Pages

Quand la vie est trop courte pour râler ou s'acheter des fleurs demain, j'invite le lecteur à s'émerveiller des petites choses. Dans les sillons creusés par l'inattendu ou le hasard, je sème les graines d'un regard humain, parfois mordant, et compose régulièrement un bouquet de rencontres ou d'échanges piquants, insolites, simples.
Affichage des articles dont le libellé est amis. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est amis. Afficher tous les articles

vendredi

821 308 visites et toi et toi et toi

 

L'amour menaçant de Etienne-Maurice Falconet + mes lunettes de vue + une tasse de café sur un bureau Ikea

Chut, fait l'ange ailé, l'air malicieux, s'apprêtant à tirer une flèche de son carquois. Au dos, quelques lignes manuscrites. Je prends la liberté de les livrer publiquement : merci de tes visites sur mon blog. Quelle belle aventure que nos blogs. Nous allons devenir des dinosaures :) Marie-Hélène fêtait les 18 ans de son blog. 

Je me suis alors amusé à calculer l'âge du mien. 2009-2024 = 15 ans pour l'espace qui héberge mes bafouilles. 2006-2009 = 3 ans pour le précédent. 

Des fraises et de la tendresse, ce sont 455 billets, 3 florilèges (journal tendre d'un confiné, Paul Dindon, une nonnette au miel des petites choses), en vrac, des anecdotes, des coups de sang, des déambulations parisiennes puis marseillaises, du théâtre, du cinéma, des lectures, des photos, Afida Turner, une chienne qui menait l'enquête, puis un chien debout, des perles hôtelières, des brèves farfelues, des chocolatines, des amitiés, de loin en loin ou de près, les cheveux abîmés de Mylène Farmer, René de Obaldia, Madame Arrosoir, Élodie Jauneau, Madonna, un coup de foudre à Marseille Saint-Charles, des petits riens qui font toujours du bien, un verre de bonheur.

821 308 visites, ou pages vues, plutôt. Spamal. 

Merci pour votre fidélité, vos petits mots ! 



jeudi

Je n'ai pas glissé sur une peau de banane



Je m'apprêtais à écrire un billet bucolique. J'avais l'accroche : déjeuner sous le parfum des genêts. Fier comme Artaban de la rime surgie de façon inopinée alors que mon mari, le chien et moi humions l'air de la campagne et des genêts au pied du massif de la Sainte-Baume dans le Var. Mais à part une photo et un récit pas follement romanesque*, je n'avais pas de quoi tenir un billet ni un public en haleine. 

Puis est arrivé mon anniversaire 🎂

Réveillé par mon mec tenant un plateau pour un petit-déjeuner au lit avec viennoiseries à foison, je me suis dit que la journée ne pouvait pas mieux démarrer. Je vous fais un petit déroulé télégraphique du mercredi 22 mai 2024 :

Télétravail, messages et pensées d'amis, de proches, de ma sœur au chevet de ma mère, cadeau surprise de l'amie voisine sur le palier de la porte (le roman de Jean-Baptiste Andréa : Veiller sur elle ; hâte de le lire après avoir dévoré Un soir d'été de Philippe Besson puis Monique s'évade d'Édouard Louis), courses volumineuses pour lesquelles nous prenons la voiture, retour de courses, coucou du balcon de Simone qui nous aperçoit alors que nous franchissions le seuil du parking souterrain. Elle agite le bras pour nous signifier d'attendre, elle descend.

Nous nous garons à la va-comme-je-te-pousse, en travers de l'impasse, nous papotons. Avant de se quitter, un large sourire illumine son regard, elle lance :

— On ne se voit plus, mais je ne vous oublie pas hein ? Je vous aime, vous le savez ?

Bises chaleureuses à la volée. Retour au parking. Je pars chercher le caddie de la résidence (je salue ici l'initiative d'un voisin, d'une voisine, qui a subtilisé l'engin au supermarché d'à côté - c'est pratique, pratchique (en bon marseillais), pour véhiculer la montagne d'emplettes de la voiture au 7e étage via l'ascenseur). 

Ellipse.

J'ai atrocement mal (beaucoup moins, à l'heure où j'écris ce billet) et je m'amuse malgré tout, hier, à échanger avec mes pairs sur les réseaux. Je poste une photo : je suis allongé dans le canapé, deux pains de glace enveloppés dans un torchon rafraîchissent ma cheville qui a doublé de volume. J'écris : pour mon anniv, je me suis offert une entorse 🎁 je ne vous dis pas comment car c'est d'une manière très très très idiote.

Bon, je vous dis. Parce que malgré la douleur, c'est drôle. 

Sur Instagram, Threads, Bluesky, on me répond : Tu as porté des talons trop hauts ? On t'a offert un skate ? On m'écrit qu'on se fait une entorse rarement de façon intelligente, en glissant sur une feuille mouillée ou en loupant une marche ou un trottoir. Il n'y a qu'au cinéma ou chez Tex Avery qu'on fait des gadins acrobatiques en glissant sur une peau de banane. 

Pour ma part, j'ai saisi le caddie et, comme je l'ai fait tant de fois, quand j'étais gamin puis ado, j'ai posé mes deux pieds sur la barre transversale qui relie les deux roues arrières et j'ai dévalé la pente douce qui me mène à la voiture. Mais je n'ai plus sept ans, ni quatorze, ni vingt. Le chariot n'étant pas un kart ni un véhicule de course, au sens sportif du terme, pas de frein pour ralentir la vitesse, pas d'airbag pour amortir le choc. Sous le regard perplexe de mon mec qui m'attend au pied de la voiture, je tente vite fait un petit saut de gazelle pour me libérer du caddie et atterris sur le bitume du parking et... crac, ma cheville droite fait la danse de Saint-Guy. 

Je ne vous énumère pas les insultes dont je me suis couvert. La suite ressemble** au commencement de ma journée lorsque mon mari m'a déposé amoureusement un plateau sur le lit : il range les courses, sort le chien, cuisine, descend les poubelles, passe l'aspirateur sous mon regard reconnaissant, il m'apporte désormais le café sur demande. 


---
* contrairement à la minute varappe racontée ici
** à une différence notable près, ma nouvelle compagne, la canne anglaise qui me soutient pour une petite semaine, peut-être.






samedi

Tom et Louise ne demandent pas la lune

 


Tandis que les hurlants balancent détritus et injures à la face des voisins, malmènent enfants et animal de compagnie bien mal tombés, Tom et Louise tendent le bras pour cueillir l'humanité recroquevillée dans une cité toulousaine, un bavardage avec "la mamie de l'angle", une branche de mimosa, une prune, une promenade canine ou tout simplement, ce faisant, l'espoir d'un quotidien apaisé.

 

Tom et Louise et les hurlants de la rue Edmond Rostand, de Michelle Brun. Grégoire Delacourt en parle mieux que moi 👉 ici 

Pour commander le tome 1, 2 ou 3 ou les 3 : 📧

 

jeudi

Les réseaux sociaux saynul

 

à l'angle des rues Lepic et Robert Planquette - Paris 18e

Tandis que je réponds au mail de Placide Bertrand (ça plane pour moi hou hou hou hou*) qui a un souci de VPN, je papote avec mon mec qui, en télétravail, ouvre le colis qui m'est adressé.

– Oooooh, dit-il moqueur, un mug. C'est vrai qu'on n'en avait pas assez.

On ne critchique** pas mes cadeaux. Surtout quand ils viennent des réseaux.

Les réseaux, les blogs, c'est nul, disent, écrivent, chouinent beaucoup d'éditocrates. Bah non. Pas que. Chouettes, souvent. Sources de rencontres, de bavardages, d'échanges, d'émerveillement parfois. Si si. Il faut juste ouvrir sa comprenette, ses mirettes et tourner sept fois sa souris sur son tapis avant de cliquer-envoyer son avis scientifique ou géopolitique. 

Mais je m'égare, Edgar.

Station Simone, la web radio m'a offert un joli mug à son effigie. Anne m'a envoyé le roman d'un auteur britannique et contributeur à Charlie Hebdo qu'elle a la chance de connaître. tilly me tend ses chroniques à propos du jazzman Marcel Zanini. Fanny a dessiné le joli sac qui illustre ma Nonnette au miel des petites choses. Élodie un plateau happy, un mug bonjour chaton et une belle amitié. Ervé dont j'ai fait la connaissance lors de mon périple parisien me confiait avoir rencontré 112 humains grâce à internet. Je ne suis pas loin du compte, même si, nous sommes d'accord, c'est la qualité qui importe. Et les cadeaux sont aussi immatériels : un verre de jaja, un dîner, une toile, un concert, des moments de partage, des idées qui fusent, des réflexions qui chamboulent, des rires à gorge déployée. Et des étreintes en veux-tu en voilà lors de mon récent séjour parisien.


---

* Vous avez la réf ? L'utilisateur que je dépanne porte presque le même nom que l'interprète de la chanson variétés punk. Roger Marie François Jouret dit Plastic Bertrand a confié ne pas être l'interprète du titre avant de revenir sur ses propos. 

** Les Marseillais mettent des tch à presque tous les t.

dimanche

je titille tilly

 


— Tu vois, dit tilly, c'est bien les lunettes, ça cache les cernes.

— C'est aussi pour ça que je les porte, dis-je.

— Bon, moi, il me faudrait une barbe.

— Si tu veux, je nous pixellise... 

Voilà la petite histoire de l'illustration du billet. En clignant* des yeux, vous reconnaitrez ma barbe poivre et sel (que jalouse l'amie blogueuse), le joli pull rose qu'a mis tilly pour donner un peu de couleur à la grisaille de ce dimanche, nos lunettes et les deux tasses de café fumant.

Nous avons pris des nouvelles l'un de l'autre, parlé théâtre, Paris, voyages, littérature et avons surtout rempli nos cabas respectifs de conseils et d'idées. tilly a promis qu'elle nous raconterait sa brève rencontre avec le romancier Douglas Kennedy sur l'île grecque de Kastellórizo.

 

* Ne me dites pas que vous avez cligné des yeux ! c'était une blague !

tilly donne envie de lire 👉 son blog


jeudi

Un café, une tulipe et des algues pour rire

Je m'extrais doucement, à pas de loup, de mon environnement, je laisse le café tapisser mes neurones de ses augustes molécules, je reste sourd aux borborygmes de mon collègue qui chougne continuellement. J'ai chaussé le casque-micro qui me relie aux clients qui pourraient appeler à l'aide pendant que j'écris ce billet. Je songe à la tulipe qui ornait ce mur à l'angle des boulevards National et Longchamp. Tulipe de papier collé, streetart éphémère par nature, que j'avais photographiée courant août. Les occupants de l'immeuble que j'imagine, à tort peut-être, réfractaires à la poésie l'ont recouverte de peinture. Il reste le souvenir que la fleur a imprimé chez le passant, il reste les clichés qui illustrent la fin de ce billet.

Je passe du coq à l'âne et de la tulipe aux algues, à la photo que mon amie biarrote vient de publier sur le réseau de Mark. Elle se prélasse sur une plage d'Ibarritz et le fait savoir. Je commente :

– Ton rocher, tes pieds, la vie. 

– Il ne manque que toi pour me faire rire.

– Avec des algues en guise de cheveux devant tous les badauds.

La belle plage basque est alors secouée par le fou rire soudain de mon amie. Elle rit toute seule mais en distanciel avec moi. Elle se souvient du plus bel effet qu'avaient produit les longues algues humides, visqueuses, sur mon crâne chauve. Des regards médusés ou goguenards posés sur nous alors que nous rejoignions le parking, imperturbables (plus moi qu'elle qui pouffait de rire tous les trois mètres).

La légèreté qui fait parfois cruellement défaut tient à pas grand-chose, à une tulipe en papier collée sur un mur, à des faux cheveux pour rire.





lundi

Joyeux anniv' Isatagada 🎁

 

cliquez sur la fleur de camélia

Ma chère Isa,

Tu peux me traiter de feignasse : j'utilise la photo que je t'ai envoyée l'an dernier sur les réseaux. Je n'ai pas oublié ton anniversaire. Je me suis dit que de te faire un peu de promo pour ton blog, ta chaîne YouTube, c'est un petit cadeau original, qu'en dis-tu ?

Je t'ai surnommée ma pourvoyeuse de rock, le jour où nous avons déjeuné ensemble, quand j'étais parisien. Grâce à toi, je découvre des artistes, je vais aux concerts que tu chroniques avec ferveur — dernièrement les cultissimes The Cure à Bercy (billet).

Pensez ce que vous voulez, mais pour moi cet homme est un ange, d’une douceur infinie, écris-tu à propos de Robert Smith. Je ne les ai jamais vus en concert mais d'instinct, je partage ton sentiment.

La liste des artistes que tu as applaudis est phénoménale 👉 de A à Z, chanceuse ! J'ai écouté le fabuleux Rufus Wainwright avec toi, à Mogador (mes souvenirs sont bons ?) Tu m'as fait aimer Feu! Chatterton et tant d'autres. 

Parlons peu, parlons bien : joyeux anniversaire 🎁

Amicalement, 

Laurent


---

La chaîne YouTube d'Isatagada 👈

Le blog d'Isatagada 👈

 



mardi

Un mardi au soleil

 

À l'instar de Blanche Gardin qui dans son vrai-faux documentaire ne se nourrit plus que de lumière (et dépérit), j'absorbe le soleil et vous livre, comme promis, un billet superficiel et léger. Et foutraque. Par la photo qui l'illustre, je répondais à The Célinette qui me souhaitait par SMS une très belle journée. Sous le soleil, elle ne peut pas être complètement moche. Puis j'ai partagé le "bonjour. café." sur Twitter qui s'écharpait sur une polémique en carton. Une par jour, minimum. Je découvrais effaré ce cornichon sans masque qui se vantait face caméra d'avoir contracté le Covid en buvant dans le verre d'un copain. Mon mec m'apprit ensuite que des parents avaient donné le prénom Canard à leur enfant. Avant d'ajouter une pièce au juke-box, je creuse le sujet et lis qu'il y a une histoire touchante de transmission, que la famille subit les moqueries du pays. Les gens plus prompts à railler, se moquer, insulter qu'à tourner sept fois leur souris sur le tapis. Ceci dit, je me languis d'entendre Jean Castex chanter au JT de France 2 ce soir 😂

Et je repense à la très vieille dame à l'arrêt Paulette avec qui je papotais dans le bus :

— Il ne faut pas dire des méchancetés sur les gens. Il faut se mordre la langue plutôt que de dire du mal. Le mal, il sort de votre bouche et il abîme le monde. Il faut être bienveillant, et se mordre la langue quand on veut dire du mal, répète-t-elle en fixant sur moi ses yeux d'un bleu clair qui ont vu quatre-vingt-quinze ans de gens, d'histoires et de choses.

 

---

Vous avez cliqué sur les liens ?

jeudi

J'ai cueilli des fraises chez ma mère


La rencontre, côté pile
 
La rencontre, côté face

J'ai :

* Photographié des pantoufles au pays du chausson
* Savouré topinambours, pâtisson, magret de canard
* Accompagné ces merveilles toutes simples avec un côtes de Castillon
* Dormi comme un loir. Je devais être une marmotte (ou un loir ou une souche) dans une autre vie
* Cueilli une algue sur la plage aban-don-néeeeee
* L'ai posée sur mon crâne pour faire rire mon amie et les gens sur le chemin nous menant à la voiture
* Approché un pottok (prononcez potiok), entre âne et cheval, vivant en liberté dans l'arrière-pays basque, échangé avec lui, je lui ai parlé, il a henni, nous nous sommes compris, ou pas
* Arpenté les hauteurs de Zugarramurdi, le village des sorcières, contemplé le paysage vierge d'humains, sauvé ou cru sauver une brebis égarée sur un piton rocheux convoitée par deux ou trois vautours, ri des mêmes bêtises qui ne font rire que nous, parlé botanique même si nous n'y connaissions goutte, glissé dans la boue en prenant une vidéo d'un filet d'eau qui me berçait de son ploc-ploc
* Lu et beaucoup aimé Les Bracassées de Marie-Sabine Roger
* Dégringolé une dune, plage du Vivier, à Biscarosse-plage, un soir d'octobre, enveloppé du soleil couchant et de l'exquise gentillesse de mes amis
* Contemplé l'idée de vivre à Biarritz ou sur la côte, face à l'océan, sachant pertinemment que je n'aurai jamais les moyens
* Joué au Loto, au Scrabble, à la balle avec la chienne de ma soeur, activités respectivement idiote, intellectuelle ou joyeuse
* Chanté du Culture Club, du Alphaville et du Kim Wilde à tue-tête dans la voiture
* Acheté un pain au chocolat ET une chocolatine dans une boulangerie biarrote (lien)
* Regardé passer les gens pressés de se mettre à l'abri de l'averse, en terrasse du Bar du Marché à Biarritz
 
J'ai cueilli des fraises chez ma mère, des châtaignes en forêt, des noix en balade, une oronge et trois cèpes, des belles de jour pour fleurir la tombe de mon père.


Parlons peu, parlons bien

 

Pour évoquer les petites choses essentielles, j'illustre aujourd'hui ce billet avec une jolie boîte fabriquée par Amy Papote (cliquez sur la photo pour découvrir ses créations sur Instagram)

L'amie Élodie ironise à propos de l'abus de citations d'auteurs morts. Commençons donc (pour lui faire plaisir) ce billet timbré mâtiné de quelques mots vulgaires par un titre-citation d'une romancière vivante, Raphaëlle Giordano, Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n'en as qu'une. Je ne l'ai pas lu. C'est bien ? Par les temps qui courent et la bêtise qui déferle (des gens attrapent sciemment la Covid-19 pour valider un passe sanitaire dont ils ont besoin ; j'implore votre pardon pour l'expression vulgaire dont je les affuble : sont finis au pipi ou bien ?), il devient utile, que dis-je, essentiel de parler de choses superficielles et légères, d'artisanat (coucou Amy_Papote), de littérature (je me régale de la lecture très très très très lente du roman de l'ami Boris Faure (uniquement disponible sur la plateforme du gars qui est allé dans l'espace dans une fusée en forme de bite), d'idées (voui ! lisez Pour une échelle humaine, manifeste co-écrit par 40 doux-dingues qui ont une haute opinion de la politique (lu et approuvé), de blogs, de temps long, d'amitié. La blogueuse aux deux millions de pages vues et moi-même partageons sur les réseaux des mèmes idiots, des Élodie Poux qui parle à son frigo, des « allez viens, on est bien ». Elle conclut son dernier billet avec la vidéo d'un garçon en short moulant qui gambade dans les champs. Et je songe à la version de Rodica von Buta (lien) que j'ai croisée à plusieurs reprises à Paris, dans le bus 95 passant devant le Louvre, rue Daguerre où j'ai écouté une vieille dame jouant à l'orgue de Barbarie la ballade des gens heureux, où j'ai photographié un passant promenant en laisse un poireau. Parlons peu, parlons bien, parlons des choses et des gens qui font du bien. 


---

Quoi ?! Vous n'avez pas cliqué sur tous les liens que je vous ai donnés ?! À quoi ça sert que je me décarcasse ?


Un café face à la mer ou les deux daurades rescapées

Vue depuis la Corniche JFK, au fond l'archipel du Frioul, à droite l'Anse de la Fausse Monnaie - cliquez sur l'image panoramique pour l'agrandir
© votre serviteur 

Où se retrouver quand les troquets sont fermés ? En novembre, Claire et moi nous posions sur un banc public place Sébastopol à deviser littérature et actualités. Aujourd'hui, nous nous donnons rendez-vous sur un banc, de pierre, cette fois-ci. Mais face à la mer, Anse d'Oriol sur la fameuse route de la Corniche où cohabitent bon an, mal an, voitures, vélos, coureurs et promeneurs. Avant, nous aurions investi une table en terrasse, à savourer un plat du jour arrosé d'un verre de vin au Sunset. Il faut désormais déjouer le sort pour réinventer la convivialité en un temps où règnent masques et sociopathie. Le soleil est encore trop timide pour improviser un pique-nique. Comme nous ignorions si le café du coin pourvoyait les boissons à emporter, Claire a prévu une Thermos de café et moi les tasses, le sucre et les agitateurs. 14 heures, nous chaussons nos lunettes de soleil, et nous perdons dans la contemplation de la mer étale.  


Nous trinquons aux conversations improvisées sur un banc face à la belle Bleue. Nous parlons de l'utilité de passer le permis bateau pour attendre quinze ans pour décrocher un emplacement, d'une voile au nom à coucher sous les ponts, d'amis expatriés en Birmanie pour qui Claire s'inquiète à juste titre. Elle me raconte les deux daurades encore frétillantes qu'elle a achetées au marché aux poissons sur le Vieux-Port pour les rendre à la mer. La tête de la poissonnière ! Gageons qu'elles n'étaient pas trop amochées par l'hameçon et ont continué leur vie de daurades marseillaises. 


Avant d'enfourcher mon vélo parisien, j'attends le 83 qui conduira mon amie jusqu'au Vieux-Port. Nous bavons d'envie devant les glaces artisanales proposées par le Glacier de la Corniche. Une mission pour la prochaine expédition Anse d'Oriol : choisir parmi les 75 parfums bios (vantés par une pancarte plus à jour). Mais il est temps de rentrer car Monsieur Déconfinement-Raté va parler pour ne rien dire, encore. 

vendredi

Never trust a stranger

L'appareil lit les "22 hits enchaînés" mais pas en mode autoreverse

Attention. Billet foutraque en cours. Mais pas autoreverse[1]. Neurones en surchauffe pour écrire chaque jour ou presque que compte le mois d'octobre autour de mots[2]. Si je suis parfois hors-sujet, le jeu a le mérite de mettre de l'huile dans les rouages de ma fibre autrice. Merci Kozlika. La bande-son de ce billet est en décalage mais un peu raccord quand même. Une cassette "longue durée" datant de 1989. La jaquette arbore un sticker "PUB TV" et des photos miniatures de Jean-Jacques Goldman, Début de Soirée, Kim Wilde et France Gall. Raccord avec mon billet nostalgique On the radio qui racontait un de mes passe-temps dans ma chambre d'adolescent : fabriquer des compilations de titres de variété ou pop française ou internationale passant dans le poste. Imbibé de café, je déchire[3] l'enveloppe renfermant des tickets de caisse et les notes prises à l'hôtel hier. Kim Wilde chante Never trust a stranger : ne fais jamais confiance à un inconnu. L'inconnu c'est le réceptionniste, votre serviteur, à qui une client s'est confiée : 

— Je suis en France pour une affaire compliquée. 

J'ouvre grand mes écoutilles et laisse mon interlocutrice m'expliquer la raison de son séjour en France.

— Cet homme que je poursuis a tué mon mari. 

Le reste est confidentiel. 

Je reprends la lecture de la cassette. Pasadenas chantent Riding on a train : Choo choo train is riding : le train est parti, tchou tchou. Tchou-tchou[4].


--- 

[1] autoreverse : Un magnétophone autoreverse permet la lecture continue par inversion automatique du sens de rotation. En d'autres termes, l'appareil permet de lire les deux faces d'une même cassette sans la manipuler. C'est dingue quand on y pense. 

[2] Participation à #IWAK (Inktober With A Keyboard), jeu proposé par Kozlika

[3] J'aurais pu parler de déchirure musculaire ou du film de Roland Joffé ou encore d'une grande douleur affective, j'ai préféré déchirer une enveloppe. 

[4] Clin d'œil appuyé à l'embryon de projet qui ferait suite à l'Auberge des Blogueurs.

✍️ Mes billets Inktober 2020 👈


jeudi

Vol au-dessus d'un nid de couscous

Farine de pois chiche bio que ma moitié a transformée en frites de panisse —avec une mayo ou un aïoli maison, c'est à se taper le cul par terre.

Je suis vernis. J'ai un chef* à la maison. 

L'interrogation "Qu'est-ce qu'on mange ?" aujourd'hui, demain, ou cette semaine, ouvre un champ de possibles, une course au marché ou chez la bouchère qui le taquine "Mais vous avez une boutique, vous revendez nos produits, ma parole !" Nous n'y allons pas souvent mais nous amortissons notre congélateur. Pour préparer selon l'envie du moment un couscous maison, un pad thaï, des pommes de terre sarladaises accompagnées d'un enchaud, des mezzes et des veloutés en veux-tu en voilà. L'immense palette des épices, des condiments, à la maison, me laisse tel une poule devant un timbre-poste. J'émettais il y a quelques jours l'envie d'une huile pimentée, et pof, je rentre du boulot, je trouve sur le plan de travail un flacon plein d'une huile d'olive agrémentée de pili-pili, de basilic citronné et d'autres merveilles qu'il a su dégoter et mélanger en deux temps trois mouvements.

Quand je mets les pieds sous la table, le chef attend le verdict. 

Je me fais l'effet d'un membre du jury d'une de ces émissions culinaires** où le candidat vit l'attente comme un calvaire, les gouttelettes de sueur perlant sur le front. Dans la peau de Mercotte, je laisse le temps aux saveurs de taquiner mes papilles, je fronce un sourcil, esquisse une moue dubitative pour le torturer et, pareil à Jean-Marc Généreux dans Danse avec les Stars** je décerne un magnifique 10/10. 

Souvent nous plaisantons : "On devrait ouvrir un concept-truck (plat du jour, dépannage informatique —une autre de ses marottes)". Ou un gîte pour ajouter à la recette mon expérience dans l'hôtellerie. Puis nous revenons à la dure réalité : il faudrait à mon mec dix bras pour conjuguer tous ses talents, il me faudrait sacrifier mon talent pour la lenteur, la paresse, le dilettantisme. 

— On commande des pizzas, ce soir ?


---

* Participation à #IWAK (Inktober With A Keyboard), jeu proposé par Kozlika

** J'avoue, j'ai mélangé les émissions, les jurés, à dessein. 

Titre emprunté à Diglee, illustratrice et autrice - Vol au-dessus d'un nid de couscous, tome 3 du journal intime de Cléopâtre Wellington chez Albin Michel.

✍️ Mes billets Inktober 2020 👈


mercredi

Un Corail la semaine des 4 jeudis


Pour me rendre à Bordeaux depuis Marseille, j'ai aujourd'hui le choix entre vendre un rein pour acheter un billet de train ou voyager en avion à bas prix et exploser mon bilan carbone. OUISncf, le voyagiste qui annule et remplace le service public, me propose un premier TGV qui me conduit à Paris-Gare de Lyon, à moi de trimballer ensuite mes bagages dans le dédale du métro entre Gare de Lyon et Gare Montparnasse pour attraper un deuxième TGV qui m'emmènera à Bordeaux. Quiconque a des notions de géographie notera l'absurdité du tracé du voyage le plus communément proposé (illustration, A > B > C > D). Je préfère, pour ma part, le trajet le plus court, en Corail (Intercités) qui joint A à D sans passer par la capitale. 

Pour qui s'arme de patience et sait déjouer les propositions idiotes de OUIScnf, il reste l'Intercités, anciennement Corail[1], qui circule la semaine des quatre jeudis. Entre Marseille, Arles, Nîmes, Montpellier, Sète, Béziers, Narbonne, Carcassonne, Toulouse, Montauban, Agen, Marmande et Bordeaux, j'ai le temps de :

* Regarder paître les vaches

* Lire un journal, un roman, l'avenir dans le marc de mon café

* Bayer aux corneilles

* Faire des grimaces à la petite fille qui fixe sur moi ses yeux songeurs 

* Tweeter des âneries

* Taper sur l'épaule des voisins indélicats narrant leur vie plate à la cantonade 

* Observer le spectacle fascinant de mes co-voituriers

Mais le plus clair de mon temps, bercé par le ronron de mes pensées, je me laisse emporter par le sommeil.


---

Au final, quel tracé propose le trajet le plus court ? 

A > B > C > D : entre 6h10 et 7h34

A > D : 5h58 (et sans les complications parisiennes)

[1] Participation à #IWAK (Inktober With A Keyboard), jeu proposé par Kozlika

✍️ Mes billets Inktober 2020 👈


lundi

Au théâtre masqué ohé ohé

Saison 2021-2021 à La Tempête - illustration © Nejib 

Tête en l'air que je suis, j'ai oublié de commettre les billets autour des mots suggérés* pour samedi et dimanche, ça tombe bien car lundi c'est étourdi (et ça rime). Je commets encore un 3-en-1 avec tempête + piège + étourdi. 

C'est en 1999. Je suis parisien depuis une petite année et fort des rencontres faites au Cours Périmony, je m'entiche définitivement de théâtre et crée une compagnie qui me permet de vivre mon rêve. Sans en vivre mais ça c'est une autre histoire. Pendant près de 7 ans, je tire la diable par la queue, je fais mon modeste bonhomme de chemin, je joue, je mets en scène, j'anime quelques ateliers. En compagnie d'amies animées de la même passion. Je fais de magnifiques rencontres, anonymes ou figures emblématiques. Je traîne mes guêtres dans à peu près tous les théâtres que comptent Paris et la petite couronne, je voyage depuis mon fauteuil de spectateur, j'admire ou je déteste, je me nourris. 

Aujourd'hui, je songe à mes amis, de loin en loin, artistes, techniciens, intermittents, précaires, pris au piège* de la crise sanitaire. Ne pas vivre de leur art pendant trois, six mois ou bien plus est dramatique et scandaleux quand on les sait abandonnés par les pouvoirs publics (ou des autorités de tutelle exsangues). Ah ça pour les belles paroles, c'est fort, c'est beau, c'est clinquant (coucou Madame Bachelot). S'agissant des actes, on attend toujours. Alors les théâtres, pour ne citer qu'un maillon de la chaîne de la création, sont sur le pont, s'organisent, chamboulent leur façon de fabriquer et diffuser du spectacle, annulent ou changent les horaires, accueillent les spectateurs entre 16h et 18h et tirent le rideau à l'approche du couvre-feu, à Paris, en Île-de-France et dans 8 métropoles. À la Tempête* à Vincennes, à la Criée à Marseille, ou au Théâtre de la Cité à Toulouse pour ne citer que 3 lieux emblématiques parmi les milliers qui continuent d'offrir bon an mal an matière à réflexion, distraction, résistance, émerveillement.


---

✍️ Mes billets Inktober 2020 👈


vendredi

Mike et Roger sont dans une fusée...


Un client qui se pose à la réception et me donne son avis sur le pourquoi du couvre-feu annoncé en Île-de-France et huit métropoles :

— En fait, tout ça, c'est pour nous vendre les vaccins...

— Je n'entrerai pas dans votre discussion. 

— ... 

Comme il ne trouvait pas l'écho attendu à son analyse de la situation, il est retourné dans sa chambre. 

Réflexion faite, j'aurais plutôt dû lui dire : 

— Le bar-Pmu*, c'est la rue d'à côté. Roger attend votre avis sur la crise sanitaire qui secoue la planète.

Puis j'ai nourri l'espoir qu'il monte à bord d'une fusée[1] aussi brinquebalante que son raisonnement et se crashe sur sa bêtise, à l'instar de Mike qui a récemment défrayé la chronique en essayant de prouver que la Terre était plate. Il en est mort. Paix à son âme conspi.


---

* Ou CNews et son pilier de bar, Pascal Prout  

Illustration : S01 Ep 27 des Shadoks, création de Jacques Rouxel (source : INA). Poésie de l'absurde, imparfait du subjonctif parfois, et la voix inimitable de Claude Piéplu.

[1] Participation à #IWAK (Inktober With A Keyboard), jeu proposé par Kozlika

✍️ Mes billets Inktober 2020 👈


lundi

2 pigeons qui dansent le pas chassé et 1 mouton à vélo



De retour d'une balade à vélo où je m'escrime, en danseuse, contre le mistral, je souffle comme un bœuf dans mon masque en tissu. Je ne suis pas le seul d'ailleurs à lutter pour ne pas tomber. Deux pigeons, sous l'impulsion d'une forte rafale, marchent en pas chassé. Une danse improvisée sur un bout de trottoir marseillais. Le volatile mal aimé m'apparaît soudain poétique. La dame croisée à un pâté d'immeubles plus loin, beaucoup moins. Tandis que je marmonne dans ma barbe un "Pfff, encore une qui n'a pas de masque", la dame me jette à la figure un "on n'est pas des moutons". Je me retiens de lui répondre "Pauvre conne !" Je préfère effacer l'instant désagréable de mon disque dur pour me concentrer sur la route. Puis le chemin menant à l'appartement où je manque glisser* sur un tas de feuilles mortes. "Oh de l'argent ! Beaucoup d'argent !", s'exclame l'enfant qui écrit ce billet aussi léger et inutile que la dame au masque autour du coude et les 10 500 monos[1] tombés du ciel. 

— Han ! mais c'est dégoûtant*, me direz-vous.
— Revenu à l'appart, j'ai imprégné de gel hydroalcoolique un chiffon en microfibre pour ôter de mon téléphone qui a pris la photo du faux argent le faux virus[2] qui enquiquine la dame croisée ce matin. 
— Bon, ça va. 


---

[1] 1 mono (monnaie fictive utilisée dans la plupart des éditions actuelles du Monopoly et dans le Monopoly monde) vaut 1€, 1$ et 1£ (source)

[2] Ironie, hein. On ne sait jamais. Si l'équipe premier degré devait s'aventurer dans les méandres de ce blog, je préfère prévenir. 

✍️ Mes billets Inktober 2020 👈


samedi

Espoir


Mais que signifiait la photo qui illustrait le billet publié hier ? C'est un clin d'œil capillotracté. J'écrivais autour du mot jeter et cinq courgettes attendaient dans l'évier. Dans courgette, il y a cour et il y a gette. Jeter, jette, cour-gette. 

Ok, je sors, comme on dit sur les réseaux sociaux desquels on ne sort jamais d'ailleurs. 

C'est ensuite un jeu entre mon homme et moi-même. Un jeu totalement idiot mais j'aime les blagues potaches et les jeux totalement idiots. Parce que je n'ai pas beaucoup grandi. Le chef de la maison préparait hier un velouté de courgettes à l'aneth. 80% de courgettes 20% de fenouil. Le jus d'un citron, un gros oignon, 4 gousses d'ail, une cuillère de curry, une grosse cuillère d'aneth, sel et poivre (et l'eau de cuisson, un grand verre d'eau). Absolument succulent. Bref. Je m'amuse parfois à subtiliser un fruit d'une recette en cours et le remplace par sa copie en plastique (nous avons une coupe pleine de faux fruits). Et j'attends. Quand j'entends un "Oooooh" bougon et agacé, je sais que ma blague a fonctionné. Il a saisi le citron en plastique, l'a trouvé un peu bizarre, mais bon, peut-être était-il plus sec que d'habitude, m'a-t-il dit. Il l'a posé sur la planche à découper, s'est armé d'un couteau et a commencé à couper. En vain. J'entends le Oooooh ! exaspéré. Parce qu'il s'en veut d'avoir encore marché. Que dis-je, couru, galopé. Voilà donc l'explication bête comme chou de la photo des courgettes et du citron en plastique. 

Quel rapport avec le mot du jour que je suis censé évoquer ? Aucun. Ou si. Un peu. 

La petite Kimberley toujours présente en cuisine quand mon mec prépare, disons, le velouté aux courgettes sus-mentionné. Ou l'apéro, à l'instant, quand il découpe le "meilleur saucisson de France" d'après notre charcutière, rien que ça. Elle attend qu'un morceau tombe du plan de travail. On ne lui donne pas systématiquement. Pas envie qu'elle ressemble à une table basse. Mais parfois oui. Alors ce parfois lui laisse l'espoir* que quelque chose finisse dans son gosier. Bref, on la surnomme Espoir. 


---

✍️ Mes billets Inktober 2020 👈


vendredi

Cinq courgettes bio et un citron en plastique

Aujourd'hui j'improvise "pour de bon" comme ils disent souvent à Marseille. Ils disent "pièce" pour serpillère et "cafoutche" pour débarras. Je me lance* et j'écris un mot après l'autre, au fil de l'eau et des pensées. Vautré Confortablement installé dans le canapé "de jardin" posé sur la terrasse côté calme, exposition sud-est (merci l'application tenant lieu de boussole, ah voilà un outil qui m'a toujours fasciné et accompagné dans mes visites d'appartements ; je constatais un plein nord quand l'agent immobilier vantait une exposition est-ouest, et mon cul c'est du poulet de batterie ?), le soleil jett* ses derniers rayons sur le figuier abritant votre serviteur. Le "serveur tête en l'air", rigole-je ce matin auprès de mes clients quand ma langue fourche et que j'appelle Madame Monsieur ou lorsque je sers un thé au lieu d'un café ou quand je leur fais répéter trois fois leur commande parce que je suis contrarié (un client m'a pourri ma matinée mais je vous épargne le récit du litige). 

Au détour d'une omelette fondante, je papote et vante les mérites de ma ville d'adoption.

— C'est moche un peu quand même, Marseille, s'aventure à me dire une dame (on a sympathisé, je lui ai avoué mes origines ou plutôt mon passif parisien ; on a ri de la petite guéguerre que se livrent les habitants de deux métropoles).

— Ça n'est pas Florence ni Venise, mais il y a des coins très très sympas. 

Je cite le Mucem, les quartiers du Panier, le Cours Julien, la Corniche, Malmousque, le Frioul à une demie-heure en bateau, un plouf, un pique-nique dans une crique avec pour seule compagnie, les gabians, ça en jette*.

— Ici, continue-je, après le boulot, vous savez, je peux aller voir la mer.

— Votre mère habite Marseille ? 

Fichu masque qui nous empêche de nous entendre. Mais ça nous fait rire. 

— Non, pas ma mère. La mer. Méditerranée. Remarquez, y a aussi la Bonne-Mère. La Belle-Mère comme m'ont dit un jour des clients. Vous y avez été ? La vue est spectaculaire. 

— ... (elle se délecte du pain perdu à la fleur d'oranger que je lui ai préparé).

Hélas, nous avons dû écourter la conversation. Parce qu'elle avait à faire. Et j'avais une vingtaine d'autres clients à accueillir. Elle prend congé en me lançant* :

— C'est vous aux petits déjeuners demain matin ? Chouette. Ça va me motiver pour me lever tôt.

Comme c'est gentil. 

Sans transition, vous allez me dire :

— Mais c'est quoi cette illustration de billet de blog ?

— Je vous raconte ça demain. 


---

✍️ Mes billets Inktober 2020 👈


jeudi

En dents de scie



Pour ce mois d'octobre, c'est un billet par jour — ou presque —, sur une idée de Kozlika, meneuse de revue de l'Auberge des Blogueurs. Moi qui ne suis pas prolixe, ça va être coton. J'improvise* aujourd'hui un petit exercice de style autour du mot "dent". 

T'as la dent dure,
Tu me fends le cœur !
J'ai le nez creux,
Les oreilles qui sifflent
Et l'œil qui frise.
Je m'arrache les cheveux o_O

Te fais pas de bile !

T'as les dents longues,
Bon pied bon œil,
Et dent pour dent.
Cœur d'artichaut ?
Le moral en dents de scie,
Ou dans les chaussettes ?

La barbe !

Tu me casses les pieds
Ça m'fait une belle jambe,
J'en ai plein le dos et
Par-dessus la tête.
T'as pas les deux pieds 
dans le même sabot ?

Tu es tout ouïe ?

T'montes pas la rate 
Au court-bouillon,
Serre les dents,
Et tire la langue.
Ouvre grand les yeux,
Et croque la vie
À pleines dents.

Cul sec !

Donne-t'en à cœur joie.
Mon petit doigt m'a dit
C'est aujourd'hui
Et pas demain 
Ni quand les poules 
auront des dents.


---

*Je mens comme un arracheur de dents car je remue mes méninges depuis 24 heures. 

✍️ Mes billets Inktober 2020 👈