marchent en pas chassé. Une danse improvisée sur un bout de trottoir marseillais. Le volatile mal aimé m'apparaît soudain poétique. La dame croisée à un pâté d'immeubles plus loin, beaucoup moins. Tandis que je marmonne dans ma barbe un "Pfff, encore une qui n'a pas de masque", la dame me jette à la figure un "on n'est pas des moutons". Je me retiens de lui répondre "Pauvre conne !" Je préfère effacer l'instant désagréable de mon disque dur pour me concentrer sur la route. Puis le chemin menant à l'appartement où je manque glisser* sur un tas de feuilles mortes. "Oh de l'argent ! Beaucoup d'argent !", s'exclame l'enfant qui écrit ce billet aussi léger et inutile que la dame au masque autour du coude et les 10 500 monos[1] tombés du ciel. 

— Han ! mais c'est dégoûtant*, me direz-vous.
— Revenu à l'appart, j'ai imprégné de gel hydroalcoolique un chiffon en microfibre pour ôter de mon téléphone qui a pris la photo du faux argent le faux virus[2] qui enquiquine la dame croisée ce matin. 
— Bon, ça va. 


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[1] 1 mono (monnaie fictive utilisée dans la plupart des éditions actuelles du Monopoly et dans le Monopoly monde) vaut 1€, 1$ et 1£ (source)

[2] Ironie, hein. On ne sait jamais. Si l'équipe premier degré devait s'aventurer dans les méandres de ce blog, je préfère prévenir. 

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samedi

Espoir


Mais que signifiait la photo qui illustrait le billet publié hier ? C'est un clin d'œil capillotracté. J'écrivais autour du mot jeter et cinq courgettes attendaient dans l'évier. Dans courgette, il y a cour et il y a gette. Jeter, jette, cour-gette. 

Ok, je sors, comme on dit sur les réseaux sociaux desquels on ne sort jamais d'ailleurs. 

C'est ensuite un jeu entre mon homme et moi-même. Un jeu totalement idiot mais j'aime les blagues potaches et les jeux totalement idiots. Parce que je n'ai pas beaucoup grandi. Le chef de la maison préparait hier un velouté de courgettes à l'aneth. 80% de courgettes 20% de fenouil. Le jus d'un citron, un gros oignon, 4 gousses d'ail, une cuillère de curry, une grosse cuillère d'aneth, sel et poivre (et l'eau de cuisson, un grand verre d'eau). Absolument succulent. Bref. Je m'amuse parfois à subtiliser un fruit d'une recette en cours et le remplace par sa copie en plastique (nous avons une coupe pleine de faux fruits). Et j'attends. Quand j'entends un "Oooooh" bougon et agacé, je sais que ma blague a fonctionné. Il a saisi le citron en plastique, l'a trouvé un peu bizarre, mais bon, peut-être était-il plus sec que d'habitude, m'a-t-il dit. Il l'a posé sur la planche à découper, s'est armé d'un couteau et a commencé à couper. En vain. J'entends le Oooooh ! exaspéré. Parce qu'il s'en veut d'avoir encore marché. Que dis-je, couru, galopé. Voilà donc l'explication bête comme chou de la photo des courgettes et du citron en plastique. 

Quel rapport avec le mot du jour que je suis censé évoquer ? Aucun. Ou si. Un peu. 

La petite Kimberley toujours présente en cuisine quand mon mec prépare, disons, le velouté aux courgettes sus-mentionné. Ou l'apéro, à l'instant, quand il découpe le "meilleur saucisson de France" d'après notre charcutière, rien que ça. Elle attend qu'un morceau tombe du plan de travail. On ne lui donne pas systématiquement. Pas envie qu'elle ressemble à une table basse. Mais parfois oui. Alors ce parfois lui laisse l'espoir* que quelque chose finisse dans son gosier. Bref, on la surnomme Espoir. 


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vendredi

Cinq courgettes bio et un citron en plastique

Aujourd'hui j'improvise "pour de bon" comme ils disent souvent à Marseille. Ils disent "pièce" pour serpillère et "cafoutche" pour débarras. Je me lance* et j'écris un mot après l'autre, au fil de l'eau et des pensées. Vautré Confortablement installé dans le canapé "de jardin" posé sur la terrasse côté calme, exposition sud-est (merci l'application tenant lieu de boussole, ah voilà un outil qui m'a toujours fasciné et accompagné dans mes visites d'appartements ; je constatais un plein nord quand l'agent immobilier vantait une exposition est-ouest, et mon cul c'est du poulet de batterie ?), le soleil jett* ses derniers rayons sur le figuier abritant votre serviteur. Le "serveur tête en l'air", rigole-je ce matin auprès de mes clients quand ma langue fourche et que j'appelle Madame Monsieur ou lorsque je sers un thé au lieu d'un café ou quand je leur fais répéter trois fois leur commande parce que je suis contrarié (un client m'a pourri ma matinée mais je vous épargne le récit du litige). 

Au détour d'une omelette fondante, je papote et vante les mérites de ma ville d'adoption.

— C'est moche un peu quand même, Marseille, s'aventure à me dire une dame (on a sympathisé, je lui ai avoué mes origines ou plutôt mon passif parisien ; on a ri de la petite guéguerre que se livrent les habitants de deux métropoles).

— Ça n'est pas Florence ni Venise, mais il y a des coins très très sympas. 

Je cite le Mucem, les quartiers du Panier, le Cours Julien, la Corniche, Malmousque, le Frioul à une demie-heure en bateau, un plouf, un pique-nique dans une crique avec pour seule compagnie, les gabians, ça en jette*.

— Ici, continue-je, après le boulot, vous savez, je peux aller voir la mer.

— Votre mère habite Marseille ? 

Fichu masque qui nous empêche de nous entendre. Mais ça nous fait rire. 

— Non, pas ma mère. La mer. Méditerranée. Remarquez, y a aussi la Bonne-Mère. La Belle-Mère comme m'ont dit un jour des clients. Vous y avez été ? La vue est spectaculaire. 

— ... (elle se délecte du pain perdu à la fleur d'oranger que je lui ai préparé).

Hélas, nous avons dû écourter la conversation. Parce qu'elle avait à faire. Et j'avais une vingtaine d'autres clients à accueillir. Elle prend congé en me lançant* :

— C'est vous aux petits déjeuners demain matin ? Chouette. Ça va me motiver pour me lever tôt.

Comme c'est gentil. 

Sans transition, vous allez me dire :

— Mais c'est quoi cette illustration de billet de blog ?

— Je vous raconte ça demain. 


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jeudi

En dents de scie



Pour ce mois d'octobre, c'est un billet par jour — ou presque —, sur une idée de Kozlika, meneuse de revue de l'Auberge des Blogueurs. Moi qui ne suis pas prolixe, ça va être coton. J'improvise* aujourd'hui un petit exercice de style autour du mot "dent". 

T'as la dent dure,
Tu me fends le cœur !
J'ai le nez creux,
Les oreilles qui sifflent
Et l'œil qui frise.
Je m'arrache les cheveux o_O

Te fais pas de bile !

T'as les dents longues,
Bon pied bon œil,
Et dent pour dent.
Cœur d'artichaut ?
Le moral en dents de scie,
Ou dans les chaussettes ?

La barbe !

Tu me casses les pieds
Ça m'fait une belle jambe,
J'en ai plein le dos et
Par-dessus la tête.
T'as pas les deux pieds 
dans le même sabot ?

Tu es tout ouïe ?

T'montes pas la rate 
Au court-bouillon,
Serre les dents,
Et tire la langue.
Ouvre grand les yeux,
Et croque la vie
À pleines dents.

Cul sec !

Donne-t'en à cœur joie.
Mon petit doigt m'a dit
C'est aujourd'hui
Et pas demain 
Ni quand les poules 
auront des dents.


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*Je mens comme un arracheur de dents car je remue mes méninges depuis 24 heures. 

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mercredi

Un pot de colle à l'amande et des cœurs tricotés


Un mètre cinquante de ruban de tissu rouge froissé et cousu de fil d'or sur les bords, une liasse de faux billets imitant cinq, dix, vingt, cinquante, cent, deux cents, cinq cents euros — il y a pour une vraie fortune pour les rêveurs —, l'étiquette autocollante orange d'une librairie marseillaise sur son papier, des petits ballons vert, jaune, rose, attendant d'être gonflés, un contenant en plastique transparent percé sur son couvercle d'un trou pour en tirer les dix mètres de bolduc fuchsia, un rouleau de ruban blanc brillant — cinq cents mètres bien entamés —, une guirlande de lettres de l'alphabet reliées entre elle par un câble électrique formant en désordre les mots "joyeux" et "anniversaire" en anglais, des étoiles de ruban entrelacé, agrafées sur un petit carré de papier adhésif, du scotch bleu nuit orné de nuages et de soleils tout sourire, des morceaux de papier cadeau recyclé, un lot de figurines — une véritable arche de Noé autocollante, lapin, girafe, hippopotame, koala et son petit dans la poche, tortue, serpents et pandas —, un pot de colle Cléopâtre fleurant bon l'amande, des cœurs de laine tricotée. Voici l'inventaire de ma boîte à fantaisie*. 


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